Mots de pouvoir


Les mots pleuvent comme orage

Pour que se taisent de force

Colombes, pies, corbeaux

Et éviter la peur

De tous chants inconnus.

 

Les mots, sur les cultures,

Noient de silence dicté

Les tiges encore secrètes.

Elles meurent de noires promesses

De soleils éclatants.

 

Les mots pour le pouvoir

Sont les mots des faiblesses,

Le bruit des mal-aimés

Imposés en raison

Et sourde déraison.

 

Les mots gravés, blessés,

Louange de leurs remparts,

Et depuis trop longtemps,

Exprimant leur prison

Ne parlent que malheureux.

 

Les mots, en cache misère

De leurs trop nombreuses failles,

Néanmoins en poussière,

Blessants de leurs blessures,

S’effritent en chaque oreille.

 

Ces mots réduits aux maux

Ne savant rien des mots

Sont poison de bavards

Sans question pour réponses

Qui dictent le bonheur.

 

Assassin des nuances

Comme pour prendre pouvoir

Que tu ne veux subir

Comme orage sur champs

Tu t’assassines toi-même.

 

Il n’est pas toute une vie

Un seul sens, une seule voie.

Tous tes mots préférés

Ne sont que de ta voix

Et jamais absolu.

 

Pour aller au plus loin,

Les marins ont quitté

Les rivages connus

Pour ainsi découvrir

Les voix de tous les mots.

 

Tous forment la pensée

Et sont moyens des sens

Qui, même s’ils sont abstraits,

Expriment tout le spectre

De ce qu’on ne voit pas.

 

Tous les langages s’apprennent,

L’ignorance n’est pas grave.

Ne pas apprendre l’est.

Pour aimer apprendre,

Il faut savoir s’aimer.

 

Dans l’espoir silencieux,

Et en cohérence,

Ne donne aucun des mots

Que tu n’accepterais

( « Jamais ! » ) de recevoir.

Emotion live 2


 

Je sais… Je l’ai déjà partagé avec vous. Sans vouloir faire la moindre critique à mon post précédent concernant la très bonne émission de FIP concernant les lives des Pink Floyd, je voudrais, si vous le voulez bien, simplement la compléter avec la vidéo suivante. A mes yeux, c’est l’œuvre la plus aboutie de ce groupe magnifique. Elle l’est tant par la musique que par le texte. De la poésie. Et puis dans cette vidéo, même s’il ne s’agit plus des Pink Floyd mais de David Gilmour et du très regretté Richard Wright tous deux membres des Pink Floyd, il n’empêche… Echoes date de 1971. Ce concert date si je ne m’abuse de 2008. Bref qui que quoi dont ou, je m’en fous. Pour compléter l’émission de FIP retrouvez à nouveau Echoes, morceau qui, s’il n’est pas à la source de ma vie de poète, reste néanmoins et depuis plus de 25 ans une source intarissable de poèmes parce que source d’émotions. Les émotions sont relief à la vie au point qu’elles se confondent à elle. Vivre dans le déni de ses émotions est crime que l’on se fait. Que peut – on donner aux autres si ce que l’on se donne n’est autre que déni ? C’est-à-dire refus de vie, refus de parole, refus de considération ? Ceux qui se cachent de leurs émotions son ceux qui ne sont pas en phase, sont ceux qui ne sont pas honnête avec ce qu’ils sont et avec ceux avec qui ils sont. L’émotion n’est pas une simple rêverie. Elle est réalité parce qu’elle se vit !

Bref cliquez et écoutez…

Emotions live


Des raretés, des redécouvertes, des émotions à chaque fois neuves, pleines et entières. Merci FIP. Cliquez sur le lien pour accéder à cette émotion.

http://www.fipradio.fr/emissions/live-fip/2017/live-fip-pink-floyd-the-early-years-1965-1972-02-23-2017-20-00

L’écho de ta vie


Au cœur de la cité,

Comme si l’hiver était l’été,

Le rire excessif d’une jeune fille

S’envole avec son âge en souvenir.

 

S’inscrivant dans l’expression

De la fondation  d’un nouveau monde,

Il part dans le silence pour s’unir 

Avec toutes les jeunesses même passées. 

 

Il est comme certitude de mimosa

Qui parle en avance

Du devenir de la belle saison

Avant que ne s’endorment ses couleurs et ses parfums.

 

Deviendra -t- il comme la fumée ?

Grise pour n’être que vieille couleur passée,

Piquante comme poison pour larmes,

Et d’emblée trop légère pour être retenue.

 

N’oublie pas ton rire jeune fille,

Et sans l’envoyer dans la transparence

De convenances soumises plutôt qu’à soumettre,

Fais en l’écho assagi de tous les mots de ta vie !

Pigeon


Arrive le roi des pigeons,

Solitaire et bancal,

Avec pour couronne

Un galurin aussi usé

Que sa seule penderie

Que sont ses épaules.

 

A défaut d’avoir

Le nécessaire des citadins,

Dans son cabas,

Il apporte le pain

Qui engraisse les volatiles

Et son bonheur.

 

Gare aux mouflets

Qui se feraient tempête de peur en vagues emplumées !

Le maraud hurle sur le monde

Qui rit d’injures

Sur toutes les naïvetés.

 

Souriant à ses amis

Qui offrent une harmonieuse roucoulade

Il les invite à faire ripaille

Avec les mots doux

Qu’on ne lui dit plus

Mais qu’il connaît pourtant.

 

Mais, sitôt le pain dévoré,

Les pigeons se montrent pareils aux hommes :

Insensiblement, la place s’élargit

Et laisse seul avec sa misère, le monarque

Qui préfère certainement ne pas penser

A l’abandon éternel qui a fait de lui un brave pigeon.

Lumière


Comme assourdissante,

La rivière de lumière

Finit tous les jours en écho.

 

Elle défile comme tous les mots d’un livre

Et son récit des saisons

Finit toujours en souvenir.

 

Pourtant, elle se donne en racontant

L’éternité au temps qui, en sommeil,

Ne peut que sembler la souffler.

 

Ainsi, elle offre les couleurs,

Constante ici ou ailleurs,

Sans discuter de tous leurs sens.

 

A l’admirer avec nos bavardages

Bruyants ou savants pour seules lumières,

Ne pouvons nous être autrement qu’aveuglés ?

Neige de soleils


Neige de soleils, comme autant de secrets en vérités, la fraîcheur de l’ombre ne souffle pas les milliards de flocons tombant de l’invisible.

 

Quant à l’évidence passagère du jour, elle efface les étoiles sans jamais les faire fondre.

Promenade


Sous les bois, une branche de galaxie de cailloux cherche, et même si elle est injuriée par quelques corbeaux, sa pleine lumière.

A son tour, sorti de sous les filtres verts de l’éclat, le chemin tranche les couleurs des champs jusqu’à l’asphalte muet et dur comme la nuit. Le vent lui-même, lâche complice des corbeaux, semble regarder de part et d’autre avant de traverser la ligne figée.

Le chemin repart par astuce obscure comme une rivière qui s’écoule en secret sous la nuit elle aussi de passage, et renvoie plus loin, à nouveau en l’univers des violettes, sa promenade pareille à la vie tranchant d’éclats sur l’ombre, sa branche de galaxie de cailloux comme un vestige que son cœur chante comme une comptine de son sommeil et dans un souffle tel ressac de toutes les origines comme allant d’un secret à un mystère.

les lacets des mots


Astre des ombres,

Nuit de pluie d’étoiles,

Les mots se livrent

 

En lacet de maux

Se nouant comme neige

Qui lie ciel et terre.

 

L’encre des lettres,

Sans chemin de page,

Fait trace de nos pas.

 

Flocons oubliés

Sitôt lu le point

Des mots retournés,

 

Dénis et non – dits,

Tous les paradoxes

Comme entité font

 

Billets sans valeur

Des plus riches promesses

Que ne sont récits

 

Tels griffes sur congère

Soufflée par un vent

Et noyée du jour.

 

D’un bout à l’autre

Comme tour de nuage

Les mots sont ruban.

 

Ils s’étirent alors

De bout en bout et

Ne finissent toujours

 

Que nu de parure

Sur la vérité

Qui dénoue les maux.

Sens du monde


Sans sens

Parler du rêve pour que vive le cauchemar et faire des douceurs du songe, le besoin issu de l’envie.

Sens du sens

La peur est la monnaie du silence sur l’anéantissement de la volonté du don.

La monnaie du manque est la peur des richesses des aventures.

Le manque est la monnaie de l’expression.

L’expression est gratuite en tous sens.

Sang du sens

Dicter le cauchemar pour que vive la peur et faire des aigreurs du songe, l’envie issue du besoin.

Couche



Le regard fixe de la pensée tire son rideau et, paupières fermées, fait son lit du sourire offert à l’instant.

Demain, c’est en la lumière qui fait silence de sa chaleur, se déclinant alors en son éclatante splendeur, que tu secoueras la poussière de nos rêves pour qu’elle brille en étoiles au soir revenu.

Les couvertures, en vagues de couleurs, inspireront la fraîcheur du jour avant de s’endormir, en patience comme virgule anachronique aux nôtres, pour nous offrir nos caresses comme venues du vent du matin etalé ici et étalant l’instant, mieux que les songes du monde.