Fille verte


Poète, couche à l’encre brune la fille verte des pays secs où il pleut du soleil dans les herbes qui ne connaissent plus la soif et cache l’amour qui appelle !

A celui qui se désespérait de sa page, sous les chênes et les pins et sur le tapis de leurs souvenirs qui frémissaient sous les tremblements caressés de la sylphide et qui se recouvraient de la brise qui s’activait à dénuder le sol de l’inutile pour le rendre tel qu’elle s’offrait, la belle se couchait en étirant le palais de son cœur comme pour étendre son sourire qui rendait la fraîcheur à l’instant vacillant.

Le temps suspendu dans ses yeux d’éternité verte plongeait dans le regard de la nuit. Les corps allaient s’unir comme les cœurs  aux enchantements naissants enfin lovés entre eux. Les couleurs et les lumières se faisaient bruits tandis que le silence se faisait éclat.

Le génie des hommes tue, de cuivres linéaires tendus, l’ombre des distances. Les poèmes et leur certitude, de ce qui est devenu souvenir, éteint l’abîme. Flou et électrique sa voix invite en son foyer et son sourire illumine le bureau de papiers et se couche à l’encre brune, comme regardant le bonheur de celui qui espère sur sa page.

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Etoiles d’amour


L’heure est aux fleurs de lumière de nos poussières perdues comme chacun se perd dans le désert.

C’est ainsi le voyage du regard sur les étoiles qui guidaient les marins vers leurs amours de transits. Parfois, comme opposée à l’étendue immobile du lit de l’espoir, lorsque la brise chante sur les arbres et les herbes habillées d’ombre de repos, j’imagine la mer jalouse de ces éclats de silence et la mort qui se noyait filante sur les flots de colères et portée par le vent des terres qui se faisaient alors mystère.

Mais son étendue aveugle se fond avec ces lumières invisibles trop lointaines qui se gardent bien de nous indiquer les arcanes de l’absolu. Alors, de ces secrets qui ne se font que le savoir de quelques curieux, l’évidence de la tromperie de ce qui fait nos choix nous rappelle l’étroitesse entre le néant et ce qui est, l’énorme fossé entre la mort et les conséquences de la vie jusque dans nos amours aux seules fondations d’espérance.

Paresse de l’espoir


Nul soleil ne se fait porter.

L’horizon s’est fait engloutir dans la tempête de tes colères tandis que tu te fonds à la nostalgie de terres promises ainsi pareilles à un dieu auquel plus personne ne croit.

Il n’est plus d’eau que les larmes de la douleur de tes épines sauvages mal aimées et couronnées des réminiscences incessantes de tes pétales d’enfant flétris que tu crois seul voir s’envoler dans ta fumée bleue et qui n’est qu’un mensonge trop silencieux de l’oubli. Tes rosiers piquants sont ainsi trop pales. Leur rosé matinale est glacée du vide des heures noires que les milliards d’étoiles n’ont su éclairer. Le nez dans les étoiles, les yeux dans la nuit, ton parfum s’est évaporé.

Tu as choisi de nous rendre reclus dans ta forêt de craintes élancées en mystères. Il est toujours une clairière et j’aperçois la lumière, la mer et l’horizon redéfini comme je suis pour désigner ma vie et non me contenter de vivre seulement pour n’être qu’une ombre.

Toi qui ne connais que le regard noir vide d’essentiel d’une mère, tu t’es fait aveugle du plus grand espoir d’un monde. Comme toutes les mères, elle a donné la mort avec la vie sans envie pour quelques désirs, pareils à quelques paris idiots de casino, qui te condamnent.

C’est en perdant le cauchemar, que les paresseux appellent rêve comme on farde la vérité, que l’on gagne l’espoir du plus humble qui n’ayant rien à perdre, se fait, malgré lui, le plus riche de l’utile rendant futile la tendresse de la mélancolie.

Je ne veux rester dans ta lueur mal calibrée d’un amour seulement promis et juste prétendu. Ta suffisance fait de toi le bourreau de ta condamnation. Avoir été sans fin se termine maintenant. Il me faut te quitter dans la vérité de l’éternité pour nous offrir l’espoir.

Ainsi, j’ai refermé ton portail sans plus savoir ce qu’il lui reste à garder dans ton paradis du sommeil des ronces. Je vais vers mon espoir de quiétude courageuse et faire rayonner le hasard façonné de nos étreintes éteintes. Je retourne vers l’horizon caressé par les brises sans jamais rêver de marcher sur l’impossible. Je veux hydrater la gerçure pour étirer le sourire et en faire enfin le reflet des hauts nuages blancs de l’ardeur.