Dualité


C’est à l’aube et au crépuscule que le soleil nous raconte des brides d’un autre temps et entame l’imaginaire d’un ailleurs.

Naissant ou mourant, c’est l’heure du plus bel éclat qui rend aussi futile qu’un au revoir impuissant sur un quai de gare arraché dans la dissonance du départ (criant au passage la suprématie de l’esthétique discutable sur la beauté née de caprices), mes certitudes.

C’est ainsi, en éclats d’effets, que la brutalité s’enrubanne et brise les certitudes pourtant déjà écrasées par des larmes de mensonges que l’on garde secrètes pour qu’elles ne soient pas moquées. Comme oublié par le col tiré à quatre épingles en adversité pour craintifs de l’hiver, le liseré est négligé par la preuve par quatre répandue en exclusif moyen, pourtant dénué de vibrations absolues, et qui dénoue ce nœud de l’essentiel.

C’est le temps d’un duel inéquitable entre l’expression des sens et le sens de mon 29 janvier qui s’étale trois cent soixante cinq jours durant avant d’être célébré chaque année comme pour masquer la finalité nécessaire pour tous et inutile à chacun. Ne restent que les trames de l’enfant qui survivent et se répandent en poésie.

Les casquettes des grands – pères


Sous les croisillons serrés, qui s’appuient sur les regards fixés par les visières et qui couvrent de l’excès silencieux quotidien de juillet et de la monotonie coulante de janvier la courbe des secrets entremêlés aux croyances assurées , qui ont vu s’effacer de près les fumées bleues et ainsi menteuses sur le souffle de la mort des tiges de papiers, de salives et de champs séchés s’envolant vainement vers les nuages étrangers, gardiens d’un dieu qui ne semble pas rêver et se suffit de la duperie aujourd’hui découverte des cieux obscurs et enveloppant clairement les vallées de nécessaire, est caché la pousse en désordre d’une vie qu’un semblant de fatigue d’un tout ne menant à rien découvre furtivement pour que soit frotté vers hier par la main flétrie qui trahit le non-dit une conscience inutile pour le fondamental auquel chacun s’agrippe comme se fixent en combinaison impeccable les casquettes des grands-pères.

L’intervalle de la traversée


C’est durant la traversée furtive, quotidienne et devenue aveugle du village ancestral (aujourd’hui simple voisin) autrefois partagé comme les étoiles, qu’une fenêtre, criant « A VENDRE », semble trahir la simplicité et la loyauté qui, il y a aussi peu qu’un début d’infini, étaient incarnées par la rivière chantante et roulée des mots des grands-pères éternels dans la nonchalance de la poussière écrasante de l’été ou dans l’odeur non retenue des fumées frigorifiées de l’hiver embué et inconnu des voyageurs chercheurs des caresses de la lumière  personnifiée par chacun et aux pluies réelles et imaginaires moquées de tous.

Ailleurs et autrement, entamant ton oubli et celui des tiens à venir qui finiront bien par ne plus être les miens, il m’appartient d’incarner un avenir déjà trop présent qui laisse s’échapper les senteurs des rues, jadis faites de granges entr’ouvertes aux secrets des sucres patients et fruités des tartines et aux trésors des barriques pleines des richesses des grappes des terres pauvres, au profit des rayons métalliques, froids, blafards, confondant le bruit et les chants et garnis de copies de savoir-faire vide de savoir-vivre et fruits d’un intervalle rompu qui s’est bien maladroitement approprié son choix suffisant en l’imposant à tous.

Sa jeune espérance


Il jouait si bien, n’était – ce que de la faim ?

Il lui promettait, la main droite sur le cœur,

Une pluie de pétales de reine et lui offrait

En guise de bonne augure à l’attente,

Quelques trop rares éclats de cytises.

 

Elle pleure ses caresses qui l’emportaient

Dans la paresse en suffisance de la patience,

Dans une vague qui la laissait timorée

Comme droguées par ces charmes qu’il ne cessait de dérober

Se gardant bien des aiguillons de son trésor annoncé.

 

Plongée dans l’ivresse de la fougue

Après quelques tirades d’étés,

Noyée dans les sens parfumés illicites,

Elle allait bientôt suffoquer de douleurs.

 

Sa si jeune certitude a ainsi coulé

Son espérance sitôt usée

En pluie menteuse des couronnes des épines.

L’éternuement


Le calme et le silence des vues croisées sont promptement rompus par la farce de la brise et de ses fines comparses dansantes que l’on ne sait que par le temps et lorsqu’elles sont emmurées, et réveille les fatigués que l’éternuement n’effraie plus. Ils ne baissent le regard que pour le plonger alors dans la terre à venir.

Philosophes de la lanterne bientôt essoufflée, ils gardent sous leurs casquettes à petits carreaux leurs secrets des étoiles qu’ils désertent depuis qu’ils s’assoient quotidiennement sur l’éternité ensoleillée à l’ombre des épines qui semblent attendre leur chute sur le tapis des souffles ridés.

Et c’est ainsi qu’apparaît pour tous, le temps d’un spasme se heurtant à la patience de l’espace, le lointain maintenant sans plus d’échos.

Terre des mers


A tes vagues, depuis longtemps, j’ai préféré celles à la fierté figée et coiffées de pinèdes serrées et piquantes, caressées par la fraîcheur des plus hautes encore aux mousses humides cachées sous les géants patients balançant calmement leurs implorations pour le retour de leur printemps vert tandis que plus haut toujours, avec une nonchalance intangible, les aiguilles immuables, singeant en hiver les roches impénétrables des neiges éternelles, ignorent tes rares caresses lointaines dont les plus marquantes, à mes souvenirs, sont celles données sous la couverture orange et brune de l’au revoir scintillant dans le mystère renaissant quotidiennement  qui n’a rien à envier à tes secrets trop bien gardés désespérant ainsi l’horizon que j’ai déserté pour rejoindre l’inaccessible à tes tempêtes des vents anciens.

Mais la terre surgit toujours des mers…

Petit flocon


Prostré derrière la lucarne embuée, la solitude se donne en spectacle. Elle s’écroule disjointe digne de sa subtilité avant d’être ce tapis albe et froid formant le secret du jardin.

 

Mon ardeur silencieuse s’échappe de son respect de tes choix d’horizons éclatants et je t’incarne en un flocon furtif qui s’appuie sur l’invisible des adieux, sur l’absence étouffante déjà bien avancée des chants de printemps trop tardifs.

 

Ma nécessité m’obligera à quitter les souvenirs de poussières du maigre confort de la saison vainement manipulée. Ainsi, si l’amour est un fruit de la vie, pour nous, je ne suis d’aucun secours.