Sous l’ombre blanchie


En reflet d’évidence et d’impatience,
Tel paon qui déploierait sa vérité
Sur sa page de poussière d’été
Et tournoierait pour inscrire son monde
Finissant en boue à bonne saison,
Tu n’as vu que de trop belles couleurs
En effet d’éclats que tu sais pourtant
Et tu as glissé en l’ombre blanchie :
Déguisement du confort des envies,
Sans plus lire finement la lumière.

Danse !


Danse ! Pose tes chaussures rouges et danse le blues.

Je suis mort aujourd’hui, c’était un autre jour et le temps gagné se grave encore en temps perdu. Je vois la lumière j’entends le bruit sans autre caresse que celle des saisons aussi lourdes que ma stèle et qui se succèdent sur mes épaules. Je suis mort aujourd’hui, c’était un autre jour, et il se peut que tu t’en souviennes. La nuit s’est posée en écho, celui qu’on suggère à la joie avant de se taire.

Danse ! Pose tes chaussures rouges et danse le blues.

La vérité se dit d’abord en faits et non en mots choisis. Un jour la mort m’offrira mon désir, un jour je serai mort d’être jeune.

Danse ! Pose tes chaussures rouges et danse le blues.

En monde reflété


Monde reflété, photographie : Boris Sentenac, tous droits réservés

Monde reflété, photographie : Boris Sentenac, tous droits réservés.

 

Les nuages sur l’absolu se font reflet du monde. Diable dévorant l’effroi ! Se dit, en silence de chaleur de soleil mourant et des terres crachant le souvenir du jour comme s’il s’agissait d’une offrande digne de l’infini, la vérité de chacun avec le déni du mélange de toutes les peurs dessinées vaporeuses.

L’homme parle trop en croyances qui esquissent ses rêves et fabriquent ses cauchemars et s’étonne, dans une larme qui n’a plus rien de la pureté de la rosée du matin, que ce ne soit le contraire.

Le bonheur et la vérité


Tant que la vérité ne parle que d’elle sans aborder le réel, elle peut – éventuellement être bonheur.

La vérité n’est que l’interprétation du réel. Elle incorpore dans le réel ce que nous avons d’identité, de vrai.

Ainsi la vérité ne ment pas, même si elle oriente l’individu sur telle ou telle part du réel auquel elle se réfère. Alors, la vérité ne dément pas le bonheur.

Le bonheur quant à lui, seul, ne peut être moteur de vérité. Il peut se suffire à lui même et son mensonge souvent digne de faiblesse se brise au contact de la réalité impossible à bâtir en vérité.

C’est alors le malheur, immédiat ou à venir, et du mensonge que cela implique il n’y a rien à dire.

Vœu non ordonné


Pourquoi est – ce sous la longue couverture noire, juste passagère, de la lumière et des couleurs de la nudité, toujours silencieuse même en son temps de chaleurs, que l’on dépose des mots d’espérances ?

 

Oubli conjuré, silence rompu pour sens de la lecture des longues nuits sans que chacun n’en saisisse véritablement le sens,

 

Déni des saisons en chaque mot comme chaque brique d’un mur irréel bâtissant une vérité chaude et confortable d’un foyer fondé dans la peur de l’absence des promesses et des gestes à mesurer, offrant pour retenue le mensonge du chauffage sur la saison et qui ne peut pourtant pas supplanter la vérité de chaque nature comme la réalité de la nature,

 

Gerçures du bonheur bouffi de graisse et de sucre après de bonnes consciences partagées comme il se doit et non comme on l’attend chaque autre jour.

 

Que puis – je souhaiter sincèrement avec quelques mots volontaires plutôt qu’en ordre tels militaires, puisque aucun vœu issu de la lumière, venu librement, fulgurant comme l’évidence d’un zénith ne s’ordonne jamais ?

 

Mon vœu est, quand vous ne penserez pas à moi, de penser pleinement à vous.

Déni de lumière


Sous la lumière franche du matin,

Le monde par ma lucarne se couvre

Du déni pour croire profiter du repos.

 

L’eau s’est fait mur

Comme mensonge du réel

Reniement pour rêve de la vérité.

 

Le zénith sans rien souffler et

En silence saillant de transparence

Sait libérer toutes les fenêtres.

L’éclat des nuances


L’éclat blanc des nuages,

En mots forts pour sens fades,

Jette son reflet

En rideau de peur et de dénis,

Sur l’évidence de toutes les nuances.

 

La poussière de perversion

Comme simple pensée

Qui parle en savoir,

S’efface par les perles sacrées

De l’échec des excès des croyances.

 

Sauf aux noyés des larmes,

La vérité apparaît toujours

Comme l’expression de la lumière sage

Qui, sans rappel de tolérance,

révèle toutes les couleurs.

Ce qui se dit


Au tribunal des larmes, peu importe les mots

Puisque tous les spasmes sont les mêmes.

 

Il n’est que des juges de ta vérité

Faisant taire tous les autres chagrins.

 

Change le mot qui fait fond et tu verras :

Déplorable, la forme reste la même !

 

Les larmes comme brûlure de cire

Qui ne savent noyer la bougie,

 

Font le vacarme de leur feu

Jusqu’au juste silence.

La vérité du dernier espoir


Un sourire comme éclat de verre

Lancé à l’azur mourant de poussière

Retenu par un nuage usé de voyages,

Amarre du jour accrochée au port de la nuit,

 

Trahi par le feu prétentieux des villes

(Cachées derrière le profil noir des collines)

A faire taire les étoiles qui pourtant,

Inlassablement pour certaines, apparaissent

 

Une à une comme autant d’espoirs sur la mort

Qui s’étend lourdement avant qu’en une seule fois

Elles ne soient utopie sur la vérité

De toutes les éternités.

Espoirs


Le phare qui dénoue dans la nuit

Son nœud éternel de lumière

Pare à la mort comme en son temps

Dieu en ultime éternuement

A craché ainsi toute sa vie

En postillons de rêves d’étoiles.

 

Tandis que la réalité

Est inondée d’une lumière qui

Eclabousse bien péniblement

Le plus grand de tous les mystères,

La vérité est éclairée

De la beauté de chaque espoir.

Beauté de paradoxe


Photo : Boris Sentenac Droits réservés

Habillée de certitude, tu es maîtresse habile, joueuse de charme,

magicienne du feu sur cascade de force, de ton regard de femme.

Reflet de chaleur à faire rougir tous les soleils,

à l’heure des rêves le silence est ombre de tes pépites d’étoiles.

Le joyau de lumière appelle la main pour se coiffer de son assurance

et l’apaiser d’espérance dans l’instant secret de la ride

du lit carmin de tes baisers.

Flambeau de caresses d’or, le trésor est gardé

par milliers d’aiguillons comme autant de paradoxes hérissés

qui démontrent la beauté de l’abandon

de toutes convenances transparentes en vitrail de vérité.

Silence


Immobile transparence sur l’oubli du temps, point du néant, vacarme de sommeil, mystère de l’ombre, il est des promesses imperceptibles.

 

Instant de vérité insaisissable, le silence est père malheureux de l’espoir d’une vie de tous les mensonges.

L’instant néant


Dans l’ombre du lendemain des océans des plus lointains, prête à être exécutée, s’élèvent et s’accrochent aux branches frémissantes de novembre les âmes errantes des terres fumantes comme sueur des enfers.

 

Quelle injure silencieuse sera la blessure entre fantômes étalés, lovés comme dans un ressac amoureux de la veille qui s’offrait la douceur des rêves en échange du mensonge de l’éternité, et la timidité froide et larmoyante de l’aube qui prend le temps en offrant le mensonge de la raison au travers de la saison ?

 

D’hier et d’aujourd’hui : nœud étiré qui claque dans l’inconnu, la lumière, comme la fin d’une caresse, est évidence crépusculaire.

 

Comme l’amour, la mort, furtive vérité toujours changeante et secrète, qui brise l’ennui pour coucher le souci, vénérée, il est toujours trop tard lorsqu’elle épouse l’espérance qui meurt sur les falaises de l’avenir et qui la renvoie, inutile, dans l’instant vide.

 

Savoir amène à croire. Il n’est pas de présent.

Songe d’aimer


On sait bien que, silencieux et en beauté, le soleil ne se lève ni se couche pour personne.

On s’attarde pourtant à rêver d’en être le cœur dans un vacarme de vie pour habiller, comme les étoiles scintillantes parent la nuit, le vide de l’interligne de mots éphémères à tous sauf pour chacun pareils aux vagues caressant, éternellement finissantes, la poussière des terres.

Même le miracle d’aimer entame le mensonge en criant sa vérité. Antagonisme de confort, la lumière aveugle le songe éveillé aux yeux fermés.

L’injure des convenances


Comme le facteur qui se morfond avec la certitude de la méconnaissance, à chaque maison avec les mains présentes en guise de boite aux lettres, d’un monde qui s’écroule avec la banalité d’un propos valorisant, l’amour est aveuglant, piquant et toxique pareil à la fumée pour le profiteur des justes douces futilités. C’est de son feu que l’on profite pourtant…

Le décor appuie la certitude du poète qu’il couche en gouttes de doutes

Les yeux fermés, comme on sent la caresse sur le visage, invisible à la conscience corrompue, rassurante et mesurée, simple mais essentielle, d’un soleil de printemps père des parfums des jardins du bonheur, l’injure des convenances se fait la forte vérité.

Evolution


Soleil tu bouleverses les ténèbres. Ainsi, tel un dieu tu es une possibilité passée juste en cours d’évolution. Tel un homme tu t’épuises jusqu’à ta déchéance.

En fruit de lumière et de chaleur, éclatant de couleurs promises mures en espoir de larmes avant de nous parer inévitablement de fatigue, comme l’astre est lumière, en miroir aux alouettes, on se fait sucre par préférence illusoire comme la promenade de l’ombre sur l’éternité.

Rien n’est irréel sauf la vérité qui, furtive et multiple, bien que nécessaire dans ses mystères, se fait mensongère.

Cheminement de la lumière


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Photographie Fanny Austin (droits réservés)

Tel un œil éclatant sans fard, boule de soleil sur ombre de révérences en humble opulence, le mot s’étend dans le sens pour enfanter la pensée. Nuance surprenante engendrée pour l’éphémère présent, elle se marque dans l’éternité du regard et pleure le diktat du statique et condamné sapin prétentieux de gentillesses convenues.

Boule de Noël ardente, tu transcendes les robes noires des pensées hâtives et trop communes qui n’ont pas même de simple reflet. Le cadeau est un résultat terne face à la surprise du cheminement de la vérité qui brille de silence.

D’été


Midi d’été : vagues d’ombres et de lumières sur les couleurs de la nappe festive. Comme pour évider ta pierre caressée par la brise essoufflée, l’hypnose des nuances de la chaleur et des bouteilles à vider te cache, comme un arbre, ta forêt de pudeur aux zébrures mauves des nuits aux réminiscences salutairement inapaisées de soleil.

Minuit d’été : au rythme vert et improbable d’un désert scintillant de vie en vagues de vent, le mystère de ta vérité t’accompagnera vers le désespoir d’une éternité arrangée qui fera de ton essentiel ta propre perte.

Alors, midi reviendra d’avoir été…

Journée


Le soleil s’est déjà levé alors que tes yeux semblent encore sous l’isoloir drapé des choix étoilés.

La vérité te quitte alors pour faire place aux idées rondes comme la terre mais plates comme un pauvre sou.

Mais tu sais que loin du matin frais au parfum de savon, pareil à la promesse irréprochable du jour et pourtant vaine, les étoiles te caresseront de tes vérités comme un souffle venu d’ailleurs sur ton dos et ta nuque tant aimés.

Un murmure du savoir


Au crépuscule des bruits, l’espoir de ma vérité

Se dépose lentement sur ma couche encore froide.

Les éclats des débris de vie seront les poèmes

Et, sous les éclats des débris de nuit,

La légende aux yeux clos en est déjà la source.

A l’aube des bruits, quand les rêves liés

A ma réalité se font fantômes,

Reste, essentiel et mystérieux,

Un murmure de la quête honnête du savoir.