Tic – tac d’hiver


A la recherche d’un trésor, la nuit a fouillé les petits paradis clos délaissés pour le soleil du foyer.

Surprise par le matin, elle a fui en abandonnant les galaxies de pierres précieuses, fait de lumière, de froid et d’eau, répandues en poussière de lune.

Le soleil va les souffler pour les polir comme cristal de larmes avant que la nuit ne revienne pour tenter à nouveau de s’en emparer.

Le temps s’égrène en cavernes de tes oreilles endormies et s’écoule en transparence des heures.

Le temps est un voleur qui ne se dérobe pas.

Publicités

Sur la page blanche comme la nuit


On arrose de mots
Les pleurs fanés
Qui s’écroulent du cœur
Et qui voutent le dos
En s’appuyant sur le temps.
Le cœur est lourd
Comme une armoire
Qui ne cesse d’être remplie.
Si de temps en temps on l’ouvre,
C’est juste pour croire
Qu’on la vide comme on croit
Que la page se noircit
Par l’encre luisante
Du poème déjà sec.

Regard de l’espoir (poème)


Retrouvez le texte du poème « Regard de l’espoir » proposé hier en format vidéo en cliquant sur le lien suivant :

https://wp.me/p360i2-zW

Et retrouvez ce poème en format vidéo par ce lien :

https://borissentenac.wordpress.com/2017/12/09/regard-de-lespoir-video/

Croyances


De lumière en chaleur,
La mer n’en finit pas de faire sa lessive.
Sous l’évidence, le sable brûle,
Tandis que de fraîcheur en reflet

Il sèche sous les étoiles
Au gré des marées.
De lune en soleil
Même s’il s’agit du même éclat

L’espoir, dans le regard des étoiles,
Parle de la poussière de lumière
Au sable toujours mouillé
Etalé par le vent et la mer.

Depuis l’éternité ridicule des hommes,
Bruyante comme leurs bavardages,
La lumière des cieux continue,
Comme proche parent, d’être vénérée.

Et, en dépit du travail de la mer,
Comme si la feuille d’automne
Soufflée par le vent en son ultime vol
Venait à tomber sur les étoiles,

Rien, pas même personne,
Depuis que nous jouons avec les couleurs
Depuis que nous savons la matière et le geste,
Rien, pas même personne ne peut dire la vérité.

Mourir de souvenir (furtif)


Se laisser devenir un souvenir,
En dépit et par ailleurs de vivre,
Revient ainsi à se laisser mourir.

Soleil d’un jour, le même chaque jour,
Comme femme de l’instant pour le néant,
Monnayée en sourires et flatteries,

Et sans avoir rien d’autre à lui donner
Que ce qu’on a à lui prendre en l’instant,
Redoutant la déception d’un refus,

Plutôt que de ne succomber qu’aux corps
Qui ne promettent la sagesse des mots,
Aveugle à son regard sur l’horizon

Qui ne dit rien de cet instant furtif
Négocié en répétitions bourgeoises,
Tu méprises ce qu’il est à vivre.

Demain la lumière d’un autre soleil,
Et que tu ne vivras que paupières closes,
Fera de l’oubli ton identité.

Tu deviendras alors un souvenir
Fait d’insultes et de mystères bien déçus
Qui alors nous aura laissé mourir.