Vers l’abandon


L’ascencion du regard, par la subtile arrogance aussi douce que le parfum de la rose en bascule de paupières sur l’avenir, jusqu’à l’oubli de l’expression de ses pétales, après quelques maladresses épineuses et par l’effroi à la douleur, nous amène à l’éveil flétri de l’abandon de la beauté.

Déchirure

Déchirure


Déchirure

Photographie : Déchirure, Boris Sentenac. Tous droits réservés.

Tandis que la nuit a déchiré le ciel d’hier sans qu’aucun tison d’étoile ne soit tombé sur les rêves,

Au matin, le soleil inspecte le raccommodage du nuage d’un voyageur en transit fondu en un mystère vers son éclat.

D’un bord à l’autre, de là-bas vers ailleurs, ici à l’heure répétant les souvenirs aux espoirs, au réveil en savoir encore doux et déjà en naissance d’ardeur certaine,

Sur les toitures encore endormies, comme apaisées par les tiges en joue vers l’invisible et pourtant épuisées chaque soir par leur lutte écrasante contre la saison, l’astre ponctue de sa majuscule le contrat quotidien signé de fil blanc.

Plus haut, portés par le vent et indifférents à leurs cieux, comme nous sommes portés par le monde indifférent à nos yeux, quelques mots dérisoires se chargent de lumière éclaboussant leurs larmes en devenir.

L’instant se lit pour faire sens comme on ne devine que l’essentiel silence, que l’on fuit sur les mots futiles que l’on ordonne envahissant, et que l’on sait pourtant.

Temps sphérique


Au jour seulement, n’ayant que faire des poussières d’étoiles, quelques moutons broutent la montagne comme pour s’envoler en nuages.

D’une illusion de lumière pour une autre, comme pour se souvenir de l’avenir, l’esprit cristalise en temps sphérique.

Trait d’ombre

Trait d’ombre


Dessin d’Anne Saddavong, droits réservés

L’humeur charbonnée gratte le grain du papier plus blanc que l’éclat du jour tandis que la brise caresse le visage éclairé, plus statique encore que la lumière qui joue avec l’ombre.

Tout se dit dans le silence du geste qui fige l’instant en se faisant horloge. Le trait ponctue en virgule loin de tout sens faisant marche forcée de la phrase du jour.

le silence est un trait sur la nuance d’un poème.

Mots de silence


Les mouches jouent la musique de l’été. Une note qu’elle vole à l’air à chaque variation revenant toujours à la même note, elles offrent leur empressement sur l’heure qui s’étire sur sa chaleur.

 

La source rigole sans cesse dans le vieux tronc scié puis creusé qui n’a plus de parole. Il reçoit et rend la limpide passagère sans autre raison que celle de son éternité gravée en striures comme légende de vie oubliée.

 

La prairie s’offre au ciel tandis qu’elle offre ses espaces aux troupeaux qui tintent l’instant. Les sauterelles sautent en dehors de leur invisibilité lorsque s’éveillent quelques de mes pas craquant le soleil étalé.

 

La montagne, retient sa vague comme le chant de ce souvenir en devenir destiné à s’enfuir figé comme les rocs qui ont manqué leur chute et réussi leur regard endormi sur le monde. Mes mots de silences observent l’instant.

L’éventail et la bougie


Dans la nonchalance de l’été, l’éventail a dansé le flamenco. Sa dentelle évoquait le mystère d’un sourire que la bougie de l’hiver, en quelques réminiscences dansantes, veille.

Le souvenir fond et se fige sur son réel. Puis, de l’ardeur de la saison ne reste que l’épuisement d’un passé devenu prière.

L’éventail fermé ne peut pas même chasser la poussière qui le couvre du regard froid de l’hiver.
La solitude a soufflé sur toutes les lumières sans insuffler quelques ondulations aux voiles de discrétion figés face au monde vitré.
Les étoiles baissent leurs regards sur les bruits devenus habillages de songes.
Répétées, les saisons ne parlent que des prochaines tel mensonge d’elles – même pour ultime bonheur jusqu’à la dernière.