Le soleil bleu


Allongé, un soleil bleu éclaire mon éveil et ponctue mes rêves qui s’endorment, restés accrochés à quelques heures déjà lointaines de leur nuit.

La dune tissée n’étale aucune ombre sous le ciel de la chevelure arrangée par le vent de la quiétude partagée.

Le saphir, détermine la valeur du jour naissant en offrant un nuage carmin qui s’étire sur la plage d’un silence d’or.

Les secondes furtives, frontière d’un rêve à un autre, ont dit l’essentiel de leur si belle lumière.

Matinée d’un poète


Quand le matin n’est pas encore levé, que chaque bruit est retenu pour ne pas entraver les minutes qui lui restent de sommeil,

Pareils à ces instants où il fallait prendre la route tôt pour ne pas trop manquer du premier jour encore en ses rêves scintillants d’un autre soleil et d’autres senteurs et partir avant d’avoir dit au revoir en fuyant furtivement le jour qu’on ne voudrait pas décevoir,

Ou bien quand il fallait prendre le train pour traverser l’espace sur les rails du jour du retour et quitter les odeurs du buffet qu’on perçoit une dernière fois comme au premier jour, s’étonnant de n’avoir été que trop stupide pour les avoir rangées sur l’étagère des habitudes,

De cette sensation étrange d’avoir volé le matin, impression en réminiscences aujourd’hui n’ayant plus le même sens qu’hier sur tous les matins infinis, il reste le buvard du silence et ses taches d’encre du poème qu’il reste à écrire.

Solitudes partagées


Le soleil ôte son vêtement du jour devant ma fenêtre qui rougit par sa pudeur tirée en regard baissé, puis se glisse sous son drap d’horizon et devient l’amant d’autres heures.

Au matin de mes sourires qui suit les heures sans mémoire, il reviendra éclairer toutes les solitudes partagées.

Importance (relative)


Tu dévores sa chaleur,

Tu étales l’ombre de sa lumière,

Tu te nourris de son œuf du soir,

Puis tu l’oublies par l’opulence des étoiles

Et parce que tu ne doutes jamais du lendemain,

Qui sera fait, venant de la nuit, du même soleil ou d’un autre,

Peu importe ta croyance, tu l’enrubanneras soigneusement comme chaque jour

Pour n’en offrir que l’apparence du don en jolis mots qui finiront comme bavardages.

Les perles de ce que tu nommes l’amour n’ont qu’un sens qui s’écoule et sèche tant que

Tu dévores sa chaleur,

Tu étales sa lumière,

Tu te nourris de son œuf du soir…

L’amour


En pluie de lumière, l’amour s’écoule sur l’étang qui s’endort tel un marais en fermant sa paupière de nénuphars sur le jour qu’une des fleurs semble avoir inspiré, en lâchant un de ses fils brillant partit faire sa ronde et danser avec les ombres pour disparaître et laisser les étoiles en bavardage qu’on ne devine qu’à peine.

Demain, cette autre date qu’on prendra pour la même qu’hier parce qu’il n’y a qu’un soleil, d’une autre fleur de nénuphar, comme encore unique parole de chaque jour aveuglant le bouquet des espoirs passés, surgira l’astre tandis que le jour s’évaporera comme à chaque fois tel l’amour.

Nous on dénoue


Le soleil occulte les étoiles et inonde le ciel de sa lumière.
Elle s’écoule jusque sur les innombrables feuilles argentées des oliviers bien alignés dans un champ de poussières.
Sans espace comme se noue ce poème, par la brise qui les lit ensemble, les oliviers frétillent de leurs consonnes tandis qu’ils préparent leurs voyelles enrobant l’origine de l’avenir.
Arbres centenaires, à cet instant unique de lumière et d’ombres, tandis qu’en une voix de cigales, comme le passage du devenir en souvenir, après que chacun ait dit « non » de vos fruits, vous dites « nous » comme un jeu.
Devant, seul, multiple, libre de mes genoux, du regard je me noue à vous et vous dénoue.

La vie par la parole


Autour, les vagues
Parlent dans tous les sens.

Tu ne vois plus la plage
Et la brise dans ta voile

N’agrippe pas son souvenir
Tandis que l’horizon, lui,

Reste muet et ta raison
Ne peut rien dire d’autre

Que toutes tes secondes,
Passées et à venir,

Sont moins nombreuses
Que toutes les danseuses

Qui dirigent la farandole
De ton voyage.

Tu sais qu’il y a des étoiles
Que tu ne connais pas

Et tu ne sais pas, s’il en est un,
Leur langage blafard.

Tu continues de te méfier
Des reflets sur l’eau

Et des poissons brillants de soleil
Sur leurs écailles de nuages.

Gouffre évident d’oubli,
Et mystère navigable :

Ta vie par la parole
Ne cesse de voguer

En désert de vagues
Sous carte intouchable.

Tic – tac d’hiver


A la recherche d’un trésor, la nuit a fouillé les petits paradis clos délaissés pour le soleil du foyer.

Surprise par le matin, elle a fui en abandonnant les galaxies de pierres précieuses, faites de lumière, de froid et d’eau, répandues en poussière de lune.

Le soleil va les souffler pour les polir comme cristal de larmes avant que la nuit ne revienne pour tenter à nouveau de s’en emparer.

Le temps s’égrène en cavernes de tes oreilles endormies et s’écoule en transparence des heures.

Le temps est un voleur qui ne se dérobe pas.

Neige de soleils


Neige de soleils, comme autant de secrets en vérités, la fraîcheur de l’ombre ne souffle pas les milliards de flocons tombant de l’invisible.

 

Quant à l’évidence passagère du jour, elle efface les étoiles sans jamais les faire fondre.

Sourire d’espérance


 

Photographie Boris Sentenac

Photographie Boris Sentenac

 

L’heure, par nature silencieuse comme l’éternité,

Sonne en éphémère et timide muguet

Les chaleurs et les sucres de l’enfance

Laissant ainsi stoïques les patients cyprès

Des murs des souvenirs sous dalle de mystère.

 

Fils d’un jeune soleil et de l’ombre,

Tu es un petit brasier d’espérance sur tige

Dans lequel, en lumière, tinte simplement

Le parfum qui ne s’offre qu’à l’instant

Et s’étire, comme l’été à venir, en sourire.

Nuit


Après que l’or du jour ne fonde et coule au fond des mers, le tapis rouge des rues des retours s’étale avant d’être enroulé et rangé par l’horloge qui radote en quotidien.

 

Plus tard, tandis que je veille mon sommeil décédé, la lumière invisible du lendemain étranger caresse le sourire de la nuit.

 

Les étoiles, en vies mystérieuses injuriant la mort infinie, gardent le secret de tous les soupirs d’avenir qui se font, en bel et pur abandon, la parole de leur regard de bulles de réel sur les rêves.

 

Avant que le soleil ne se lève de son drap d’horizon, le tapis blanc des rues des départs s’étale avant que je n’enroule et que je ne range mon inutilité forcée pour l’horloge qui radote quand même pour tous jusque dans le néant quotidien.

Monte !


Ne deviens pas ton propre menteur pour faire de toi un mentor.

 

Aucune tempête ne peut souffler l’éclat scintillant des étoiles.

 

Aucune canicule de basses terres n’évapore le trésor simple de reflets de soleil caché comme gloire d’ascension de montagne.

 

Là – haut, le cri de ton regard sur le monde n’éveillera aucun écho.

 

Le silence de ton regard qui s’écoulera sur ta joue te rappellera à la simplicité de la perle des terres secrètes mère de nuages de toutes les mers caressant les terres et qui toujours, pour toutes les mains, s’offre et s’échappe.

 

Monte !

En chant de l’heure


Soleil de poêle célébrant la lumière

Renaissante, jeune et encore fraîche

De promesses de blés et de poussières blanches

A faire des soleils sucrés pour sourires simples

Loin, trop loin peut – être, du virtuel qui se vend

En renouvellement de bonheur et de rêves

Prenant le terme de  » réalité  »

En jetant la beauté des prières.

Le Danseur du soleil


 

Mutchi Maye

A Mutshi Maye

 

Il nous emportait en un voyage qu’il apportait simplement ici.

 

Peau de nuit qui se mouvait en soleil jusqu’en dansant la pluie, il faisait couleurs de tous ses mouvements.

 

Il scintille désormais en son point final. Mais, dans tous les cieux et même mortes, les étoiles brillent.

 

Petit extrait de son art sur le lien suivant :

Mer


Berceau des lumières, du jour et de la nuit, tu t’en fais parure dans le langage de ta danse incessante. De quel rayon de caractère t’inspires – tu pour te faire soleil ? Tu te fais brûlure de vie en arguant de réponses aveuglantes. De quel éclat de caractère t’inspires – tu pour te faire lune ? Tu te fais possessive des couleurs en hurlant protéger les rêves.

 

Ventre des secrets de l’essentiel, tu permets d’être à tes enfants fidèles tandis que tu es noyade pour les fils des aventuriers des terres qui t’ont quittés. Tu es caméléon du ciel en souvenir de l’audace de leur rêves et tolérante à leurs caresses sur ta surface.

 

Belle négociatrice, accepte les rivages. Ne te fais pas ogre du monde après en avoir été la mère. Admets, pour que perdurent tous les amours, que si nous ne sommes chacun que matelot à l’origine de tes tempêtes, à l’origine de nos manques nous devenons capitaine.

 

Sur le même thème vous pouvez lire de Margot Roisin https://versantares.wordpress.com/2016/02/09/souffrances-de-la-mer/

Matin


Les empreintes de tes rêves deviennent lits de l’oubli.

 

Au réveil, le ciel est comme page blanche de poète.

 

Au loin, des poussières d’oiseaux survolent l’horizon déchiré des matins.

 

La couverture de vapeur enveloppe en mystère la colline.

 

Elle fait face à son reflet d’évidence par la lumière.

 

L’heure se donne par le soleil qu’on croirait injuste comme la chance.

 

Tandis que l’oubli lisse ton visage,

 

Le ciel se charge des larmes et des sourires de la journée.

Lumières


aurore boréale

 

Incomparables lumières, et pourtant…

 

Les feux des villes sont visibles dans les ténèbres sans jamais les éclairer. Le feu des hommes est sans la poésie jetée du soleil en foulard boréal qui couronne notre berceau. Danse apaisante, toujours verte et constante ici comme là – haut, confrontée aux lumières de l’humanité, statiques et circulantes ici, elles ne sont justes que statiques vue du ciel.

 

Lumière irrégulière dans l’éternité, en symbole d’union des mystères célestes contre lumière régulière des horloges en nécessité sur les ombres des coins de rues et qui n’empêche en rien le feu criminel qui détonne au nom d’un dieu si improbable ainsi d’éclats. Aucune lumière ne devrait engendrer un tout pour en faire quelques caprices.

 

L’électricité n’a pas la force de la folie. La lueur de l’espoir s’abandonne à mesure de jugement hiérarchisant les mots poussant mon poème à hiérarchiser les lumières : expression en éclat furtif de canons ou d’idées et en persuasion du meilleur de chacun de tous les hommes, en paradoxes et contradictions à les entendre toutes.

Quand soudain…


Tandis que la place s’étale dans un bruit diffus, le temps se fige par la lumière de ton regard habillé par la malice de ton sourire à faire blêmir celui de la nuit. Il n’est plus d’autre étoile dans mon souffle saccadé, en voyage sans boussole, guidé par un vent de tempête à la seule rigueur de ta caresse.

Quand soudain…

Le silence prend sens. Nous errons depuis quelques mots d’inconnus médusés dans l’étonnement qui se refuse  à sa raison. Il se répète comme pour revenir sur une erreur.

Quand soudain…

Certain du langage, la colère reprend le silence. Son souffle léger s’envole, irrattrapable comme un enfant qui court avec le rire de toutes les émotions. Tristesse, colère et peur se mélangent avec la joie encore vivace de l’instant d’avant.

Quand soudain…

Notre essentiel naissant devient malgré nous indécent. La joie est morte : fusillée loin de là. Il n’y a plus de lieux, plus de couleurs. Les larmes sont encore en caverne tandis que le soleil pétillant de nos verres n’a plus d’inclination dans ses messages de toute soif.

Quand soudain…

Le premier temps d’un amour qui s’avoue éclate avec l’écho des canons sans aucune raison tandis que d’autres, voilés par la folie, meurtriers et ignorants de la lumière de ces instants, se font exploser pour des idées aspergeant sur notre idylle comme sur leurs victimes une mort pour rien.

Quand soudain…

Il n’est plus d’autre étoile dans le souffle saccadé du monde, en voyage sans boussole, guidé par un vent de tempête à la seule rigueur du chaos.

Il nous restera ça


Photo : Boris Sentenac, droits réservés

Photo : Boris Sentenac, droits réservés

Les étoiles de la ville

S’étirent silencieuses

Et sont comme engourdies

Sur les rides mystérieuses

De la couverture des espoirs

D’horizons manqués.

Et quand les mots s’échouent

Sur le souvenir du départ

Et de son soleil de certitudes

Lui-même parti du port,

.

Il nous restera ça.

.

Ciel de suie

Comme vieux papier mâché

Sorti du coffre de l’enfance

Gardé par la poussière

En dernier rempart,

A l’ombre improbable

Des larmes d’étoiles

Evaporées en timide dignité

Par la lumière prétentieuse des hommes

Sur toutes les prières.

Songe d’aimer


On sait bien que, silencieux et en beauté, le soleil ne se lève ni se couche pour personne.

On s’attarde pourtant à rêver d’en être le cœur dans un vacarme de vie pour habiller, comme les étoiles scintillantes parent la nuit, le vide de l’interligne de mots éphémères à tous sauf pour chacun pareils aux vagues caressant, éternellement finissantes, la poussière des terres.

Même le miracle d’aimer entame le mensonge en criant sa vérité. Antagonisme de confort, la lumière aveugle le songe éveillé aux yeux fermés.

Evolution


Soleil tu bouleverses les ténèbres. Ainsi, tel un dieu tu es une possibilité passée juste en cours d’évolution. Tel un homme tu t’épuises jusqu’à ta déchéance.

En fruit de lumière et de chaleur, éclatant de couleurs promises mures en espoir de larmes avant de nous parer inévitablement de fatigue, comme l’astre est lumière, en miroir aux alouettes, on se fait sucre par préférence illusoire comme la promenade de l’ombre sur l’éternité.

Rien n’est irréel sauf la vérité qui, furtive et multiple, bien que nécessaire dans ses mystères, se fait mensongère.

Trois saisons et une nuit


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photographie Boris Sentenac (droits réservés)

 

Pour toujours est une promesse de renouveaux éternels.

Caressé par la brise nouvelle au parfum de la naissance, d’un vent timide tu te voues à étirer le don dans la promesse des chaleurs.

Face cachée de la nuit, temps oublié comme évaporé par l’été écrasant de mensonge nos cœurs lovés rêvant d’éternité, nous voici monument d’écorces secrètes, comme mains tendues, père et mère des bijoux verts de notre haute montagne tutoyant l’horizon lointain.

La ride rappelle la vérité de l’éternité. Garde ton sourire plutôt que, s’écoulant finissante, la transparence des larmes des feuilles qui se font soleil crépusculaire à l’aube de l’absence et des gerçures. Traverse encore et à nouveau les trois saisons suivies du règne de la nuit en patience douloureuse pour honorer la promesse de renouveaux éternels.

Cheminement de la lumière


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Photographie Fanny Austin (droits réservés)

Tel un œil éclatant sans fard, boule de soleil sur ombre de révérences en humble opulence, le mot s’étend dans le sens pour enfanter la pensée. Nuance surprenante engendrée pour l’éphémère présent, elle se marque dans l’éternité du regard et pleure le diktat du statique et condamné sapin prétentieux de gentillesses convenues.

Boule de Noël ardente, tu transcendes les robes noires des pensées hâtives et trop communes qui n’ont pas même de simple reflet. Le cadeau est un résultat terne face à la surprise du cheminement de la vérité qui brille de silence.

L’excuse


A ne faire de l’envie qu’un chant que le vent absorbe sitôt qu’il est entonné, on ne fait du silence qu’un roi du néant.

De l’inanité, la vérité se dessine alors par l’erreur des excuses qui ne sont plus l’humble reconnaissance du travers mais sa pauvre justification faite de vide et qui revêt les couleurs d’une fable à rougir du besoin.

Rien ne change pour ce monde, sauf pour quelques poètes que l’on imagine fallacieux sans trop y penser et qui voient qu’ainsi le ciel se fait larme de soleil.

Eblouie


Eblouie par le soleil, tu n’as pas vu la lune s’installer sur le jour sublimé par ton cœur.

Depuis, parce que ton ivresse a été ton oubli du crépuscule, tes larmes reflètent la transparence de l’éclat de la nuit sous le regard lumineux et pâle de la réminiscence de ton mystère de désolation brûlante.

Si la lune s’invite le jour, le soleil déserte toujours les ténèbres et tu sais que la lumière n’est rien non plus sans ce qui la reflète. L’absence ne peut signifier que ta propre tentation et la souffrance de ton cauchemar déguisé en rêve ressemble à un épouvantail en costume moqué par tous les corbeaux.

Maintenant, à chaque heure de tous les jours qui se font nuit, tu vis de touffeur écrasante d’ennui telle la solitude d’un univers entier perdu dans ses étoiles ainsi devenue brillante de néant.

Quand les couleurs reviendront, avant même que le bon sens des pauvres gens ne devienne rengaine, prend la chaleur et méfie-toi de l’aveuglement d’un zénith trop bas.

Les coupables de l’ardeur


Le soleil, en secret, derrière l’horizon fait des hauts nuages les réminiscences de l’amour avant que le ciel ne se couvre par un tricot sombre à grosses mailles de larmes qui gifleront la vie comme le jugement des différences, meurtrier pour les uns et rassurant pour les autres, s’accaparant, comme la nuit aveugle à venir, l’éclat rose.

 

Pour ces coupables de l’ardeur, il est alors temps de laisser s’écouler le clandestin crépusculaire en rêves déchaînés de demain comme lumière et chaleur au fond de leur caverne.

L’un dans l’autre


Sur la plage, l’horizon envoie les embruns par les danses mousseuses d’ennui plat et caniculaire sur la lourde poussière comme linceul de mer sur lequel on étale des serviettes pour fesses à tremper.

Au loin, les collines, sous les poussières légères narguant les vengeances à venir encore blanches du ciel, nous rappellent, rassurantes, la sécurité des murs abandonnés à distance suffisante pour un rien de rires vides mérités qui écopent un autre rien trop plein de nécessités aussi aveuglantes que ce soleil considéré comme repos.

Voici en carte postale un l’un dans l’autre antagoniste de ce qui s’appelle hâtivement et uniformément bonheur  voyageant de pâtés de maisons en palais de sable et qui ressemble pourtant au vent qui fuit. Voici en subterfuge de besoins justes désignés ainsi et qui, en concurrents absurdes, se justifient l’un avec l’autre.

Paresse de l’espoir


Nul soleil ne se fait porter.

L’horizon s’est fait engloutir dans la tempête de tes colères tandis que tu te fonds à la nostalgie de terres promises ainsi pareilles à un dieu auquel plus personne ne croit.

Il n’est plus d’eau que les larmes de la douleur de tes épines sauvages mal aimées et couronnées des réminiscences incessantes de tes pétales d’enfant flétris que tu crois seul voir s’envoler dans ta fumée bleue et qui n’est qu’un mensonge trop silencieux de l’oubli. Tes rosiers piquants sont ainsi trop pales. Leur rosé matinale est glacée du vide des heures noires que les milliards d’étoiles n’ont su éclairer. Le nez dans les étoiles, les yeux dans la nuit, ton parfum s’est évaporé.

Tu as choisi de nous rendre reclus dans ta forêt de craintes élancées en mystères. Il est toujours une clairière et j’aperçois la lumière, la mer et l’horizon redéfini comme je suis pour désigner ma vie et non me contenter de vivre seulement pour n’être qu’une ombre.

Toi qui ne connais que le regard noir vide d’essentiel d’une mère, tu t’es fait aveugle du plus grand espoir d’un monde. Comme toutes les mères, elle a donné la mort avec la vie sans envie pour quelques désirs, pareils à quelques paris idiots de casino, qui te condamnent.

C’est en perdant le cauchemar, que les paresseux appellent rêve comme on farde la vérité, que l’on gagne l’espoir du plus humble qui n’ayant rien à perdre, se fait, malgré lui, le plus riche de l’utile rendant futile la tendresse de la mélancolie.

Je ne veux rester dans ta lueur mal calibrée d’un amour seulement promis et juste prétendu. Ta suffisance fait de toi le bourreau de ta condamnation. Avoir été sans fin se termine maintenant. Il me faut te quitter dans la vérité de l’éternité pour nous offrir l’espoir.

Ainsi, j’ai refermé ton portail sans plus savoir ce qu’il lui reste à garder dans ton paradis du sommeil des ronces. Je vais vers mon espoir de quiétude courageuse et faire rayonner le hasard façonné de nos étreintes éteintes. Je retourne vers l’horizon caressé par les brises sans jamais rêver de marcher sur l’impossible. Je veux hydrater la gerçure pour étirer le sourire et en faire enfin le reflet des hauts nuages blancs de l’ardeur.

Les enfants de l’orage


L’orage arrivait. La chaleur oppressante devenait oppressée et chacun se faisait pressé de l’eau.

Les enfants circulant avec leurs bicyclettes semblaient annoncer dans leurs cris enthousiastes la nouvelle d’un bonheur dévastateur.

Manquant de se renverser entre – eux, comme si l’orage libérateur allait aussi être la mort d’un soleil prétentieux égal à une dictature dégoulinante de l’insupportable source de vie, les héritiers du ciel ne reconnaissent plus leur joie de leur colère.

Dans cette excitation mourante sitôt que chacun se sent libéré d’avoir été, il reste que, quand même, il pleut beaucoup trop !

Au fond, ce qui compte n’est que le moment juste avant l’obtention de ce qui fait l’espoir. Sitôt passé, la normalité revient glissant vers son désespérant désaveu.

Journée


Le soleil s’est déjà levé alors que tes yeux semblent encore sous l’isoloir drapé des choix étoilés.

La vérité te quitte alors pour faire place aux idées rondes comme la terre mais plates comme un pauvre sou.

Mais tu sais que loin du matin frais au parfum de savon, pareil à la promesse irréprochable du jour et pourtant vaine, les étoiles te caresseront de tes vérités comme un souffle venu d’ailleurs sur ton dos et ta nuque tant aimés.

Caresse frôlée


Face à l’allée bordée d’arbres militaires aux synapses hivernales reliées à l’invisible habité par le reflet de l’éclat souillé au centre de la haie d’honneur, il m’apparaît que l’importance du cheminement ne s’échappe jamais de l’origine infime des croisements gorgés de la subtilité légère du soleil qui, en s’étalant sur mes joues, fait du frôlement du chat adoré bien que parfois revêche de la demeure du bout, une caresse franche.