Matinée


Aux premières brûlures du jour, en guise de réveil paresseux, ta lumière s’étire dans ton sourire. L’abandon des rêves devient le songe du jour qui s’infiltre en évidence bleue.

Nulle guerre dans ton regard d’espérance et seule ton rire moqueur accompagne l’humeur d’une mouette qui incendie d’arrogance et en sourire impossible, le soleil  du monde.

Un café noie la nuit qui se marie en fumée à sa douce compagne lactée et devient, en silence et à faire taire les ailes jalouses, le reflet du plus simple et  du plus fort bonjour.

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Douleur


à L. S.

Lumières passées qui s’accrochent au rideau noir du jour pour insomniaque pétrifié de peurs de douleurs.

Vertige d’un cri de l’évidence qui s’étire en vacarme de muets et se fond au mystère des aveugles.

Le secret mal façonné comme mensonge au jour est le bavardage tabou qui creuse la plaie.

Admettre la faiblesse du monstre est la force du pardon, le pansement sur le temps.

Alors dire haut pour ne rien entendre des murmures est comme statue célébrant l’horreur.

De juges, de médecins, de dieux, il n’est de lois ni de paroles qui assèchent le mal

Que m’importe ton déni, tes réminiscences et ta fuite ! Ta souillure d’amour est ton souvenir de bourreau qui te fait seule victime.

Ainsi, pour savoir nos vérités et vivre, je préfère taire une douleur vivace qui n’est plus la mienne.

Voyage


L’horloge du silence obscur de la caverne sonne en gouttes secrètes : la faveur de vie va naître.

Les tourbillons de hautes mains vertes caressent la brise et habillent d’ombres la transparence vitale en rire sur pierre de traversée.

Puis de soleil en lune, les reflets lovés de vallées étrangères sont désormais mystères unis et silencieux en berceuse de voyages pour la plaisance endormie sous les pleurs de quelques hauts fantômes.

Telle ligne d’encre, la phrase de terre qui s’étire jette son sens dans le poème de l’horizon.

Au crépuscule, l’azur étale sa couverture sur l’éclat du jour qui inonde alors l’inconnu d’un lendemain d’ici.

Au terme de toutes les lumières, tel puit initial, en une larme, mon regard marie les flots aveugles avec les chants d’étoiles qui dévoilent par ressacs et scintillements, le mensonge et l’espoir de l’éternité sur un fini.

Zouhair


Ton chant revêt les couleurs du rossignol à la Claire Fontaine, s’embrase et devient caresse d’étoile comme souvenir de la brûlure de jours.

Et tandis que la lumière de ta peau fait parler les mégères comme braillent les mouettes désolées de ne pas détenir le trésor des chaleurs tournant autour comme vautour,

Tu souris à la lune et donne vie par soleil de bois aux rayons de cordes à la brise s’envolant éphémère dans ton éternité.

Caps de couleurs


caps de couleurs

Photo : Boris Sentenac, droits réservés

Les couleurs gardiennes des filants fendeurs nourriciers scrutent l’Origine tutoyant d’un trait l’éternité fuyante.

Les rampes de mises à l’eau s’étirent sans prétention comme ce « pour toujours » amoureux et silencieux en douleur de patience jusque dans les eaux essentielles au secret révélé en éclats comme noyades d’étoiles.

Reflet de brûlure d’un diktat sourd aux soupirs des flots, aveuglé par ses fantômes de larmes passées dansant en ressac et pourtant trahies en langage d’un trait d’absolu, ainsi fuyant en cris coléreux et plaintifs de mouette tournoyante, les réminiscences témoignent de l’abandon du pardon.

Sur la surface, il n’est nul canon à embarquer par savoir. Pour tout cap de chaque couleur il y aura poissons et tempêtes au retour chantés, pour ne pas en pleurer, en mystères des profondeurs et fatalités des lumières, restant de ce fameux « pour toujours », mariés d’un trait d’éternité fuyante et en paix constante.