Vagues journées en journée vague


Tandis qu’elles sont prévisibles,

Chaque vague est imprévisible.

Seul sur l’océan loin des terres,

Le radeau, par tous les vents divers,

Vogue toujours vers l’horizon :

Celui des hommes en leur croyances,

Et le nôtre propre en mensonges,

Délaissant le silence essentiel.

Parler au souffle en langage

Appris du monde : fruits des canons

Lourds telle la raison sur l’amour

Fait du temps fuyant un voyage

Errant vers la seule et pauvre clarté.

De vagues journées en journée vague.

Réveil


La poussière de bruits de rues voisines s’envole jusqu’à mon regard.
Les hirondelles déchirent et recollent le ciel.
Furtivement, avec la discrétion de l’éternité,
Le temps ne franchit plus ma fenêtre :
Il s’imprime en blanc vaporeux sur le rêve ensoleillé,
Tandis que les ombres font l’alphabet de l’instant.

A mesure que les secondes étirent leur drap de sommeil,
La curiosité s’éveille lentement,
Soufflant comme la caresse d’une brise légère
Les restes du vacarme des paupières sourdes de la nuit.
Il s’efface en oubli vaporeux sur le monde illuminé
Tandis que les mots feront les ombres de la journée.

Journée


Fin du périple de l’éternité de cinq jours répétés.

 

Je verse, pressé, le sang de la plume qui sèche alors

Sous le désert des verbes luminescent à Entrée.

 

Sous une galaxie de néons ordonnés,

Nous voici apôtre de lumières figées

Pour donner sens au système de notre soleil de bureau.

 

Steak haché pour rythme fauché de sens lacérés en bruits de mots

Comme masque obligé qui déguise en nécessaire le silence de nos cosmos

Ainsi rendus anonymes comme la galaxie de néons

Dont on puise à nouveau, comme un oubli, la ressource jusqu’à

 

La fin du périple de l’éternité de cinq jours toujours à répéter.

Journée


Sur l’écran de ma fenêtre,

Mon embaumeur : L’ennui du monde,

A diffusé, céruléen,

Le désert de mon rêve.

 

Quant aux collines,

Sanguines comme honteuses de leur gloire,

Elles témoigneront, en larmes matinales,

De la noyade de la lumière.

Matin


Les empreintes de tes rêves deviennent lits de l’oubli.

 

Au réveil, le ciel est comme page blanche de poète.

 

Au loin, des poussières d’oiseaux survolent l’horizon déchiré des matins.

 

La couverture de vapeur enveloppe en mystère la colline.

 

Elle fait face à son reflet d’évidence par la lumière.

 

L’heure se donne par le soleil qu’on croirait injuste comme la chance.

 

Tandis que l’oubli lisse ton visage,

 

Le ciel se charge des larmes et des sourires de la journée.

Journée d’erreurs brillantes


Les rues s’agitent aux heures des rêves de néons.

La fumée des sourires est duperie exigée.

Jusque dans le repos, brille le langage des parades éclairées.

Même dans le lit résonne l’amour propre en plaisir d’échange assouvi.

Enfin le brouillard de vacarmes se pétrifie aux heures aveugles des paroles de silence.

Eclat de nos jours


Sur le balcon de nos rêves qui s’endorment à la caresse de la jeune chaleur, les ombres s’accrochent encore comme sécheresse de nuit.

 

Un angélique sourire de désolation sur cet inutile aveugle se fait guise de croissant de lune sous l’éclat de tes yeux comme étoile de ton « bonjour ! »

 

Ma main accompagne alors la brise dans la fougue coiffée par l’oreiller et restée figée.

 

La richesse des heures endormies nous offre le temps du midi qui n’aura ni heure ni clocher. La spontanéité est l’innocence de la vérité.

 

La lumière est encore silence et, avant même d’entamer le tintamarre de la journée, se dépose sur l’oppression des méfiances sombres et condamnées, à la pointe du jour, l’éclat simple de nos jours.