Stupeur d’hier


De l’écho, il ne reste que le silence,
Fossile gris de sourire
Sur la renaissance des couleurs.

L’empreinte d’un souffle
N’a retiré du chemin
Aucune poussière du monde.

Les nuances découvertes
Font ta laine et ses nœuds
Et la stupeur du prochain hiver.

Empreintes épargnées


Le voyageur au temps compté absorbe la lumière et ses fruits de couleurs et tente, même momifiées, de garder leurs vies sur l’ombre tels ses éclats de rires sur ses mots de consonnes.

En ce lieu déjà du passé, la photographie est un trésor futile, une épargne rassurante avant d’être gardien de souvenirs sur lesquels on appose sa signature qui s’étend fièrement sur l’endroit et l’instant à la fois comme pour en faire siens.

Mais aucune empreinte ne se lie qu’en oubli et ne se lit qu’au présent.

Quotidien


 

Au loin, dans le matin froid, la montagne Sainte Victoire fumante de ses rêves joue sagement à cache – cache avec les collines vertes qui glissent dans le quotidien terne et presque transparent du passé drapé d’habitudes linéaires que chantent en monotonie majeure toutes les minutes des trente cinq du bus au sens des heures à pointer.

 

Dans le néant du soir d’hiver, me voici conscient de la langueur obligée passée et dans le déni de la fugacité de l’essentiel simple à venir. La monotonie est alors virgule des temps. No man’s land comme enfance aveugle sur les minutes qui ressemblent aux heures.

 

L’oubli se coince pincé dans l’empreinte, comme la route, entre les reliefs du matin et ton sourire du soir. Le temps n’est rien.

Matin


Les empreintes de tes rêves deviennent lits de l’oubli.

 

Au réveil, le ciel est comme page blanche de poète.

 

Au loin, des poussières d’oiseaux survolent l’horizon déchiré des matins.

 

La couverture de vapeur enveloppe en mystère la colline.

 

Elle fait face à son reflet d’évidence par la lumière.

 

L’heure se donne par le soleil qu’on croirait injuste comme la chance.

 

Tandis que l’oubli lisse ton visage,

 

Le ciel se charge des larmes et des sourires de la journée.