Le jour s’est levé


Je ne rêve plus depuis que j’ai abandonné l’envie de pouvoir.

J’ai alors relus l’espoir inscrit en encre d’étoile.

Puis le jour s’est levé.

Rêve d’un regret


Là-bas,

Le soleil éclate son silence tandis que les rues se gardent l’ombre comme un chuchotement destiné aux passant qui flânent sur leurs bavardages.

Plus loin, la mer chatouille les galets qui, en se fichant des rêves d’horizon, rient des quelques mouettes hurlant sur la lumière, telle la colère sur un trésor perdu.

 

Ici,

Les oiseux clignotants déchirent l’absence des couleurs et violent le vent en cris d’insultes continues sur ta plume chargée des instants de sourires passés.

Plus loin, les insectes de fer avalent les faces cachées du bonheur qui, en éclipse constante au lointain, taisent leur fantasme d’aller comme un retour, comme tu es soumis au trésor espéré.

 

Partout,

L’élan est tel le rêve d’un regret.

Inexistence du présent


Comme un bouquet d’étoiles qui ne fane jamais et trompe le temps,
Le présent n’est que jonction entre ce qui vient de passer et l’inconnu à venir.

Juste une sensation, il ne peut même pas être plus furtif qu’un sourire dans un rêve
Qui étale en mémoire la chaleur de tous ces mots sur tous les lendemains.

Fraction d’apaisement en langage mensonger, rien n’est statique sinon que la mort.
Le présent ne se choisit pas. Il ne peut être que l’éternité qui s’impose et glisse en oubli.

L’oubli du rêve


dessin Etéri

Dessin : Eteri Ramani (tous droits réservés)

Ton rêve délavé

S’échappe une ultime fois

Et tu tentes de le retenir

En ton dernier sourire.

*

Il te parle d’hier

Tandis que, vaporeux,

Il s’échappe enfin

Vers son éternité

Pourtant tant redouté.

*

Dernière caresse,

Ton sommeil recouvert

De toute la quiétude

De l’oubli pour l’espoir

Sera le souvenir

Qui te fera sourire.

*

Demain, céruléens,

Les cieux t’arracheront

À l’unique horizon.

Flamme de vie


Souffle

La bougie qui se déshabille
A mesure que la lumière
Fait la cause de sa corde
Avant de s’éteindre
Dans son sommeil
Alors délié de raison,

Et rêve

Alors délié de raison,
Dans ton sommeil
Avant de t’éteindre
D’être la cause de la corde
A mesure que la lumière
De la bougie qui se déshabille

Souffle tes rêves.

 

Naïveté ultime


L’orchestre du silence

Joue sa symphonie

En parfum majeur.

 

Habillées de poussières d’or,

Les abeilles scient la brise

Sur l’éternité de ma paresse.

 

Les rares nuages sont les sentinelles

De l’instant salués de leurs mains vertes

Par quelques faiseurs d’ombre bien fraîche.

 

 

 

Plus de musique, le parfum pique,

La brise découpée souffle comme le vent

L’orage menaçant ramène le temps.

 

Les rêves sont vivants

Et jamais menteurs

Mais, comme nous, ils meurent.

Vide


Sur la table une araignée de tabac agonise d’être ce qu’elle n’est pas.

Pas de rêve qui s’élèverait comme fumée dans son regard qui n’existe pas.

 

Déjà morte, loin des champs que l’on sait sans en avoir un souvenir,

Elle est comme le raisin en guise de népenthès.

 

En patience de fatigue, me voila devant rien me parlant

Du monde qui, comme mon heure, se remplit de vide pour être.