Sur la page blanche comme la nuit


On arrose de mots
Les pleurs fanés
Qui s’écroulent du cœur
Et qui voutent le dos
En s’appuyant sur le temps.
Le cœur est lourd
Comme une armoire
Qui ne cesse d’être remplie.
Si de temps en temps on l’ouvre,
C’est juste pour croire
Qu’on la vide comme on croit
Que la page se noircit
Par l’encre luisante
Du poème déjà sec.

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Sécheresse d’océan


Comme du haut d’une potence,

Aucun vent dans la voile,

Rien pour parvenir au contre jour

Qui découpe le ciel

Comme une hérésie de l’horizon.

 

Sans sommeil mais en fatigue

Comme en gâchis d’énergie

La patience est mouvement

De toutes les vagues

Qui se succèdent comme des secondes.

 

Eau de poison

Sous soleil de sécheresse

Le bateau tel page blanche

Des mots absents

N’accueille que le silence

Figeant l’instant en sa danse.

 

Voguant de port en port

Mon espoir tel marin,

Défait à l’arrivée aveugle

De son prochain départ,

Glisse de mort en mort.

Tard sur sa page


La nuit rouge prépare aux abondants bavardages
Qui s’effacent à la lumière brûlante
Comme le silence
Ne prend jamais sa place.

Le regard dilaté se noie dans l’heure oubliée
Qui s’impose en lumière d’un long silence
Comme le bavardage
Ne dit jamais sa place.

La Tache de lilas éclot sur la chemise blanche
Qui parle du néant de cet instant blême
Comme le poème
S’allonge sur sa page.

Poème


Je suis tel un volcan.

L’essentiel brûle en moi

Et dilate mes rêves.

Puis le réel brillant

Jaillit comme un secret,

Comme la mort d’une étoile,

Et s’écoule sur ma joue

Pour devenir poussière

Ou sable sur la plage.

Fossile de vie figé

Qui s’endort sur sa page

Tous les mots vers le ciel.

S’étale le nouveau né

Dans son cri de poème.

Le sexe de la page


Sans qu’il n’y ait de cimetière que pour soi, à l’heure qu’il faudra,

Chacun devient mère par procuration

Comme pour vivre l’envol des siens, quand il ne reste plus,

Qui amuse ta page réclamant son sexe pour enfanter alors l’invisible essentiel,

Que le bavardage de vieux rideaux de la fenêtre devenus obsolètes.

Matin


Les empreintes de tes rêves deviennent lits de l’oubli.

 

Au réveil, le ciel est comme page blanche de poète.

 

Au loin, des poussières d’oiseaux survolent l’horizon déchiré des matins.

 

La couverture de vapeur enveloppe en mystère la colline.

 

Elle fait face à son reflet d’évidence par la lumière.

 

L’heure se donne par le soleil qu’on croirait injuste comme la chance.

 

Tandis que l’oubli lisse ton visage,

 

Le ciel se charge des larmes et des sourires de la journée.