Secret de métro


Tandis que d’autres braillent
Comme pour se persuader
D’être alors bien vivants,

Du lacis de néons
Dans le wagon patient,
Toute vêtue de peine,

Son regard perdu plonge
Dans l’horizon fuyant
De sa mélancolie.

Sa larme funambule
N’ose pas scintiller
A l’espoir inconnu.

Là, un souvenir passe
Et elle lui offre alors
Un trop furtif sourire

Avant qu’elle ne reprenne,
Nue de tout artifice,
Son masque gris de deuil.

Par la correspondance,
Son secret est happé
En bien d’autres dédales.

Son absence est alors
Tel si fine dentelle :
Un fantasme discret.

Et de ces instants riches,
Impossible caresse,
Apparait le poème.

Publicités

Le secret éternel


 

Photographie : "Midnight run" J2MC, droits réservés

Photographie : « Midnight run » J2MC, droits réservés

Quel fantôme a pour promenade la voûte de chemin de traverse étranger, sombre comme la nuit, porte de l’ultime peur qui naît de la colère et du désespoir ?

 

Le vertige du regard figé sur les dernières secondes de l’évidence plonge au-delà du cri de l’instant, incapable de s’accrocher sur les ombres artificielles qui bavardent sur le mouvement qui s’effondre soudain, comme au cœur de la spirale infernale qui tourne dans le sens du temps à la renverse.

 

Abandon de conscience, l’effondrement du monde qui nous dévore, fort de la vitesse du manque de temps, dicte l’inéluctable en secret éternel.

 

N’hésitez pas à consulter le site du photographe J2MC

https://www.flickr.com/photos/walberthur/

Du secret au mensonge


Le soleil d’orage est semblable au regard d’aveugle. Ne reste qu’un reflet de bulles qui encadre et nourrit les flots des rigoles qui s’étirent sans rien tirer d’aucune rue aux maisons alors silencieuses.

 

Les secrets des larmes de chacun cachés derrière chaque fenêtre comme trésors et hontes à la fois se traduisent sur les différences de tous en masque des nôtres et en modèle des excès du ciel s’effondrant (inutile comme tout excès, ignorance et mépris) sur la terre.

 

Justification en hiérarchie normalisatrice et en silence de nos propres mensonges, d’une grande violence en signature de vulgarité et s’étalant en artifice de force de gouaille, notre identité injurie toute humanité pour n’en faire qu’un outil servant notre excès d’orgueil.

Monde à venir


Photographie : Boris Sentenac (droits réservés)

Photographie : Boris Sentenac (droits réservés)

 

Phares endormis d’un temps de mémoire dans un océan du temps aveugle de lumière, l’éclat en silence habille en ombre la flèche s’étirant vers les étoiles invisibles.

 

Sur la lumière se dessine l’hiver où à chaque extrémité se disent toutes les promesses en solitude froide.

 

Le rempart des fenêtres, chacune unique pour le même reflet, fait secret les regards comme autant de vérités qui s’unissent dans le même mensonge, décrié mais consenti, de la cité.

 

Espoir perdu de bâtisseurs, on accuse le temps d’en être le voleur pour continuer la persuasion de la raison.

 

Océan du temps aveugle de lumière sur phares endormis d’un temps de cauchemar à venir, l’éclat en tintement n’habille qu’en nombre l’indice s’écrasant sur nos larmes d’étoiles.

Epines de rose


Larme matinale sur la rose piquante

Du jardin desséché, derrière ma lucarne

La nuit se fait absence comme le refus

D’un avenir devenu redouté.

L’interdit déserté du parfum rouge et léger

Porté par ta main pareille à la brise

Qui caresse le flâneur du printemps,

Restera froissé comme le secret

Pareil aux sourires du jour à traverser

Ressemblant à l’indifférence à venir

Confondue à l’oubli tant souhaité.