Eclairs pétrifiés


L’été pulvérise l’éclat qui retombe en couleurs. Intense, il n’offre de pluies qu’à coup de déchirures électriques. Fulgurantes, elles vibrent sur ce qu’elle touche comme un souvenir qui vient de naître et se dit comme une parole retenue mais que tout le monde entend.

Aux vieilles racines de l’arbre s’étend sa vie que l’hiver dévoile tels éclairs pétrifiés.

Vaine espérance


L’arbre hale le long voile du ciel

Avec la corde usée de l’hiver

Et s’apprête à tirer son rideau vert

Pour être été.

Pourtant il nous reste qu’à regarder

Durant quelques jours froids de savoir

La belle offrande de lumière blanche

Sur l’espérance perpétuelle

D’avoir été.

Silence


L’été est la saison des ressentis.

Le silence est le discours des nuages.

J’emprunte ici à celui qui passe

Ses quelques mots blancs

Pour discuter avec la fontaine

Qui me parle, elle,

Du bonheur de son voyage.

 

L’hiver est la saison de la pensée.

Au chaud, derrière son voile,

La fenêtre m’offre le monde

Qu’il traverse incessant

Avec son bruit désordonné

Pour vocabulaire précipité

En course contre le temps.

 

Toujours constant,

S’accommodant de tous les mots,

Traversant les saisons,

Ne pliant à aucun cri,

Calmé de toutes les chaleurs,

Se disant pour rien et en sourire,

L’amour me parle en silence.

Ciel des nuits d’été


Nous avons cherché du regard notre espoir et nous avons vu un ciel qui semblait promettre la pluie sans jamais s’écrouler.

Nous étions plus fort ensemble en batissant sur les menaces qu’aujourd’hui en larmes de soleil et sourires sincères, en paroles de paix et d’avenir en mots d’interdits que l’on croit en perfection tandis que nos batis ne s’élèvent qu’avec l’effet de l’abandon vers le ciel des nuits d’été qui reste le seul à parler vrai.

Saisons de paroles


Le bourdonnement de bavardages ne se promène plus depuis leur ombre verte.

A chaque clin d’oei, tout s’endort.

Et le printemps se rêve, l’été se chante, l’automne se dit, tandis que l’hiver se sait.

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Pour voir le film  » Saison de paroles  » cliquez sur le lien suivant :

https://borissentenac.wordpress.com/2019/10/13/saisons-de-paroles-film/

Impression d’été


Les couleurs vernies de lumière

S’endorment sur les lourdes heures

Sans aucun reflet étourdi

Du haut du ciel de la saison :

Absolu en son évidence

Comme une aimable austérité

Qui pour tous définit le rêve,

Tandis qu’imperceptiblement

Seul le souvenir imparfait

Sur le réel intemporel

Nous chuchote déjà sa brèche

Que nos vies en sanglots d’hiver,

En un seul langage, traversent.

De plumes


 

L’été dernier,

Les hirondelles cisaillaient

Les bourdonnements des chaleurs ondulantes

Et mystérieuses des murs.

 

Cet hiver,

Les tourterelles enroulaient

Le silence des ardeurs odorantes

Et secrètes des cheminées.

 

Hier,

Les merles saluaient

La sagesse de la lumière flottante

Et maquillée des ombres.

 

Ce soir,

Les chouettes figent

La peur sur les heures ignorantes

Et aveugles des différences.

Sourire d’espérance


 

Photographie Boris Sentenac

Photographie Boris Sentenac

 

L’heure, par nature silencieuse comme l’éternité,

Sonne en éphémère et timide muguet

Les chaleurs et les sucres de l’enfance

Laissant ainsi stoïques les patients cyprès

Des murs des souvenirs sous dalle de mystère.

 

Fils d’un jeune soleil et de l’ombre,

Tu es un petit brasier d’espérance sur tige

Dans lequel, en lumière, tinte simplement

Le parfum qui ne s’offre qu’à l’instant

Et s’étire, comme l’été à venir, en sourire.

Fin de l’été


Comme accroché à leurs longues cordes blanches arrachées aux terres qui veillent l’été mourrant, les avions éparpillent leurs rêves d’horizons.

Phrases silencieuses mais sans mystère du ciel, la lune les ponctue en un point de craie.

Puis, le royaume simple de la lumière se refait marbre avant un dernier vent voleur des parfums et stupeur des cigales.

De ces pays de souvenirs mérités, les vieilles pendules de chaque maison qui se répondaient dans les rues, continuent de sonner midi dans l’oubli d’un temps fluorescent sans nuances de vérités, étouffé par la réalité.

Nuit du matin débordant des rives du jour, le diktat du néon en compensation hystérique au bonheur redevient raison.

D’été


Midi d’été : vagues d’ombres et de lumières sur les couleurs de la nappe festive. Comme pour évider ta pierre caressée par la brise essoufflée, l’hypnose des nuances de la chaleur et des bouteilles à vider te cache, comme un arbre, ta forêt de pudeur aux zébrures mauves des nuits aux réminiscences salutairement inapaisées de soleil.

Minuit d’été : au rythme vert et improbable d’un désert scintillant de vie en vagues de vent, le mystère de ta vérité t’accompagnera vers le désespoir d’une éternité arrangée qui fera de ton essentiel ta propre perte.

Alors, midi reviendra d’avoir été…