Réveil


La poussière de bruits de rues voisines s’envole jusqu’à mon regard.
Les hirondelles déchirent et recollent le ciel.
Furtivement, avec la discrétion de l’éternité,
Le temps ne franchit plus ma fenêtre :
Il s’imprime en blanc vaporeux sur le rêve ensoleillé,
Tandis que les ombres font l’alphabet de l’instant.

A mesure que les secondes étirent leur drap de sommeil,
La curiosité s’éveille lentement,
Soufflant comme la caresse d’une brise légère
Les restes du vacarme des paupières sourdes de la nuit.
Il s’efface en oubli vaporeux sur le monde illuminé
Tandis que les mots feront les ombres de la journée.

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L’ombre à l’or


Ombre à l'or, photo de Boris Sentenac (droits réservés)

Ombre à l’or, photo de Boris Sentenac (droits réservés)

 

L’or froid automnal
S’est déposé en drap
Sur

L’ombre chaude estivale,
Ronde comme on a cru
Le monde.

.

Sur la même photo, découvrez le poème de Margot Roisin : Douce illusion

Alternance salvatrice


Au bout de la branche de nuage, la feuille de lumière s’effondre chaque jour. Puis la lumière se fait plurielle et givre.

 

Comme la poésie, elle tente de signifier en chacun plutôt que de signifier à chacun.

 

L’alternance n’est qu’en regard d’insomniaque, par peur de ne plus voir que la lumière ou l’éclat scintillant des nuits qui signifierait la cécité sur soi traversant le monde ensommeillé de tout notre temps.

Instant du monde


La pluie gifle l’herbe qui montre, avant de s’endormir dans l’unité de la nuit, l’heure furtive sur les heures éternelles.

 

L’eau épanche la soif comme une caresse qui s’enfuit.

 

Au travers de notre lucarne, nous voyons notre paradis se nourrir des promesses pour demain.

 

Entre hier et aujourd’hui, avec un goût d’éternité de souvenir et de devenir, nous continuerons de vivre.

 

Au diable les railleries des actes manqués ou des mensonges de chacun.

 

Leurs bruits ne couvrent celui de la pluie qui tombe en gouttes comme elle tomberait en étoiles.

 

Cet instant hors du monde s’inscrit dans son espérance.

Le reflet


Photographie : Boris Sentenac, droits réservés

Photographie : Boris Sentenac, droits réservés

En apparence verni comme une larme, témoin gourmand de lumière parlant avec les mots de la certitude, agile de la transparence et menteur quant au côté de la raie de cheveux, il est intouchable dans son essence.

 

Face à lui, à la seule volonté de la réalité, on ne peut le contourner comme on ne peut s’éviter.

 

Pareil à l’espoir tendu comme un sourire face aux contraintes du monde, le reflet dicte les mensonges du monde.

 

Imprécis au hasard des eaux, aujourd’hui il est fenêtre fermée sur la précision de chaque instant et montre en silence égaré, dans ce que l’on croit être une mémoire et un juste regard, son temps aveugle.

Nuages verts


 

Photographie : "oakley plantation" J2MC, droits réservés

Photographie : « oakley plantation » J2MC, droits réservés

Nous demandant vers où, oui nous serons y répondre à la sortie du chemin qui s’étire en majuscule droite et couchée sous l’éponge de l’éclat soufflant la voyelle en son point.

 

Noble salutation offerte par l’ombre en ponctuation comme autant de baise – mains faisant de la lumière brute, éblouissante ou éclairante, légère ou écrasante, un savoir poli.

 

Le souvenir des nuages verts du devenir sera alors l’affirmation par la caresse ou la gifle devenue verbe sur le monde comme tous les poèmes couchés sur leurs feuilles.

 

N’hésitez pas à consulter le site du photographe J2MC

https://www.flickr.com/photos/walberthur/

Fenêtre sur les mondes


Photographie : Boris Sentenac (droits réservés)

Photographie : Boris Sentenac (droits réservés)

 

Bâti comme caverne nécessaire habillé de confort, derrière l’œil des murs absorbant le salut furtif de l’évidence du jour et opposant son arme invisible de silence, se jouant de la couverture de doutes sur le voyages des gouttes des sources évaporées de tous nos jours figés sur l’instant comme marbre et qui engourdi les jardins d’espérances, le temps offre ses secondes et ses heures, vivant de ses intervalles dans l’éternité que chacun définit de sa larme muette et dans la transparence hurlante de tous les regards.