Les arbres soupirent


Le secret est mort étalé comme une étoile, asséché par la lumière tandis que n’avait jamais été entendu par personne que l’haleine de poussière de la lampe de chevet, seul témoin éclairé.

Il est mort exécuté en n’entendant que l’écho de ses bourreaux.

Puis un linceul de nuage s’est effondré sur sa dépouille tirant un rideau de pluie et de fausse pudeur et chacun s’est fait égal au condamné derrière les fenêtres.

Leur ombre par l’âtre parlait d’erreurs et de doutes faisant rire le mystère du secret.

Depuis, élancés vers la lumière, mais retenus par leur terre et giflés par les vents, les arbres soupirent.

L’avenir comme un oubli


A tous les temps on devine
L’avenir comme un oubli.
Le passé lu au futur
Sur la page du présent
Qu’on tourne éternellement
Fait transparents tous les mots
Du mystère que l’on sait.

Notre père de mort


Tandis que l’eau s’esclaffe en s’écoulant,
La transparence en chacun
Ne peut être qu’en se disant.
Le mystère est une sécheresse
Que seules quelques larmes tentent en vain
De perler comme quelques étoiles
Tandis qu’il devient notre manteau,
Tandis qu’il est froid et souffle toute flamme,
Tandis qu’il est notre père de mort.

Chemin de vie


Photographie : Jean – Michel MELAT – COUHET, tous droits réservés.

 

D’un néant à un autre,
Tes souvenirs et tes projections
Accrochés à ton chemin,
Incrustés sur la cavité de ton temps
Reflétant la lumière aveuglante
Ainsi mystère parlant bonheur
Pour te séduire et te faire voyageur,
Tu ne sais vers quoi tu vas,
Tu ne sais que ce que tu crois.

 

Découvrez le regard de Jean – Michel Melat – couhet :

http://www.j2mc-photographie.fr/

La toilette


la toilette

La toilette (Toulouse – Lautrec)

L’heure est à la rêverie des eaux. Le reflet s’écoule sur la peau faisant flaque de linges et horizon de mur.

 

Tu abandonnes les souillures devenues habitude et mérite de repos au couple de sièges immuables à l’instant car figés en trônes des fatigues d’heures tardives qui ont oubliées le temps.

 

Chaussée de nuit et assise sur tapis de ténèbres comme contraste sur le plancher du répit, ton visage est le charme sans fard d’une douce voix de silence sage et d’un regard en voyage vers les étoiles douces de ton sourire rêveur avant que la réalité ne te prête mots non choisis à propos de l’escalier pour paradis désuets, pour gain de pain quotidien.

 

De ces souillures de toutes les solitudes devenues habitudes, la toilette se finit en perle comme seules larmes de fraîcheur au reflet de tes rêves mystérieux comme ton visage fait beauté de ton présent.

 

A lire, le poème  » Caméléon  » sur le même thème, de Margot Roisin :

https://versantares.wordpress.com/2016/01/04/cameleon/

Voeu


Comme aucun vacarme, le cri du propos n’en est pas la force. Il n’est que tempête venue du désert du bonheur. Son souffle n’est que transparence de revenants. Il n’engendre que la crainte sans jamais se faire respect.

 

Fermer les yeux n’efface aucun fantôme.

 

Il n’est de spectre que celui de nos faiblesses. A chacun, à chaque communauté, sans rien renier d’essentiel, en ce moment d’espérance comme en tout autre pour chacun, en cette époque charnière pour tous, puisque nul ne sait si la poussière de l’horizon vole par colère ou en sérénité, pour qu’éclate alors la peur des mystères et que les cris deviennent chants, je souhaite la force d’admettre les mots simples à dire de chacun dans sa sincérité comme à entendre dans la tolérance par tous. Je souhaite à tous les mots simples de toutes les vérités.

Matin


Les empreintes de tes rêves deviennent lits de l’oubli.

 

Au réveil, le ciel est comme page blanche de poète.

 

Au loin, des poussières d’oiseaux survolent l’horizon déchiré des matins.

 

La couverture de vapeur enveloppe en mystère la colline.

 

Elle fait face à son reflet d’évidence par la lumière.

 

L’heure se donne par le soleil qu’on croirait injuste comme la chance.

 

Tandis que l’oubli lisse ton visage,

 

Le ciel se charge des larmes et des sourires de la journée.