Pour envahir le temps


Tandis que les secrets du poète

Sont les ratés d’un monde qui tente

De s’accrocher au rien caressant,

Comme le font vainement les branches des arbres

Ou comme le vieux clocher qui s’étend

Vers l’éternité oubliant

Son néant à venir ou changeant

Et pourtant bien averti par

Les hauts moulins devenus chauves

Et qui relançaient, il fut un temps,

La transparence poussive et essentielle

De l’horizon, qui semble aujourd’hui

Devenu futile, pour la poussière

Des richesses rangées en carrés

Des vastes étendues de soleil,

Pareille à l’ampleur des vastes chances

trop souvent gâchées de nos esprits,

Il ne reste, comme signifie

La buée des hivers sur les vitres,

Que le plaisir bien trop bruyant,

Comme une bonté issue de ses faiblesses,

En guise de bonheur dénué

De sens pour envahir le temps.

A ton funeste tour


Face à la pudeur étendue du devenir

que l’on fait ainsi aveugle pareil au mystère,

accrochée à la sortie des villages,

semblant retenue par les cyprès

comme l’éternité aux minutes tour à tour éphémères,

et par le silence en guise de respect sourd

de l’inavouable qui s’étale couché

sous des pierres gravées de noms déjà inutiles,

le lilas fleuri répand son ombre

sur mon sursis de plus, pour un sursis de moins,

ainsi parfumé d’enfance enterrée

et d’avenir interloqué encore naïvement

par le néant de tous à bannir sans le maudire,

comme pour se garder de l’ire

semblable à un midi d’été brûlant

qui n’a que l’oubli des chagrins du matin

et que la nuit réveillera aussi pour toi,
Malgré moi et sans plus de perles de pourquoi,

dans ta main alors devenue grande
et, à son funeste tour, asséchée.

L’arc-en-ciel


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La rareté est la vérité de l’enfance et son apparition rapide est la réminiscence de sa mort par l’apprentissage de la défiance et l’ignorance en superstition : masques inutiles à la poésie.

Parfois, l’eau divulgue la merveille de la lumière sans la rendre franchissable sauf pour les caresses des coquelicots, pareils aux jupes enfantines inondées d’amours éphémères et de rires turbulents secrets, et sans jamais trahir leurs prairies aux dons des possibilités.

Mais l’oubli s’annonce par le silence éclatant d’un feu d’arc-en-ciel.

Ainsi, à qui refuse le néant assourdissant, il y a des discours qui s’entendent sans jamais avoir été dits.

Spirale de bonheur infernal


Même aux enfants, le secret de la nuit apparaît. Je me souviens de ces vacarmes d’été des villages où, par tickets dépensés, j’oubliais le néant des heures tardives en tournoyant en voitures, en avions et en couleurs de néons. Au départ des caravanes bourrées de lumières rangées, la vie s’en allait me laissant ainsi prophétique tel bout de bois sans sourire.

Plus tard, la prédiction devenue sourde comme morte, forgeait toutefois sa réminiscence dans le tournis des abus et des fesses majestueuses qui trônaient comme sur des colonnes néo – grecques prestigieuses d’inexpériences inavouables, caressées de clameurs, et qui inventaient des heures.

Chacun sait pourtant qu’au final de la rêverie du réel, toujours vide d’applaudissements à l’égal (pour quelques futilités à peine rassurantes) de son abandon de l’essentiel, qu’il ne reste alors aux heures qui crient « Pour toujours ! » aux forts rêveurs, qu’un feu vieilli au fond des merveilles des mystères aux chevelures blanchies, toujours enracinées sur l’impossible vêtu de l’improbable transparence aux vertiges retombés qu’est dès lors le passé.

Hasard du repos


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Entre la plaine aux couleurs vastes et quadrillées et la pudeur verte et élancée des terres et fournie du ciel, en exaltation figée comme sentinelle des secrets des mousses, la surprises m’invite en un salon de hasard du repos.

Tel un temple de riches démunis en paradoxe avec les ronces et les pousses naïves, le siège des princes de rien s’offre. Rose de ces amours jeunes à la gravité d’un remplissage nouveau des temps affalés, abandonné par la ringardise d’un regard fané, ce témoin d’interdits publics se trouve destitué au cœur de la garde dupée de l’imprévu des bambous qui s’élèvent en colonnes serrées comme des barreaux tentant de prévenir de la couleur filante et du répit sans effort. Vainement puisque finissant cassés, secs et soumis en carpette, ils semblent alors surtout témoigner du risque d’une paix colorée d’excès.

Ce poème accompagné de sa photo est un exemple du projet qu’Eric Cubilié et moi – même élaborons. Nous reviendrons vers vous tous pour vous informer de l’avancement de cette nouvelle aventure.

D’ici là bonnes lectures et n’hésitez pas à partager vos ressentis.

Un murmure du savoir


Au crépuscule des bruits, l’espoir de ma vérité

Se dépose lentement sur ma couche encore froide.

Les éclats des débris de vie seront les poèmes

Et, sous les éclats des débris de nuit,

La légende aux yeux clos en est déjà la source.

A l’aube des bruits, quand les rêves liés

A ma réalité se font fantômes,

Reste, essentiel et mystérieux,

Un murmure de la quête honnête du savoir.

Devenir


Avec le crâne chauve perdu sur son chemin prévisible des nuits, éclairé comme nargué par le maître de sa solitude et qui reste le joueur indifférent et silencieux des jardins et des eaux,

Tels les arbres : impasses enracinées dans l’herbe grasse essentielle et s’élevant vainement, figées vers le néant scintillant,

Telles les vagues : flèches mouvantes se noyant, ainsi en devenir impossible et tentant pourtant de crever le ciel avant de finir éclatée comme du verre sur les rocs des regards stoïques bien qu’usés par les gifles de l’invisible,

Avec et telles ces pulsions perpétuelles de vie, on devient parfois Homme en prenant conscience de notre temps restant au travers des tentations passées de notre enfance juste parfois soulagée.