Vagues journées en journée vague


Tandis qu’elles sont prévisibles,

Chaque vague est imprévisible.

Seul sur l’océan loin des terres,

Le radeau, par tous les vents divers,

Vogue toujours vers l’horizon :

Celui des hommes en leur croyances,

Et le nôtre propre en mensonges,

Délaissant le silence essentiel.

Parler au souffle en langage

Appris du monde : fruits des canons

Lourds telle la raison sur l’amour

Fait du temps fuyant un voyage

Errant vers la seule et pauvre clarté.

De vagues journées en journée vague.

Vague


Le monde est, dans toute son étendue,
Tel un océan en vagues de cris
Luxuriants sur silence de morale.
Aucune vague ne cesse pourtant
Et à chaque terme, sauf en mémoire,
En quelques souvenirs d’autorité,
Et toujours éphémère, reste vague.

La vie par la parole


Autour, les vagues
Parlent dans tous les sens.

Tu ne vois plus la plage
Et la brise dans ta voile

N’agrippe pas son souvenir
Tandis que l’horizon, lui,

Reste muet et ta raison
Ne peut rien dire d’autre

Que toutes tes secondes,
Passées et à venir,

Sont moins nombreuses
Que toutes les danseuses

Qui dirigent la farandole
De ton voyage.

Tu sais qu’il y a des étoiles
Que tu ne connais pas

Et tu ne sais pas, s’il en est un,
Leur langage blafard.

Tu continues de te méfier
Des reflets sur l’eau

Et des poissons brillants de soleil
Sur leurs écailles de nuages.

Gouffre évident d’oubli,
Et mystère navigable :

Ta vie par la parole
Ne cesse de voguer

En désert de vagues
Sous carte intouchable.

Ressources de poèmes


Les vagues inépuisables ne cessent de ranger leurs profonds secrets de toutes les origines. Elles sont les mots mystérieux d’hier prenant la couleur du vide vertigineux.

La nuit, le ciel ne dit que l’essentiel ponctué d’espoirs luisants.

L’horizon est la jonction du temps. Entre le passé et l’avenir, la falaise offre à mon regard la ligne du présent.

Chaque seconde que dit la mer au vent de l’éternité noire et ce souffle qui tente de lui couper la parole effritent ma roche.

Et de poussière en cailloux, transparent comme le temps, tombent des poèmes.

Souffle d’une prière (poème)


Voici donc le texte de la vidéo de ce poème que je vous ai proposé il y a quelques jours. Bonne lecture.

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Et tandis que le graisseur de moteur hante toujours de son heure furtive l’ardeur que tu sais sur celle que j’imagine,

 

Tandis que le souvenir de ses vagues ne sera jamais l’éternité des mers, sa promesse de voyage n’embarque jamais aucun mot fort pour les temps à venir,

 

L’horizon est ici : sur ses vagues qui se remuent comme hier ses fesses effleurées par une lumière silencieuse, son cargo de patience part pour ailleurs mais ne ramènera rien des nuages qu’il va croiser.

 

Il reste tel le mystère des mers, comme la page essentielle à l’encre qui ondoie vers la profondeur de ses mots mais qui s’envole dans le silence de l’écrit, comme la retenue de la caresse qui n’a de sens qu’en mots de toutes les absences trop légères et qu’un bâtiment de fer ne fait qu’excuse au graisseur de moteur.

 

Mer qui regarde les étoiles dans son sommeil perdu, sans jamais entendre autre langage que le voyageur à l’horizon d’une jeunesse de découverte déjà assouvie, prise dans tous les vents, jamais dans aucun courant, tu sais la hauteur des falaises, l’abondance du mariage de ta terre et de la lumière.

 

Les étoiles filantes ont le destin tragique des cadavres et ce qu’il en reste se noie perdu dans l’étendue du voyage qui ne mène que vers jouissances de marins.

 

Le souvenir du sable, couleur de sa peau, s’est envolé comme poussière par la brise transparente de sa raison pour tous ses sens, tandis qu’elle porte ton chant, au-delà des plus lointains bateaux, au-delà des veilleuses de tous les songes.

 

Dès lors, les sirènes meurent de ton sommeil, de ta négligence d’insomnie qui jette la couverture promise de l’horizon de la mer et qui s’éveille sur les mots couleur crasse de moteur. La mer n’est que le reflet du ciel et le ciel n’est que le mensonge de la lumière.

 

La plage comme frontière t’a dit, sans rien dévoiler des mystères des flots qui semblent offrir de leur dentelle en s’étalant sur la terre, que l’origine s’épanchait sur le devenir sans jamais, que par toi-même, rien y faire.

 

De ses mots, dévoreurs de l’aube invisible des lointains horizons, ne reste qu’un souvenir vague de vagues originelles de ce marin sans phare, et l’imperfection de ta mémoire quant à ces instants n’est qu’étincelle ratée.

 

Comme chacun largue ses amarres, chacun choisit son port.

 

Ainsi mon amour, la conjugaison de notre poème se fera dès lors au pluriel de nos regards qui glissent sur les flots et s’élèvent jusqu’à Antarès.

 

Car sinon il n’est pas, l’amour ne meurt pas de silence, de cris ou de chants de sirènes. Il nous élève comme le souffle d’une prière.
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Retrouvez la vidéo de ce poème en cliquant sur lien suivant :

https://borissentenac.wordpress.com/2017/09/25/souffle-dune-priere/

Et sur le même thème le poème de Margot Rosin :

http://wp.me/p4c7zc-a0

Riches de différences


Les vagues des mers

Sont paroles d’égalité

Désespoir des terres.

 

Nul voyage en mer

N’est oubli pour un espoir

Trop d’étoiles au ciel.

 

De mer en rivière

De solitude en amour

Les souvenirs naissent.

 

Avant le retour

Face aux vagues des mers

Paroles de nuances.

 

Des îles de montagnes

Sur paroles d’égalité

Tu rêves tes prairies.

 

Le diktat des flots

En mensonge de reflets d’or

L’horizon se tait.

 

Sauf s’il te réduit

Telles les vagues identiques

Tu aimes les écarts

 

Louable qu’aux lois

L’égalité est néant

Dire l’indifférence

 

Comme chacune des joies

Aucune larme n’est commune

Richesse de la vie.

L’essentielle unité


Photographie "Before the rain" J2MC, droits réservés

Photographie « Before the rain » J2MC, droits réservés

 

Vagues éternelles sur vagues figées et rongées, comme la lumière et l’ombre, tel un foyer au regard lancé vers la ligne de l’union quotidienne de l’origine, trop lointaine pour converser, l’horizon est l’inaccessible raconté par le vent qui se fait parfois lit de nuage comme silence de sommeil tourmenté.

 

Les fenêtres se jettent sur une terrasse aux colonnes, chacune en garde – à – vous, pour l’honneur de quelques uns qui font face à l’honneur, de tous, oubliés.

 

Pourtant, même par luxe, le regard se fait comme l’expression d’un lointain souvenir, la jetée de la pêche à l’essentielle unité.

 

N’hésitez pas à consulter le site du photographe J2MC

https://www.flickr.com/photos/walberthur/