L’amour


En pluie de lumière, l’amour s’écoule sur l’étang qui s’endort tel un marais en fermant sa paupière de nénuphars sur le jour qu’une des fleurs semble avoir inspiré, en lâchant un de ses fils brillant partit faire sa ronde et danser avec les ombres pour disparaître et laisser les étoiles en bavardage qu’on ne devine qu’à peine.

Demain, cette autre date qu’on prendra pour la même qu’hier parce qu’il n’y a qu’un soleil, d’une autre fleur de nénuphar, comme encore unique parole de chaque jour aveuglant le bouquet des espoirs passés, surgira l’astre tandis que le jour s’évaporera comme à chaque fois tel l’amour.

Nous on dénoue


Le soleil occulte les étoiles et inonde le ciel de sa lumière.
Elle s’écoule jusque sur les innombrables feuilles argentées des oliviers bien alignés dans un champ de poussières.
Sans espace comme se noue ce poème, par la brise qui les lit ensemble, les oliviers frétillent de leurs consonnes tandis qu’ils préparent leurs voyelles enrobant l’origine de l’avenir.
Arbres centenaires, à cet instant unique de lumière et d’ombres, tandis qu’en une voix de cigales, comme le passage du devenir en souvenir, après que chacun ait dit « non » de vos fruits, vous dites « nous » comme un jeu.
Devant, seul, multiple, libre de mes genoux, du regard je me noue à vous et vous dénoue.

La vie par la parole


Autour, les vagues
Parlent dans tous les sens.

Tu ne vois plus la plage
Et la brise dans ta voile

N’agrippe pas son souvenir
Tandis que l’horizon, lui,

Reste muet et ta raison
Ne peut rien dire d’autre

Que toutes tes secondes,
Passées et à venir,

Sont moins nombreuses
Que toutes les danseuses

Qui dirigent la farandole
De ton voyage.

Tu sais qu’il y a des étoiles
Que tu ne connais pas

Et tu ne sais pas, s’il en est un,
Leur langage blafard.

Tu continues de te méfier
Des reflets sur l’eau

Et des poissons brillants de soleil
Sur leurs écailles de nuages.

Gouffre évident d’oubli,
Et mystère navigable :

Ta vie par la parole
Ne cesse de voguer

En désert de vagues
Sous carte intouchable.

Tic – tac d’hiver


A la recherche d’un trésor, la nuit a fouillé les petits paradis clos délaissés pour le soleil du foyer.

Surprise par le matin, elle a fui en abandonnant les galaxies de pierres précieuses, faites de lumière, de froid et d’eau, répandues en poussière de lune.

Le soleil va les souffler pour les polir comme cristal de larmes avant que la nuit ne revienne pour tenter à nouveau de s’en emparer.

Le temps s’égrène en cavernes de tes oreilles endormies et s’écoule en transparence des heures.

Le temps est un voleur qui ne se dérobe pas.

Neige de soleils


Neige de soleils, comme autant de secrets en vérités, la fraîcheur de l’ombre ne souffle pas les milliards de flocons tombant de l’invisible.

 

Quant à l’évidence passagère du jour, elle efface les étoiles sans jamais les faire fondre.