Utopie


Quelques terres à faire notres pour idéal

Sur le vaisseau de nos efforts sont devenues

Utopies d’horizon sur le pauvre radeau

De notre abandon depuis que tu es un homme.

Le jour s’est levé


Je ne rêve plus depuis que j’ai abandonné l’envie de pouvoir.

J’ai alors relus l’espoir inscrit en encre d’étoile.

Puis le jour s’est levé.

Ciel des nuits d’été


Nous avons cherché du regard notre espoir et nous avons vu un ciel qui semblait promettre la pluie sans jamais s’écrouler.

Nous étions plus fort ensemble en batissant sur les menaces qu’aujourd’hui en larmes de soleil et sourires sincères, en paroles de paix et d’avenir en mots d’interdits que l’on croit en perfection tandis que nos batis ne s’élèvent qu’avec l’effet de l’abandon vers le ciel des nuits d’été qui reste le seul à parler vrai.

Danse !


Danse ! Pose tes chaussures rouges et danse le blues.

Je suis mort aujourd’hui, c’était un autre jour et le temps gagné se grave encore en temps perdu. Je vois la lumière j’entends le bruit sans autre caresse que celle des saisons aussi lourdes que ma stèle et qui se succèdent sur mes épaules. Je suis mort aujourd’hui, c’était un autre jour, et il se peut que tu t’en souviennes. La nuit s’est posée en écho, celui qu’on suggère à la joie avant de se taire.

Danse ! Pose tes chaussures rouges et danse le blues.

La vérité se dit d’abord en faits et non en mots choisis. Un jour la mort m’offrira mon désir, un jour je serai mort d’être jeune.

Danse ! Pose tes chaussures rouges et danse le blues.

Réécriture illisible


Comme le temps, écrire par – dessus mes poèmes d’amour

Pour filtrer les couleurs de sa lumière,

Et dire en religion que l’invisible n’est pas

Tout en habillant de transparence le fantôme

Qui s’envole des pages qu’on ouvre

En seul mouvement désormais bâillonné,

Devenu information d’ignorances d’ombres.

Elles offrent une perle sur l’écho des sourires

Et sur l’actuelle moquerie du vent,

En musique agrippant le spectre effilé des vers

Qui n’a plus pour réalité illisible

Que l’illusion d’un poème écrit par-dessus mes poèmes d’amour.

Retour vers la nuit


Les moutons qui broutaient dans le rêve du ciel,

S’élancent désormais noyés en leur menace

De rondeurs gorgées d’eau blanche dans le couchant.

Ils sont surpris par notre retour fulgurant,

Qui abandonne l’idée simple d’un salut,

En une flèche tirée vers la nuit pour voyage.

Vertige du monde

Vertige du monde


vertige du monde

Photographie : Boris Sentenac, tous droits réservés

Tutoyant la montagne qui se dresse devant elle,

Protégée comme un secret par celle qui l’accueille,

Comme pour être en cet endroit sans s’imposer,

Disant l’espérance des hommes dans son vestige,

Fière et droite dans son histoire et pour autant

Ici sans excès, elle indique à qui la cherche

Et à qui la voit, figé tandis qu’on la croise

Tout ce qui ne se dit pas : ce qui est possible

Face à l’élan ressemblant à l’aboutissement

Des rêves de chacun faisant vertige du monde.