L’écho de ta vie


Au cœur de la cité,

Comme si l’hiver était l’été,

Le rire excessif d’une jeune fille

S’envole avec son âge en souvenir.

 

S’inscrivant dans l’expression

De la fondation  d’un nouveau monde,

Il part dans le silence pour s’unir 

Avec toutes les jeunesses même passées. 

 

Il est comme certitude de mimosa

Qui parle en avance

Du devenir de la belle saison

Avant que ne s’endorment ses couleurs et ses parfums.

 

Deviendra -t- il comme la fumée ?

Grise pour n’être que vieille couleur passée,

Piquante comme poison pour larmes,

Et d’emblée trop légère pour être retenue.

 

N’oublie pas ton rire jeune fille,

Et sans l’envoyer dans la transparence

De convenances soumises plutôt qu’à soumettre,

Fais en l’écho assagi de tous les mots de ta vie !

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Monte !


Ne deviens pas ton propre menteur pour faire de toi un mentor.

 

Aucune tempête ne peut souffler l’éclat scintillant des étoiles.

 

Aucune canicule de basses terres n’évapore le trésor simple de reflets de soleil caché comme gloire d’ascension de montagne.

 

Là – haut, le cri de ton regard sur le monde n’éveillera aucun écho.

 

Le silence de ton regard qui s’écoulera sur ta joue te rappellera à la simplicité de la perle des terres secrètes mère de nuages de toutes les mers caressant les terres et qui toujours, pour toutes les mains, s’offre et s’échappe.

 

Monte !

Maigre reflet


Celui qui n’aime les autres que par ressemblance n’aime personne sinon que lui – même. La profondeur de l’inverse ainsi bien trop plate et froide est aveugle à l’œil qui s’y noie.

 

La ressemblance offre l’image. Mais jamais l’individu qui se moire ne s’échange en couleur lumineuse et en chaleur et reste illusion physique et virus de l’âme.

 

Etre est alors (encore !) supplanté par avoir. Il n’est rien derrière cette lucarne sans imagination possible, vendeuse de notre assurance, que notre étal à bavardage en guise de séduction d’avance gagnée.

 

Pourtant, personne n’appartient à personne. Et le reflet est tel écho de loup ne sachant taire les manteaux broutant en nuages de montagne et qui bien ensemble n’ont aucune conscience de leur si belle impression.

 

Alors celui qui n’aime les autres que par ressemblance finit en n’aimant personne, pas même lui – même désoeuvré ainsi au milieu des verbiages transparents du mensonge en l’éternelle solitude. Le virus s’est alors emparé des trésors de l’âme faisant souvenirs gâchés les couleurs et les chaleurs.

 

Les différences nous ramènent à nos forces et nos faiblesses. Mélodies sur accords se font lit de nuances pour souffle du temps. L’orchestre est complexe pour le chant au vent.

 

Une des vraies forces est d’admettre sa faiblesse. Il est vain d’écouter le reflet comme de tenter de voir l’écho et tout le monde le sait…

Quand soudain…


Tandis que la place s’étale dans un bruit diffus, le temps se fige par la lumière de ton regard habillé par la malice de ton sourire à faire blêmir celui de la nuit. Il n’est plus d’autre étoile dans mon souffle saccadé, en voyage sans boussole, guidé par un vent de tempête à la seule rigueur de ta caresse.

Quand soudain…

Le silence prend sens. Nous errons depuis quelques mots d’inconnus médusés dans l’étonnement qui se refuse  à sa raison. Il se répète comme pour revenir sur une erreur.

Quand soudain…

Certain du langage, la colère reprend le silence. Son souffle léger s’envole, irrattrapable comme un enfant qui court avec le rire de toutes les émotions. Tristesse, colère et peur se mélangent avec la joie encore vivace de l’instant d’avant.

Quand soudain…

Notre essentiel naissant devient malgré nous indécent. La joie est morte : fusillée loin de là. Il n’y a plus de lieux, plus de couleurs. Les larmes sont encore en caverne tandis que le soleil pétillant de nos verres n’a plus d’inclination dans ses messages de toute soif.

Quand soudain…

Le premier temps d’un amour qui s’avoue éclate avec l’écho des canons sans aucune raison tandis que d’autres, voilés par la folie, meurtriers et ignorants de la lumière de ces instants, se font exploser pour des idées aspergeant sur notre idylle comme sur leurs victimes une mort pour rien.

Quand soudain…

Il n’est plus d’autre étoile dans le souffle saccadé du monde, en voyage sans boussole, guidé par un vent de tempête à la seule rigueur du chaos.

Naissance de la jalousie


Marin sur rivages de tous dangers inconnus

Sur canine de mer, suffocant de jalousie,

L’eau perlée s’écrase lourde écorchée à nu

Par la lueur muette de tes fantaisies.

.

De vague en lame tu en oublies alors la mer

Qui admet tous tes zéphyrs et tait la douleur

Jusqu’à ne plus reconnaître l’embrun amer

Qui s’échoue sur les limons de toutes tes heures.

.

Fuite de nos regards pour quelques fugaces minutes

Abandon de ton vent en rêve de mauvaises brises,

De la corne, seul son souvenir te rend hirsute

Et vide le bonheur en son sens dans notre église.

.

Reflet d’un sourire brillant comme une belle parure

Le reflet n’a aucun écho, aucun parfum.

Il s’installe dans la solitude par la brûlure

Et écoule tous nos espoirs en sa propre fin.

Rengaine de vie


Rengaine de piano, en écho des spasmes de rivières, qui accompagne les cendres grises voletantes par le galop de la mort dont le chanfrein éclatant ne reflète qu’en mots muets des paroles aux sourires désormais figés.

Il ne reste que la caresse du vent dans les jardins colorés par les jacinthes qui s’endorment chaque soir sous les larmes retenues des espoirs.

Il reste l’essentiel qui te conte crescendo ta patience imposée en silence rinforzando.