Les arbres soupirent


Le secret est mort étalé comme une étoile, asséché par la lumière tandis que n’avait jamais été entendu par personne que l’haleine de poussière de la lampe de chevet, seul témoin éclairé.

Il est mort exécuté en n’entendant que l’écho de ses bourreaux.

Puis un linceul de nuage s’est effondré sur sa dépouille tirant un rideau de pluie et de fausse pudeur et chacun s’est fait égal au condamné derrière les fenêtres.

Leur ombre par l’âtre parlait d’erreurs et de doutes faisant rire le mystère du secret.

Depuis, élancés vers la lumière, mais retenus par leur terre et giflés par les vents, les arbres soupirent.

Nous on dénoue


Le soleil occulte les étoiles et inonde le ciel de sa lumière.
Elle s’écoule jusque sur les innombrables feuilles argentées des oliviers bien alignés dans un champ de poussières.
Sans espace comme se noue ce poème, par la brise qui les lit ensemble, les oliviers frétillent de leurs consonnes tandis qu’ils préparent leurs voyelles enrobant l’origine de l’avenir.
Arbres centenaires, à cet instant unique de lumière et d’ombres, tandis qu’en une voix de cigales, comme le passage du devenir en souvenir, après que chacun ait dit « non » de vos fruits, vous dites « nous » comme un jeu.
Devant, seul, multiple, libre de mes genoux, du regard je me noue à vous et vous dénoue.