Orgueil d’absence


Tandis qu’au loin la mer te dit par son ressac que toutes les vagues se ressemblent même si chacune est unique en s’étalant comme la belle sur ta plage, traduire les draps froissés à l’heure de réveiller les façades est bavardage d’instant sur l’horizon.

Peu importe les perspectives, peu importe que tu regardes à cette heure les promesses lumineuses du soleil levant ou l’ouest de lune qui attend son heure, il est toujours un langage.

Mais à négliger le zénith sans jamais perdre ton nord, tu n’offres aucun silence d’or sinon que celui égoïste en plaisir sans bonheur et orgueilleux de rien par ton absence. Et le pardon ne peut qu’être muet.

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« Fainéants »


Le ver de fer tente, en fermant ses portes, de reprendre son souffle en prenant ceux des missionnaires de chaque matin pour chaque semaine en les entassant.

Leurs silences dit leur identité. Ils sont tous à n’être plus qu’un avant qu’à la hâte à la halte ils happent le temps.

Ils abandonnent la caverne, le fer et leurs souffles sitôt à la lumière, bouches ouvertes comme cheminées renversées ne fumant alors que poussière.

Ils inspirent alors leur brave fatigue jamais tout à fait blanche ou tout à fait noire, jamais demandée grise.

La nuance pour la force est protocole de prétexte et en voilà quelques-uns qui ne rentreront que sans raisons de repartir demain. D’autres savaient déjà que même le temps n’a rien d’éternel sinon que dans l’abandon.

Au soir, inquiets et fatigués ils sauront le pire pour eux par mots paresseux de langage et portés par voix lointaine et haineuse de tous les mondes, après avoir hurlé son projet vide comme l’air semblant subjugué après une tempête, qu’ils sont fainéants.

Ou alors je ne sais pas, sauf pour quelques rares, peut – on penser qu’ils soient oisifs par leurs appréhensions et leur épuisement qui gâchent toujours et encore leur sommeil approuvé par leur rides trop jeunes qui ne savent pas l’heure ? …

A propos de Barbara (l’exposition) 


Très bonne exposition. On se promène entre photos, manuscrits et vidéos au travers de sa vie, de l’errance pour la fuite des huissiers durant son enfance, et de l’errance pour fuir la guerre et jusqu’à l’éclatement familial, à sa vie de nomade en tant qu’artiste. On entre dans sa vie sans violer l’intime. On évolue dans l’exposition en suivant l’évolution de sa carrière par de petites salles et des couloirs puis on arrive à la consécration dans une grande salle avec une scène sur laquelle il y a son piano, son tabouret et une vidéo de son concert à Pantin. L’émotion se libère dans l’espace alors offert. On s’installe avec le public de la vidéo et on chante « dis quand reviendras -tu ? ». Quelques larmes pudiques perlent sur certaines joues. Dans la même salle on pénètre dans l’univers de Precy. Encore quelques salles qui gravitent. Des vidéos avec Brel pour Franz partagées avec des séquences avec Nougaro et Hallyday. L’histoire de l’aigle noir, les concerts dans les prisons pour femmes, les toutes dernières années avec la fin des concerts pour cause de voix usée et enfin la une de Libération datée du 26 novembre 1997. L’exposition est variée et fournie, respectueuse de l’artiste mais aussi du visiteur dans la forme et la distribution des pièces et l’alternance des supports qui sollicitent sans éclabousser Barbara et sans étouffer le visiteur. A faire absolument et gratuite pour les personnes ayant pour 1er prénom Barbara.

A la philarmonie de Paris jusqu’au 28 janvier 2018

https://philharmoniedeparis.fr/fr/exposition-barbara

Révolution


Ce matin, le ciel a la couleur du journal

Survolé des certitudes de chacun.

 

Ce soir, la terre aura la couleur de la nuit

Enveloppante des rêves de tous.

 

Entre deux, l’essentiel : nos yeux verront,

Transparente, notre mémoire de l’un envers l’autre

 

Puis, comme planètes, ils révolutionneront,

Réunis à nouveau, le silence furtif.

D’Orion à Antarès


La main du phare brasse la nuit sans disperser
Tous les espoirs brillants des cieux, et indique
Sa terre sans parler de ses nombreux amours,
Et au rythme toujours constant du ressac,
En consonnes d’étoiles, lumières sur couleurs
De la fumée de nos voyelles qui s’élèvent
Vers le grand voyage d’Orion à Antarès,
Le nôtre se déclame en toutes saisons,
Peu importe le monde que nous vivons.

Lumière de l’index


A Xavier Bordes,

 

Scintillantes comme éclat de soleil sur les vagues, les étoiles voyagent sur les flots de chaque nuit. Sur cet océan des heures tardives, navigue la donneuse des pâleurs. La lune témoigne de la lumière de demain mais elle indique en sa transparence projetée que chaque nuit, passant sur tes deux spacieuses secondes de tes jours, t’amène à la mémoire du dernier.

A l’heure de la sortie du port, ne sachant quelle étoile suivre, de son doigt tendu, de sa peau de souvenirs, ton phare t’a indiqué la courbe invisible de l’horizon, le piège des reflets, le mariage secret du temps et de l’espace et ta mémoire en fait toujours l’écho. Un secret n’existe que parce qu’on le sait. On ne le sait que si on le comprend. Il y a trente ans, se hissaient les voiles pour le voyage vers l’invisible.

Aujourd’hui, entre courage et fatigue, comme vagues qui poussent après avoir retenu, les heures te montrent toutes les directions sauf celle de ta boussole. Et tu voyages vers tes lumières en souvenir de l’index qui s’élançait sur la nuit de l’ignorance. Opaque autant que transparente elle sera quand tu la sauras, celle qui se moque du temps pour ne donner qu’un lieu d’oubli sur ta mémoire. En attendant de l’accoster, tu ne cesses de raconter ta lumière sur la lumière que, mieux qu’aiguilles sur les heures, l’index du poète t’a montré.