Tic – tac d’hiver


A la recherche d’un trésor, la nuit a fouillé les petits paradis clos délaissés pour le soleil du foyer.

Surprise par le matin, elle a fui en abandonnant les galaxies de pierres précieuses, fait de lumière, de froid et d’eau, répandues en poussière de lune.

Le soleil va les souffler pour les polir comme cristal de larmes avant que la nuit ne revienne pour tenter à nouveau de s’en emparer.

Le temps s’égrène en cavernes de tes oreilles endormies et s’écoule en transparence des heures.

Le temps est un voleur qui ne se dérobe pas.

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Promenade


Le temps pédale sur le mur.
Son effort d’est en ouest
Traverse les ombres
Engourdies du matin
Et endormies du soir.

L’ordre muet efficace ici
Et dicté d’ailleurs,
Souvent par d’autres heures,
Fait nos mouvements
Du sien imperceptible.

Dehors, même lorsqu’ils semblent impatients,
On croirait que les nuages étrangers,
Usant d’une autre langue,
Ont choisi de l’ignorer,
Et que le vent tente de le souffler.

Riche d’impertinence
On s’est émerveillé au printemps,
Endormi en été, réalisé en automne,
Pour mourir en hiver,
Pauvre de sagesse.

Jamais pressé, et sans jamais oublier
Une seule seconde,
Sa course livre l’efficace ennui
De notre regard obligé
Sur son guidon d’aiguilles.

Nous le croisons se promenant
Mais nous ne pouvons
Que le regarder s’éloigner,
Ne pouvant le suivre
Car nous n’avons pas son équilibre.

Poésie 1


Le ciel a fermé sa paupière de nuages.

Son rêve éclaire sans ombre le matin qui sait le jour.

Le songe patiente comme un enfant soumis au temps

Et qui s’occupe en un ennui d’oubli.

 

Sonne midi.

 

Avec l’alphabet des étoiles promises

La poésie s’écrit sur la page des premières heures,

Se déclame du zénith au crépuscule et,

Au levé des tous les points scintillants

Qui ont fait nos phrases avant de les terminer,

Elle s’étale en silence de solitaire

Sur les ultimes espoirs mourants du vécu.

Comme temps perdu


Chardon, photographie : Boris Sentenac tous droits réservés

Chardon, photographie : Boris Sentenac tous droits réservés

 

Quelle est donc ta vertu

Que tu gardes en ton cœur

Toujours insondable ?

 

Par ta couleur tu as

L’habit de l’instant mauve,

Crépuscule de l’adieu

 

Que suit celui grinçant,

S’ouvrant une ultime fois,

Sur l’éternel oubli.

 

Et tu te pares d’argent

Et t’étires tels rayons

Ne pouvant faire astre

 

L’énigme insondable

Entre ton grand secret

Et ta sauvagerie

 

A la caresse qu’ainsi

Heureux de ton malheur

Tu ne recevras pas.

 

Tu es l’invasion sèche

Du jardin en son rêve,

Du clos de quiétude

 

Avec tous ses sourires

Attrapés en plein vol

Par les quelques abeilles

 

Qui, chantant le silence,

Les relâchent à la belle.

Tu es gourmand d’éclat

 

Comme si son origine

De l’infini des nuits

Pouvait être ton or

 

Et tu oublies qu’il brûle

Sans ravir l’univers.

Tandis que toi chardon

 

Sec, tu finis vêtu

De mort et d’orfèvre

Mais en rien infini.

 

Quelle était ta vertu

Bien gardée en ton cœur

Pareil au temps perdu ?

Larme de rose


Au matin quand le silence ne sait si la louange de l’heure est déjà chaude ou encore froide, le temps à cet unique instant se fige et la terre timidement donne ses vapeurs tandis que le ciel n’ose encore les saisir.

 

Chaque jour commençant est le règne de l’ignorance fugace comme la vie, éternelle comme jamais aucune de ses empreintes. Le soleil en seule horloge s’élève pour faire de sa couleur la lumière pour la naissance des ombres et la brûlure des blés. La vie se fait avec la mort.

 

Le matin : un instant figé comme la mort, nous parle du nécessaire de la vie. De l’éternité mélangée au chaos comme pour défaire le néant qui guette. Et parce que l’on sait l’horizon aveugle du cyprès, horizon de murs pudiques ou horizon de l’éternité à la grille lourde et grinçante comme une insulte envers le silence, il ne se dit aucun mot.

 

Et puis soudain se fichant de la volonté des hommes, du ciel et de la terre, du haut de sa tige d’épines cohérentes à son caractère et paradoxales à sa beauté, sur sa robe froissée de rêves, se destinant à rattraper la pente du temps, perle une larme de rose.
Dans le même thème, découvrez le poème de Margot Roisin :
https://versantares.wordpress.com/2017/08/04/rose-rouge/

A la lisière du poème


A la lisière du poème
Le vent prend son souffle
Avant d’offrir
Les mots en nuages.

Le temps est partout,
Peu importe sa lumière,
En train de poussières,
Maintenant est ailleurs.

Le chant de l’oiseau
Est éternel.

Tout était déjà là
Avant d’écraser ton verbe,
entrain de souvenirs,
Tout est déjà mort.

Tes mystères
Et la réalité
Font ta vérité,
A la lisière du poème.

Ton voyage n’a que faire
De sa destination.