Poésie 1


Le ciel a fermé sa paupière de nuages.

Son rêve éclaire sans ombre le matin qui sait le jour.

Le songe patiente comme un enfant soumis au temps

Et qui s’occupe en un ennui d’oubli.

 

Sonne midi.

 

Avec l’alphabet des étoiles promises

La poésie s’écrit sur la page des premières heures,

Se déclame du zénith au crépuscule et,

Au levé des tous les points scintillants

Qui ont fait nos phrases avant de les terminer,

Elle s’étale en silence de solitaire

Sur les ultimes espoirs mourants du vécu.

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Comme temps perdu


Chardon, photographie : Boris Sentenac tous droits réservés

Chardon, photographie : Boris Sentenac tous droits réservés

 

Quelle est donc ta vertu

Que tu gardes en ton cœur

Toujours insondable ?

 

Par ta couleur tu as

L’habit de l’instant mauve,

Crépuscule de l’adieu

 

Que suit celui grinçant,

S’ouvrant une ultime fois,

Sur l’éternel oubli.

 

Et tu te pares d’argent

Et t’étires tels rayons

Ne pouvant faire astre

 

L’énigme insondable

Entre ton grand secret

Et ta sauvagerie

 

A la caresse qu’ainsi

Heureux de ton malheur

Tu ne recevras pas.

 

Tu es l’invasion sèche

Du jardin en son rêve,

Du clos de quiétude

 

Avec tous ses sourires

Attrapés en plein vol

Par les quelques abeilles

 

Qui, chantant le silence,

Les relâchent à la belle.

Tu es gourmand d’éclat

 

Comme si son origine

De l’infini des nuits

Pouvait être ton or

 

Et tu oublies qu’il brûle

Sans ravir l’univers.

Tandis que toi chardon

 

Sec, tu finis vêtu

De mort et d’orfèvre

Mais en rien infini.

 

Quelle était ta vertu

Bien gardée en ton cœur

Pareil au temps perdu ?

Larme de rose


Au matin quand le silence ne sait si la louange de l’heure est déjà chaude ou encore froide, le temps à cet unique instant se fige et la terre timidement donne ses vapeurs tandis que le ciel n’ose encore les saisir.

 

Chaque jour commençant est le règne de l’ignorance fugace comme la vie, éternelle comme jamais aucune de ses empreintes. Le soleil en seule horloge s’élève pour faire de sa couleur la lumière pour la naissance des ombres et la brûlure des blés. La vie se fait avec la mort.

 

Le matin : un instant figé comme la mort, nous parle du nécessaire de la vie. De l’éternité mélangée au chaos comme pour défaire le néant qui guette. Et parce que l’on sait l’horizon aveugle du cyprès, horizon de murs pudiques ou horizon de l’éternité à la grille lourde et grinçante comme une insulte envers le silence, il ne se dit aucun mot.

 

Et puis soudain se fichant de la volonté des hommes, du ciel et de la terre, du haut de sa tige d’épines cohérentes à son caractère et paradoxales à sa beauté, sur sa robe froissée de rêves, se destinant à rattraper la pente du temps, perle une larme de rose.
Dans le même thème, découvrez le poème de Margot Roisin :
https://versantares.wordpress.com/2017/08/04/rose-rouge/

A la lisière du poème


A la lisière du poème
Le vent prend son souffle
Avant d’offrir
Les mots en nuages.

Le temps est partout,
Peu importe sa lumière,
En train de poussières,
Maintenant est ailleurs.

Le chant de l’oiseau
Est éternel.

Tout était déjà là
Avant d’écraser ton verbe,
entrain de souvenirs,
Tout est déjà mort.

Tes mystères
Et la réalité
Font ta vérité,
A la lisière du poème.

Ton voyage n’a que faire
De sa destination.

Boucle


L’homme nouveau sur terre ancienne

Ne parle que de son nuage.

Le pouvoir façonne les rêves

Sans jamais construire le sien.

 

La terre ancienne à l’homme nouveau

Parle de ses ors offerts puis repris sur ses mers.

Les rêves façonnent un temps

Sans jamais reconstruire le sien.

 

Les rêves sont les étoiles

Dont on ne devine l’ardeur.

Elles façonnent l’espoir sur leur lit noir

Sans jamais faire taire le cauchemar.

Chemin de vie


Photographie : Jean – Michel MELAT – COUHET, tous droits réservés.

 

D’un néant à un autre,
Tes souvenirs et tes projections
Accrochés à ton chemin,
Incrustés sur la cavité de ton temps
Reflétant la lumière aveuglante
Ainsi mystère parlant bonheur
Pour te séduire et te faire voyageur,
Tu ne sais vers quoi tu vas,
Tu ne sais que ce que tu crois.

 

Découvrez le regard de Jean – Michel Melat – couhet :

http://www.j2mc-photographie.fr/

L’âge d’un nuage


Le temps à l’âge d’un nuage.

 

Phénix des ères transparentes comme le lit des nuages qui en voyage marque ses heures, il se renouvelle sans cesse ici ou ailleurs.

 

Universel comme l’éternité, il étire son silence en l’instant de tous les temps.