Peur


Quel rêve pourrais-tu faire, face à la statue de la peur ?

Sa pierre fait silence des couleurs, en chaleur étouffante d’été et raideur froide d’hiver, elle dévore le temps pour effacer l’espace et devient terreur : or heure de l’aurore, l’errance de ton aire heure happe l’heure et laisse alors la peur qui écrase les verbes en parlant de ta vie avec le langage de la mort

Ne serait-ce qu’un instant, même le vent se tait parfois. Comme s’il devait difficilement reprendre son souffle  pour ne jamais finir sourd ! De l’inconnu vers son mystère il méprise la pierre taillée en crainte pour polir le regard en respect, et lance sur tes membres aussi raides que le granit, ses lassos de tourbillons en soufflant, pour tout rêve : « là-bas… Là-bas… Vite, sauve toi ! »

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Poésie 3


Je m’évertue à te dire ce que tu as déjà vu

 

Je deviens une réminiscence incertaine,

J’éveille les mots qui étaient enfants

Ceux qui associaient les vérités pour faire sens

Et qui éclairaient le réel de ton regard bavard..

 

La lumière, les étoiles, le fond des mers,

Autant de mondes sur tous les instants du monde

Qui restent des rêves sans se dissocier du réel qui fait sens

Et qui ne peut faire taire ton regard bavard.

 

Tu sais l’étendue des mots,

Mais ta seule clé est celle de la peur

Et sa serrure est le silence

En guise d’oubli de ton regard bavard.

 

Evertue-toi à te dire tout ce que tu vois.

Une peur


Pareil à la dernière heure,

On ne saurait dire

Si le poids des songes à venir

Est plus lourd que celui du réel

Qui s’étire dans son rêve

Sous la courtoisie discrète

Des premières veilleuses.

 

Mais dès lors, comme pour l’ultime instant

Par sa réalité juste visible

Comme par l’espérance

Qu’on lui a doté,

On sait que la peur

N’est rien d’autre que poids ridicule

D’ignorances pour lourdeurs d’erreurs…

Voeu


Comme aucun vacarme, le cri du propos n’en est pas la force. Il n’est que tempête venue du désert du bonheur. Son souffle n’est que transparence de revenants. Il n’engendre que la crainte sans jamais se faire respect.

 

Fermer les yeux n’efface aucun fantôme.

 

Il n’est de spectre que celui de nos faiblesses. A chacun, à chaque communauté, sans rien renier d’essentiel, en ce moment d’espérance comme en tout autre pour chacun, en cette époque charnière pour tous, puisque nul ne sait si la poussière de l’horizon vole par colère ou en sérénité, pour qu’éclate alors la peur des mystères et que les cris deviennent chants, je souhaite la force d’admettre les mots simples à dire de chacun dans sa sincérité comme à entendre dans la tolérance par tous. Je souhaite à tous les mots simples de toutes les vérités.

Quand soudain…


Tandis que la place s’étale dans un bruit diffus, le temps se fige par la lumière de ton regard habillé par la malice de ton sourire à faire blêmir celui de la nuit. Il n’est plus d’autre étoile dans mon souffle saccadé, en voyage sans boussole, guidé par un vent de tempête à la seule rigueur de ta caresse.

Quand soudain…

Le silence prend sens. Nous errons depuis quelques mots d’inconnus médusés dans l’étonnement qui se refuse  à sa raison. Il se répète comme pour revenir sur une erreur.

Quand soudain…

Certain du langage, la colère reprend le silence. Son souffle léger s’envole, irrattrapable comme un enfant qui court avec le rire de toutes les émotions. Tristesse, colère et peur se mélangent avec la joie encore vivace de l’instant d’avant.

Quand soudain…

Notre essentiel naissant devient malgré nous indécent. La joie est morte : fusillée loin de là. Il n’y a plus de lieux, plus de couleurs. Les larmes sont encore en caverne tandis que le soleil pétillant de nos verres n’a plus d’inclination dans ses messages de toute soif.

Quand soudain…

Le premier temps d’un amour qui s’avoue éclate avec l’écho des canons sans aucune raison tandis que d’autres, voilés par la folie, meurtriers et ignorants de la lumière de ces instants, se font exploser pour des idées aspergeant sur notre idylle comme sur leurs victimes une mort pour rien.

Quand soudain…

Il n’est plus d’autre étoile dans le souffle saccadé du monde, en voyage sans boussole, guidé par un vent de tempête à la seule rigueur du chaos.

Percée


Photo : Margot Roisin (droits réservés)

Photo : Margot Roisin (droits réservés)

 

Voyageuses fantomatiques, au souffle, les vapeurs racontent en de lentes danses leurs secrets de couleurs dévorées.

 

En un regard, le silence impose sa menace et sa peur d’amours défendues.

 

Percée, aveuglée de lumières comme autant de bavardages inutiles, nous t’offrons nos sourires carmins pour grimaces de rides étrangères.

 

Alors, notre terre s’endort sur le lit de l’horizon. Rêves linéaires de lendemain, l’heure est à l’apaisement d’hier

 

Photo extraite du blog :

https://regardsdicietdailleurs.wordpress.com/

Inutile


Caresse de la peur d’un monde naissant sur l’amour telle qu’est roc sur lit de mousse.

La différence se vit jusque dans la fuite de la nuit.

Les rêves reflètent la transparence de l’oubli et s’étouffent dans l’éclat de l’aube froide et humide.

La place de l’un est figée de solitude pour cautèles de mouvements et de tumultes comme fumée de vie pour d’autres.

Juge, et succombe gorgé de luxe de certitudes, l’inutile aussi fondamental que ta caresse de la peur d’un monde mourrant sur l’amour tel qu’est roc sur lit désormais séché.