Vivre


Au matin, sur les quais de Paris,

Mon ombre suit le courant de la Seine

Scintillant comme milliers de furtifs soleils

Du reflet d’une seule lumière.

 

Je les suis pour aller à l’embouchure des temps :

Le terme se jette toujours dans l’origine.

 

Mais le passé s’arrange avec le présent.

Je laisse alors flotter l’avenir

Au profit de l’espoir des étoiles que j’attends.

Devenir en espoir


La rame clame son départ.

 

Dans le ventre de fer et d’acier qui traverse la ville, la lumière reste étrangère. Quelques virgules blafardes passent comme étoiles filantes tandis que nous filons vers nos nuits.

 

Le silence n’est que de paroles.

 

Le regard constamment étonné par les éclairs sur les visages ternes, esquisse un sourire sur cette toute petite fille portée sur ce qui fut son ventre semblable en son temps au notre de l’instant.

 

Dans son dos un jeune homme cherche quelques étoiles dans les pages de son roman que la brise lancée de ses yeux fait tourner par moment quasi aussi régulier que son souffle.

 

En face, un autre jeune homme enfonce son regard dans sa certitude qui s’est habillée, comme accomplie, d’un costume noir et d’une chemise blanche d’où pend une cravate rose pale en souvenir lointain et silencieux de couleurs.

 

Le silence n’est que de paroles.

 

Dans le ventre de fer et d’acier, la sagesse bien apprise rend aveugle aux virgules qui passent comme étoiles filantes et tandis que nous filons vers nos nuits, la petite fille va encore vers ses rêves.

 

La rame annonce le terminus.

Souffle d’une prière


 

Dans l’esprit des artistes de l’époque (Jean – Claude Vannier et Serge Gainsbourg) et au travers des photos de J2MC :

de Margot Roisin :

https://regardsdicietdailleurs.wordpress.com

et de moi – même, découvrez le poème Souffle d’une prière dans le format vidéo en cliquant sur le lien ci – dessous. Poème propre à ma vie qui n’a pas vocation à retirer quoi que ce soit à l’oeuvre complète originale, comme chacun qui se confronte à une oeuvre, si elle marque, elle parle de lui.  Rien de plus sinon que ce poème. Si le coeur m’en dit (et il m’en dira) je vous donnerai le texte mais pour le moment dans ce format vidéo atypique, découvrez ma perception de cette oeuvre unie au vécu.

Puis, lorsque vous aurez vu cette vidéo, sur le même thème,  découvrez le poème de Margot Roisin :

http://wp.me/p4c7zc-a0

De la lumière


Epoque qui ne sourit qu’à la facilité de vérités.

Comme s’il suffisait de dire qu’il fait beau, juste parce que quelques voyageurs vaporeux ne peuvent couvrir le soleil que tu ne reconnais seulement comme le tien que par ta traduction de son éclat, tandis que tu ne peux le voir comme pouvant être aussi le mien. Et que fais – tu du langage des nuages ?
Peu importe où que tu sois, peu importe ton heure, ton pays, de là ou de là – bas, si tu ouvres les yeux, tu comprendras pourquoi il t’aveugle sans jamais brûler ton iris.

 

Il n’en est qu’un pour chaque regard.

 

En notre époque, sur nos plastiques lumineux, chacun balance sa lumière comme universelle ne se doutant pas de l’ombre qu’elle fait sur chacun.

 

Soit fier de ce que tu fais mais reste humble de ce que tu es.
Tais – toi !

Instant du monde


La pluie gifle l’herbe qui montre, avant de s’endormir dans l’unité de la nuit, l’heure furtive sur les heures éternelles.

 

L’eau épanche la soif comme une caresse qui s’enfuit.

 

Au travers de notre lucarne, nous voyons notre paradis se nourrir des promesses pour demain.

 

Entre hier et aujourd’hui, avec un goût d’éternité de souvenir et de devenir, nous continuerons de vivre.

 

Au diable les railleries des actes manqués ou des mensonges de chacun.

 

Leurs bruits ne couvrent celui de la pluie qui tombe en gouttes comme elle tomberait en étoiles.

 

Cet instant hors du monde s’inscrit dans son espérance.

Fin d’ardeur


La saison s’étouffe en solitude.

La fatigue paralyse le jour

Et chacun fuit sa mort derrière ses murs.

 

Le vent cherche encore à dénicher quelques trésors.

Il souffle sur les poussières des jardins

Avant de s’affoler dans les rues désertées.

 

Le silence est langage des souvenirs de la fougue passée.

Le présent s’effondre du ciel

Avant de pleurer l’avenir dans les rigoles.

 

Les lumières opulentes sur le sort des jours

Ne parlent de rien et rassurent en tromperies

Qu’éclaire l’espoir vain de la vie sur les paupières des jours.

Etoiles 1


Le marin a jeté sur les cieux mystérieux son espoir.

Puis, il a dessiné son besoin avec les étoiles.

 

Il a vécu la découverte étrangère à son envie.

Puis, il a raconté ses voyages réduisant tous les espoirs.

 

Aujourd’hui les étoiles bavardent en un langage abandonné.

Elles brillent sur notre savoir comme l’espoir d’une fin de vie.

L’universel


Photographie : Voyage, Boris Sentenac tous droits réservés.

Photographie : Voyage, Boris Sentenac tous droits réservés.

 

Je me souviens de ce trait de poussière qui soulignait le ciel, ce drap des jours et couverture des étoiles qui s’y glissaient comme pour fuir la brûlure.

 

En guise de mots, quelques bateaux sillonnaient la ponctuation des vagues. Et toujours au bout de la phrase le ressac n’osait jamais finir qu’en suspension.

 

Ici, au-dessus des ratures qui marquent le ciel, comme autant de mes souhaits et de mes quelques voyages, il reste les nuages et les étoiles en leurs heures, il reste l’universel pour parler de toutes les plages.

Riches de différences


Les vagues des mers

Sont paroles d’égalité

Désespoir des terres.

 

Nul voyage en mer

N’est oubli pour un espoir

Trop d’étoiles au ciel.

 

De mer en rivière

De solitude en amour

Les souvenirs naissent.

 

Avant le retour

Face aux vagues des mers

Paroles de nuances.

 

Des îles de montagnes

Sur paroles d’égalité

Tu rêves tes prairies.

 

Le diktat des flots

En mensonge de reflets d’or

L’horizon se tait.

 

Sauf s’il te réduit

Telles les vagues identiques

Tu aimes les écarts

 

Louable qu’aux lois

L’égalité est néant

Dire l’indifférence

 

Comme chacune des joies

Aucune larme n’est commune

Richesse de la vie.

Poésie 4


Du haut de son balcon, au bout de sa tige blanche de robe de chambre, de son regard aussi noir que sa chevelure qui semble s’être emparée, dans le vent de ses rêves, de l’ombre passée, et tandis que le matin n’offre qu’une lumière solitaire, mémère scrute le va et vient des palettes de fruits et de légumes.

 

Dans la rue, en attendant de rentrer, les poubelles bavardent sur les couleurs venues d’autres soleils avec celles de lunes oubliées qu’on leur a déchargé, et les parfums s’étonnent et s’enfuient en découvrant leur mort à venir et tenace en l’instant qui s’enfuit des tombeaux.

 

Farandoles de camions se garant au bord des ruisseaux des rigoles, la rue des abbesses s’éveille dans son éternité quotidienne au goût de mon éphémère café qui noie mes songes pour éveiller ma pensée.

 

Demain un autre entendra ces mêmes mots qui ne se disent pas et il entendra le sens qu’il voudra. Rien ne changera l’éternité quotidienne.

Poésie 3


Je m’évertue à te dire ce que tu as déjà vu

 

Je deviens une réminiscence incertaine,

J’éveille les mots qui étaient enfants

Ceux qui associaient les vérités pour faire sens

Et qui éclairaient le réel de ton regard bavard..

 

La lumière, les étoiles, le fond des mers,

Autant de mondes sur tous les instants du monde

Qui restent des rêves sans se dissocier du réel qui fait sens

Et qui ne peut faire taire ton regard bavard.

 

Tu sais l’étendue des mots,

Mais ta seule clé est celle de la peur

Et sa serrure est le silence

En guise d’oubli de ton regard bavard.

 

Evertue-toi à te dire tout ce que tu vois.

Poésie 2


Iris gris

Pupille bleue

Larmes sur la ville

Comme autant d’armes tombées de leur cible

Et tandis que tu t’accroches sur chacun de mes mots,

Tu ne vois rien de mon regard qui glisse sur l’instant verni comme les toits de Paris.

Poésie 1


Le ciel a fermé sa paupière de nuages.

Son rêve éclaire sans ombre le matin qui sait le jour.

Le songe patiente comme un enfant soumis au temps

Et qui s’occupe en un ennui d’oubli.

 

Sonne midi.

 

Avec l’alphabet des étoiles promises

La poésie s’écrit sur la page des premières heures,

Se déclame du zénith au crépuscule et,

Au levé des tous les points scintillants

Qui ont fait nos phrases avant de les terminer,

Elle s’étale en silence de solitaire

Sur les ultimes espoirs mourants du vécu.

Comme temps perdu


Chardon, photographie : Boris Sentenac tous droits réservés

Chardon, photographie : Boris Sentenac tous droits réservés

 

Quelle est donc ta vertu

Que tu gardes en ton cœur

Toujours insondable ?

 

Par ta couleur tu as

L’habit de l’instant mauve,

Crépuscule de l’adieu

 

Que suit celui grinçant,

S’ouvrant une ultime fois,

Sur l’éternel oubli.

 

Et tu te pares d’argent

Et t’étires tels rayons

Ne pouvant faire astre

 

L’énigme insondable

Entre ton grand secret

Et ta sauvagerie

 

A la caresse qu’ainsi

Heureux de ton malheur

Tu ne recevras pas.

 

Tu es l’invasion sèche

Du jardin en son rêve,

Du clos de quiétude

 

Avec tous ses sourires

Attrapés en plein vol

Par les quelques abeilles

 

Qui, chantant le silence,

Les relâchent à la belle.

Tu es gourmand d’éclat

 

Comme si son origine

De l’infini des nuits

Pouvait être ton or

 

Et tu oublies qu’il brûle

Sans ravir l’univers.

Tandis que toi chardon

 

Sec, tu finis vêtu

De mort et d’orfèvre

Mais en rien infini.

 

Quelle était ta vertu

Bien gardée en ton cœur

Pareil au temps perdu ?