Voyageur du nouveau monde (dit fainéant…)


Tu as dévoré ta vitalité
Qui offrait ta lumière et ton sourire
Qui chantaient la promesse en tes lèvres.

L’or des longues heures est une chimère
Qui, insaisissable, est tel nuage
Qui s’enfuit de tes lèvres ouvertes.

Ta fatigue est un brouillard expiré
Qui s’effiloche du phare aspiré
Qui retient à rien tes lèvres gercées.

Tu bois le cap perdu de ton voyage
Qui s’écoule en saveurs de souvenirs
Qui piquent en espoirs tes lèvres séchées.

Tu travailles jusqu’en ton sommeil lourd
Qui ne berce les rêves de tes jours
Qui taisent tous les mots de tes lèvres.

Publicités

Sans sagesse


Les courbatures du matin
Désignent l’injure faite à la nuit
Et l’avertissement de la mort.

La nuit va se couvrir
De fatigues et de rêves
Hurlant de silence.

La mort n’existe
Que parce que la vie
Ne s’endort jamais.

Les heures violées
Sans sagesse de sommeil
Font soleil de vie.

« Fainéants »


Le ver de fer tente, en fermant ses portes, de reprendre son souffle en prenant ceux des missionnaires de chaque matin pour chaque semaine en les entassant.

Leurs silences dit leur identité. Ils sont tous à n’être plus qu’un avant qu’à la hâte à la halte ils happent le temps.

Ils abandonnent la caverne, le fer et leurs souffles sitôt à la lumière, bouches ouvertes comme cheminées renversées ne fumant alors que poussière.

Ils inspirent alors leur brave fatigue jamais tout à fait blanche ou tout à fait noire, jamais demandée grise.

La nuance pour la force est protocole de prétexte et en voilà quelques-uns qui ne rentreront que sans raisons de repartir demain. D’autres savaient déjà que même le temps n’a rien d’éternel sinon que dans l’abandon.

Au soir, inquiets et fatigués ils sauront le pire pour eux par mots paresseux de langage et portés par voix lointaine et haineuse de tous les mondes, après avoir hurlé son projet vide comme l’air semblant subjugué après une tempête, qu’ils sont fainéants.

Ou alors je ne sais pas, sauf pour quelques rares, peut – on penser qu’ils soient oisifs par leurs appréhensions et leur épuisement qui gâchent toujours et encore leur sommeil approuvé par leur rides trop jeunes qui ne savent pas l’heure ? …

Fin d’ardeur


La saison s’étouffe en solitude.

La fatigue paralyse le jour

Et chacun fuit sa mort derrière ses murs.

 

Le vent cherche encore à dénicher quelques trésors.

Il souffle sur les poussières des jardins

Avant de s’affoler dans les rues désertées.

 

Le silence est langage des souvenirs de la fougue passée.

Le présent s’effondre du ciel

Avant de pleurer l’avenir dans les rigoles.

 

Les lumières opulentes sur le sort des jours

Ne parlent de rien et rassurent en tromperies

Qu’éclaire l’espoir vain de la vie sur les paupières des jours.

Sécheresse d’océan


Comme du haut d’une potence,

Aucun vent dans la voile,

Rien pour parvenir au contre jour

Qui découpe le ciel

Comme une hérésie de l’horizon.

 

Sans sommeil mais en fatigue

Comme en gâchis d’énergie

La patience est mouvement

De toutes les vagues

Qui se succèdent comme des secondes.

 

Eau de poison

Sous soleil de sécheresse

Le bateau tel page blanche

Des mots absents

N’accueille que le silence

Figeant l’instant en sa danse.

 

Voguant de port en port

Mon espoir tel marin,

Défait à l’arrivée aveugle

De son prochain départ,

Glisse de mort en mort.

Evolution


Soleil tu bouleverses les ténèbres. Ainsi, tel un dieu tu es une possibilité passée juste en cours d’évolution. Tel un homme tu t’épuises jusqu’à ta déchéance.

En fruit de lumière et de chaleur, éclatant de couleurs promises mures en espoir de larmes avant de nous parer inévitablement de fatigue, comme l’astre est lumière, en miroir aux alouettes, on se fait sucre par préférence illusoire comme la promenade de l’ombre sur l’éternité.

Rien n’est irréel sauf la vérité qui, furtive et multiple, bien que nécessaire dans ses mystères, se fait mensongère.