Du voyage


Comme ta poésie, tes jambes étaient les lattes du pont de mon repos qui, avec l’horizon pour cap, caressait les vagues sous les espoirs des jours.

Comme ma poésie, il reste de cette épopée notre radeau pour berceau sous le bleu à la paupière endormie en son silence du mystère de la nuit.

Comme notre poésie, la terre non promise, ancrage de mon répit avec, pour accueillir le nôtre, son lit de sable pour vestige, s’offre en surprise des jours et des nuits.

Baisers de brouillard (poème)


Le visage du ciel dérobe la gravité du monde.
De baisers en étreintes, couleurs dévorées,
La fraîcheur de l’instant née de toutes les chaleurs
S’étend pour rendre illisible les secondes qui s’écoulent.

Le souffle de la nuit chasse la poésie
Que les hommes, absents en ces heures
Et pourtant se signifiant omniprésents et aveuglés par leurs lumières,
Habillent encore et toujours de leurs étoiles.

 

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Retombée répétée


Les mots secs s’étalent sur la page blanche que la brise soulève comme pour tenter d’éveiller de la nuit le souvenir sur le devenir.

 

Le temps déposera les eaux de son abandon sur la page gondolée que la poussière recouvrira comme pour tenter de compter les jours du souvenir sur le devenir.

 

L’oubli sera le ruban gris et son nœud sera son seul mot qu’il prononcera comme pour tenter d’étaler sa couverture transparente sur le souvenir sec craqué.

 

Et durant tout ce temps,

Ton silence ne sera

Que mensonge éternel passé.

Retour vers la nuit


Les moutons qui broutaient dans le rêve du ciel,

S’élancent désormais noyés en leur menace

De rondeurs gorgées d’eau blanche dans le couchant.

Ils sont surpris par notre retour fulgurant,

Qui abandonne l’idée simple d’un salut,

En une flèche tirée vers la nuit pour voyage.

A deux mains


Les oiseaux chantent encore…

Par leurs chants ils empêchent la nuit d’être la mort du jour.

Ils nous offrent ce que l’on ne peut entendre lorsque la ville chante trop fort

Et qu’elle éclaire le ciel de ses lumières prétentieuses
Faisant qu’un maigre jour sur la nuit que les oiseaux font taire.

Projectile lumineux sur la paix de l’horizon,

Tu lances ton regard dans cet invisible chantant et, en un sourire sur le sort conjuré,
ton cœur vit le bonheur.
L’horizon est toujours inaccessible mais il est.

Dans la lumière la plus artificielle perce un regard des plus lucides.
Quel que soit l’horizon, il perçoit les étoiles derrière les nuages,

S’envole avec les chants des oiseaux, caresse la lune qui scrute tous les rêves
et bien que loin en mystères des cieux, il est toujours là.

Mathilde CAILLARD                                                                                                Boris SENTENAC