De l’absence au retour


Sur toutes les hautes façades, les fenêtres ont désormais un reflet de nuit, depuis que tu es partie.
Les rues n’ont plus de sens, elles ne sont pas dans ta direction.
Le ciel s’endort en sieste confiant sa lumière au manque, projetée sur les trottoirs écrasés par ton absence.

L’automne s’effondre pour rien, en flamme dans la brise glaciale qui cherche ton regard pour l’illuminer.
Mon sommeil se charge de fatigue à devoir occuper toute la place comme en journée le pavé s’est minéralisé.

Puis, voici le jour de ton retour, celui que chante encore le merle qui n’a, de son bec, que faire de la nuit qu’il porte.
Les rues s’éveillent et sont rapides, s’offrant à gauche, s’étirant tout droit chantant à droite.
L’automne, par sa brise siffle en faisant danser en notes légères les feuilles dans leur dernier salut.
Notre sommeil se charge de nos espoirs en chacun de nos rêves partagés sur la couche comme en journée sur les pavés qui poussent nos pieds.

Les bonnes raisons de l’absence ne sont égales qu’aux nouvelles du monde que l’on a et ne font pas l’essentiel de la présence que nous sommes.

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Retour tardif


Paris, le 13 novembre 2016. 

Pas encore au matin et déjà plus dans la nuit.

Tard dans le silence des autres si fort qù’il fait les contours de nos bruits, nous marchons en découpant la brise, en écrasant les larmes abandonnées des trottoirs et en bravant le sommeil de l’automne jusqu’à la place, aujourd’hui des chants, hier des cris de révoltes.

Là, pourtant loin des révolutions des cieux et des hommes, nous abandonnant à la fatigue, nous attendons l’heure des premiers insectes de fer amis de nos terres.

La joie s’étire de l’instant passé jusque dans l’inconnu à venir. Le présent, en cette illusion, vient de naître comme pour parer au bonheur du moment flânant qui rend pour l’heure, d’un rien qui fait tout, nos rêves impossibles.

Futilités perdues pour d’autres présents juste dans nos savoirs soumis qui s’expriment silencieux face à la croyance folle inscrite dans le souvenir du jour.

Je songe alors, plus forte encore que le temps, à la nécessité des hommes à qui il faut presque toujours un drame pour chaque réussite…

D’hier jusqu’à aujourd’hui


Le bonheur s’étirait jusque dans l’absence

Pour enfanter la nostalgie et l’espoir,

Père et mère à leur tour des lendemains à venir.

 

Il y a longtemps mon amour, en adieux réguliers,

Le temps se perdait dans la brume de l’éternité

Qui séchait sur mes lèvres et pénétrait en promesse

Du don de soi jusqu’à mon retour de l’horizon noir :

Prochain départ vers notre surprise de l’aube sur la mer.

 

De hautes vagues de terre en mur d’Espagne

Vers les flots incessants à la mémoire grecque

(Et tant pis si nous sommes poètes)

Au regard aujourd’hui plus vaste sur les terres d’hier,

D’un dernier soupir couvert de larmes qu’épuisaient

Nos sourires de tous les charmes,

La patience s’écoulait finissante

Comme dernière goutte de pluie sur la transparence

Du monde sur la vérité de nos chaleurs.

 

Départ du retour


Nous voici, à la sortie de son palais froid et pressé que nous semblons déjà oublier dans le départ d’un retour ou le retour d’un départ, dans un tunnel d’espaces grinçant de douleurs par sa lenteur du commencement et maniant le mouvement du monde en nous en rendant sourd. En franchissant la forêt de pilonnes, de poteaux et de lianes anthracites aux feuilles d’éclats furtifs dévorées par ce fameux lombric gourmand de fer et de verre, il me semble que fuient les plumes libres des exigences faibles dans la seule limite du couloir ferré que nous incarnons à chaque passage de chaque instant croisé.

La vitesse folle des frustrations ou insuffisante des envies se soumet au temps des étrangers de l’éternité qui se souviennent des bons mots de leur enfance obligée en guise d’échange de la tranquillité qui trouble, à l’instant, l’opportunité de la composition. Les vaches ont alors, au moins, l’œil de la vérité inutile.

Si l’exigence de la suprématie est liberticide, elle engendre ainsi un point de vue sagement trompeur et alors révélateur d’un moment qui file vers son chaos alternatif pour qui le voltage maîtrisé n’est même pas un grattouillis qui effleure la conscience gorgée d’excuses impalpables. En tout, l’importance est égocentrique.