Poésie 8


Un avion griffe la patinoire noire des rêves comme pour signifier leur limite avec le cauchemar.

Il lance dans l’écho du silence, son salut de passage à la terre endormie et, tels des clins d’œil, il s’amuse avec les étoiles.

Lui, imperturbable dans sa mission, ne voit rien.

Le langage des distances étranger au langage de chaque instant, amène à un même sens à venir fait de différences liées à l’instantané : je reste son inconnu, tandis qu’il glisse dans mon oubli.

Publicités

Riches de différences


Les vagues des mers

Sont paroles d’égalité

Désespoir des terres.

 

Nul voyage en mer

N’est oubli pour un espoir

Trop d’étoiles au ciel.

 

De mer en rivière

De solitude en amour

Les souvenirs naissent.

 

Avant le retour

Face aux vagues des mers

Paroles de nuances.

 

Des îles de montagnes

Sur paroles d’égalité

Tu rêves tes prairies.

 

Le diktat des flots

En mensonge de reflets d’or

L’horizon se tait.

 

Sauf s’il te réduit

Telles les vagues identiques

Tu aimes les écarts

 

Louable qu’aux lois

L’égalité est néant

Dire l’indifférence

 

Comme chacune des joies

Aucune larme n’est commune

Richesse de la vie.

Maigre reflet


Celui qui n’aime les autres que par ressemblance n’aime personne sinon que lui – même. La profondeur de l’inverse ainsi bien trop plate et froide est aveugle à l’œil qui s’y noie.

 

La ressemblance offre l’image. Mais jamais l’individu qui se moire ne s’échange en couleur lumineuse et en chaleur et reste illusion physique et virus de l’âme.

 

Etre est alors (encore !) supplanté par avoir. Il n’est rien derrière cette lucarne sans imagination possible, vendeuse de notre assurance, que notre étal à bavardage en guise de séduction d’avance gagnée.

 

Pourtant, personne n’appartient à personne. Et le reflet est tel écho de loup ne sachant taire les manteaux broutant en nuages de montagne et qui bien ensemble n’ont aucune conscience de leur si belle impression.

 

Alors celui qui n’aime les autres que par ressemblance finit en n’aimant personne, pas même lui – même désoeuvré ainsi au milieu des verbiages transparents du mensonge en l’éternelle solitude. Le virus s’est alors emparé des trésors de l’âme faisant souvenirs gâchés les couleurs et les chaleurs.

 

Les différences nous ramènent à nos forces et nos faiblesses. Mélodies sur accords se font lit de nuances pour souffle du temps. L’orchestre est complexe pour le chant au vent.

 

Une des vraies forces est d’admettre sa faiblesse. Il est vain d’écouter le reflet comme de tenter de voir l’écho et tout le monde le sait…

Noyade des différences


La mer te raconte ses souvenirs d’horizon qu’elle dit en ressac, confondant son éternité avec l’instant de tes soupirs.

Tandis qu’elle s’étale épuisée de souvenirs qui rident le sable d’espoirs agonisants, le tombeau de joies avortées n’ayant que faire de tes sanglots est frontière entre renoncement et volonté.

Tandis qu’elle recule refusant l’abandon, la fatigue la soumet à nouveau. Elle ne peut, en silence choisi, taire en mystère de flots ton désir d’îles transparentes d’ici.

Tes larmes d’étoiles s’écoulent sur le bassin de sanglots d’une vérité à jamais rendue sourde. Pourtant, à l’instant de la noyade des différences, tu vois le trésor de chaleur faire sa quiétude de l’horizon.

Vogue plutôt que de sombrer dans les paroles submergées puisqu’il te reste à vivre…