L’éventail et la bougie


Dans la nonchalance de l’été, l’éventail a dansé le flamenco. Sa dentelle évoquait le mystère d’un sourire que la bougie de l’hiver, en quelques réminiscences dansantes, veille.

Le souvenir fond et se fige sur son réel. Puis, de l’ardeur de la saison ne reste que l’épuisement d’un passé devenu prière.

L’éventail fermé ne peut pas même chasser la poussière qui le couvre du regard froid de l’hiver.
La solitude a soufflé sur toutes les lumières sans insuffler quelques ondulations aux voiles de discrétion figés face au monde vitré.
Les étoiles baissent leurs regards sur les bruits devenus habillages de songes.
Répétées, les saisons ne parlent que des prochaines tel mensonge d’elles – même pour ultime bonheur jusqu’à la dernière.

Sérénité


Les rêves s’envolent vers le phare de tous les sommeils
Qui, borgne aujourd’hui, souriait à nos regards distants.
Il n’est pas encore de savoir ni de promesse pour ce jour.
Le soleil au travers des volets étale sa dentelle de silence
et, caressant le mur, s’étire lentement en sourire
Saluant la sérénité de ma solitude.

De notre amie


A Céline,

 

Terrasse engourdie, place de la Sorbonne, de la vigne de la nuit, il reste un jus chaud dont l’univers de tasse blanche montre ses galaxies de mousse et de bulles comme autant de regards différents se liant.

Soudain, venant de loin, la brise me salue d’une caresse mesurée. La solitude par ses mots de silence, prend la parole du souvenir de ses sourires anisés des chaleureux crépuscules de Marseille d’où vient peut – être ce souffle.

L’instant solitaire de la distance n’est pas lame à couper la corde de l’horizon, il a l’âme du lien. Le bonheur n’a que les conditions qu’on lui donne.

Gravité de l’amour emporté au loin, il nous reste, à nous trois, la gravité de notre amitié gardée. Elles continuent de tournoyer à deux pour une et à une pour nous. Ma cuillère a fait taire la solitude furtive des heures obligées de la journée qui s’est noyée dans mon café avant de l’avoir bu. Il s’écoule maintenant, chargé de tous les instants sur l’univers de ma page blanche en mon poème.

Soufflé


Après que le vent eut laissé les abeilles faire leurs voltiges,

Après qu’il eut, comme d’une seule main, suspendu les parfums,

Le voici qui se lève comme pour tout emporter,

Eveillant alors la solitude en manteau.

 

En bourrasque, il la secoue et semble la provoquer,

Il dépoussière le silence endormi dans les oreilles

Et gratte les regards qui ont déjà oublié

Le sourire éclairé par la lumière du miel.

Pourtant tout est possible


Tandis que le soleil se sèche sur quelques nuages de son bain, sa lumière propre augure la fête qui se prépare.

 

Les arbres tendent leurs bras vers le ciel pour imprimer les innombrables confettis qui se jetteront comme amours de jeunesse dans le vent avant de faire tapis soufflé dans l’oubli.

 

L’ardeur fera monter la gourmandise avant l’ultime brûlure qui ne laissera que vieillesse froide en guise de couverture pour sommeil de solitude.

 

Le printemps est comme un leurre qui se répète pour désigner ce qui est en ce qui n’est plus.

 

Vérité sourde juste entendue, la réalité dit pourtant à qui l’écoute que tout est possible.

Monde à venir


Photographie : Boris Sentenac (droits réservés)

Photographie : Boris Sentenac (droits réservés)

 

Phares endormis d’un temps de mémoire dans un océan du temps aveugle de lumière, l’éclat en silence habille en ombre la flèche s’étirant vers les étoiles invisibles.

 

Sur la lumière se dessine l’hiver où à chaque extrémité se disent toutes les promesses en solitude froide.

 

Le rempart des fenêtres, chacune unique pour le même reflet, fait secret les regards comme autant de vérités qui s’unissent dans le même mensonge, décrié mais consenti, de la cité.

 

Espoir perdu de bâtisseurs, on accuse le temps d’en être le voleur pour continuer la persuasion de la raison.

 

Océan du temps aveugle de lumière sur phares endormis d’un temps de cauchemar à venir, l’éclat en tintement n’habille qu’en nombre l’indice s’écrasant sur nos larmes d’étoiles.

Paradoxe


La mer est possessive et, masquée en chants de marins, solitude de bateaux.

 

La plage est infidèle par nature, acceptant toutes les caresses de chaque vague passante.

 

Il n’est aucun mot à la simple perception de la réalité tandis que tous se pressent sur les vérités du sable, comme les poèmes sur les déserts blanc.