Orgueil d’absence


Tandis qu’au loin la mer te dit par son ressac que toutes les vagues se ressemblent même si chacune est unique en s’étalant comme la belle sur ta plage, traduire les draps froissés à l’heure de réveiller les façades est bavardage d’instant sur l’horizon.

Peu importe les perspectives, peu importe que tu regardes à cette heure les promesses lumineuses du soleil levant ou l’ouest de lune qui attend son heure, il est toujours un langage.

Mais à négliger le zénith sans jamais perdre ton nord, tu n’offres aucun silence d’or sinon que celui égoïste en plaisir sans bonheur et orgueilleux de rien par ton absence. Et le pardon ne peut qu’être muet.

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A propos de Barbara (l’exposition) 


Très bonne exposition. On se promène entre photos, manuscrits et vidéos au travers de sa vie, de l’errance pour la fuite des huissiers durant son enfance, et de l’errance pour fuir la guerre et jusqu’à l’éclatement familial, à sa vie de nomade en tant qu’artiste. On entre dans sa vie sans violer l’intime. On évolue dans l’exposition en suivant l’évolution de sa carrière par de petites salles et des couloirs puis on arrive à la consécration dans une grande salle avec une scène sur laquelle il y a son piano, son tabouret et une vidéo de son concert à Pantin. L’émotion se libère dans l’espace alors offert. On s’installe avec le public de la vidéo et on chante « dis quand reviendras -tu ? ». Quelques larmes pudiques perlent sur certaines joues. Dans la même salle on pénètre dans l’univers de Precy. Encore quelques salles qui gravitent. Des vidéos avec Brel pour Franz partagées avec des séquences avec Nougaro et Hallyday. L’histoire de l’aigle noir, les concerts dans les prisons pour femmes, les toutes dernières années avec la fin des concerts pour cause de voix usée et enfin la une de Libération datée du 26 novembre 1997. L’exposition est variée et fournie, respectueuse de l’artiste mais aussi du visiteur dans la forme et la distribution des pièces et l’alternance des supports qui sollicitent sans éclabousser Barbara et sans étouffer le visiteur. A faire absolument et gratuite pour les personnes ayant pour 1er prénom Barbara.

A la philarmonie de Paris jusqu’au 28 janvier 2018

https://philharmoniedeparis.fr/fr/exposition-barbara

Révolution


Ce matin, le ciel a la couleur du journal

Survolé des certitudes de chacun.

 

Ce soir, la terre aura la couleur de la nuit

Enveloppante des rêves de tous.

 

Entre deux, l’essentiel : nos yeux verront,

Transparente, notre mémoire de l’un envers l’autre

 

Puis, comme planètes, ils révolutionneront,

Réunis à nouveau, le silence furtif.

D’Orion à Antarès


La main du phare brasse la nuit sans disperser
Tous les espoirs brillants des cieux, et indique
Sa terre sans parler de ses nombreux amours,
Et au rythme toujours constant du ressac,
En consonnes d’étoiles, lumières sur couleurs
De la fumée de nos voyelles qui s’élèvent
Vers le grand voyage d’Orion à Antarès,
Le nôtre se déclame en toutes saisons,
Peu importe le monde que nous vivons.

En furtif néant


Dans la pénombre pudique,

Chaque coup de rein éclaire,

Trop souvent les yeux fermés,

L’éternité de l’instant.

 

Et quand enfin le long rideau

De la chambre est tiré,

Le tout jeune souvenir

Eteint l’instant d’éternité.

Marseille


Marseille J2MC

Photographie J2MC, tous droits réservés

 

Marseille

Il n’est nul autre endroit qui soit comme la fleur qui accueille toutes les abeilles.

Il n’est nul autre endroit où les mots chantent avec le vent qui vient de loin et qui les emporte encore ailleurs.

Tu es telle une ruche : de tes rues encombrées, de tes terrasses et de tes places où se boit des nuits de café ou des soleils anisés, de ton vieux port qui s’ouvrent vers tous les horizons, tu nous promènes jusqu’à la mémoire en ton panier, tous surveillés par Notre Dame de la Garde qui sait le voyage d’ici à hier et jusqu’à demain.

Marseille, tes rues sont les veines du sang de tous dans les colères et jusque dans les rires de chacun, dans tes excès qui font ta vie. Sans rien oublier, sans rien négliger, sans rien regretter, sans que rien ne soit aucunement respecté, se verse des larmes pour ceux qui t’on quittés sans que ta rage de vivre n’en soit altérée !

A Marseille 


A tous nos amis Marseillais, d’hier ou encore d’aujourd’hui, de ceux qui ont traversés nos vies ou qui y sont encore avec toute notre affection, nous sommes aujourd’hui dans cette ville de lumière qui a été meurtrie en 2015. La mort, qu’elle soit au nombre de un ou de centaines, reste en idéologie une injustice terrible. Margot  et moi tenons à vous dire combien nous sommes touchés par les événements de ce jour en gare Saint Charles. Nous l’avons traversée tant de fois. A vous nos jeunes amis (et les moins jeunes aussi 😉 ) nous vous envoyons notre soutien dans l’épreuve que Marseille vient de subir. Que chacun ne recule en rien en sa façon de vivre sa liberté dans ces rues merveilleuses et que personne ne se trompe sur l’origine de ce mal. De loin nous pensons à vous comme en l’époque où nous étions marseillais nous avons pensé à Paris. De loin ou de près, nous sommes avec vous.