Retombée répétée


Les mots secs s’étalent sur la page blanche que la brise soulève comme pour tenter d’éveiller de la nuit le souvenir sur le devenir.

 

Le temps déposera les eaux de son abandon sur la page gondolée que la poussière recouvrira comme pour tenter de compter les jours du souvenir sur le devenir.

 

L’oubli sera le ruban gris et son nœud sera son seul mot qu’il prononcera comme pour tenter d’étaler sa couverture transparente sur le souvenir sec craqué.

 

Et durant tout ce temps,

Ton silence ne sera

Que mensonge éternel passé.

Pauvre imbécile


Avec le temps pour témoin, la fatigue à épousé la colère
Sur ce chemin encombré, où j’ai oublié mes sourires
Pour quelques forts bavardages en reflet d’être.

De ces vents sortis de ma bouche
J’ai soufflé sur la poussière qui a occulté
Le chemin où je te prenais la main.

J’ai soufflé la poussière, oubliant la prière,
Jusqu’à ne plus voir Antarès
Et ne plus voir ton éclat.

Dragon bleu, j’ai brulé mon rêve,
Ma cendre ne sera jamais poussière de lune
Qui souriait à nos regards lointains et amoureux.

Il m’a fallût en pauvre imbécile
Etaler mes larmes des cieux jusqu’en mes terres
Pour me rappeler nos étoiles.

Parure d’orage, tempête en lieu et place de douces brises
Avec arrogance, j’ai oublié d’aimer
Simplement parce que je t’aimais.

Le silence ne s’éteint jamais,
Il est envahi par le bruit,
Et je ne te sais plus que pour rien.

La dernière vague


Avant que la pierre ne se soit effritée en poussière sur ta chevelure qui lentement s’écroule comme les poids des vieilles horloges,

Etire ton sourire comme la rivière qui polit le galet dans son rire de jeunesse en voyage vers l’océan : immensité à l’horizon inaccessible et obligé.

Sautille et virevolte dans ta course avant de n’être que vague fatiguée et quand tu t’étaleras sur la plage, une dernière fois en étalant ton âge blanc, souviens toi que, comme aucune vague ne peut manquer au ressac, et malgré l’imperfection de la mémoire, tu fais ton temps qui ne peut manquer au temps.

Souvenirs à vendre


La patience de l’hiver s’étirait depuis les cheminées et s’étendait dans les rues et dans ma mémoire en devenir.

Il n’y a plus de feu dans le foyer et les maisons se parlent dans un langage d’abandon depuis leurs fenêtres.

Certaines scrutent la rue avec leurs vitres dans la cataracte de poussière à l’âge figé d’une vieille et de vestiges d’araignées qui, comme elle, ont cessé d’y tisser leurs ouvrages.

D’autres crient « A VENDRE » en ultime langage d’un temps parti rouler ses « rrr » dans le repos du cimetière.

Dès lors, le souvenir des rues échappe à mon langage d’une patience éteinte et s’étend en odeur transparente dans ma mémoire figée.

Signe de l’éternel pourtant mourant


Tandis que l’hiver survole en son silence les terres de France jusqu’à la Normandie avant de s’effondrer sur le brouillard qui a déjà dévoilé l’horizon,

Le peuplier dépoussière comme il peut son ciel en bavardant avec la brise pendant que le cygne à son pied dessine son étang.

Tandis que chacun efface le silence en son lieu sans nom jusqu’à ses rêves avant de s’éveiller sur l’horizon qui a déjà dévoré le brouillard,

Le peuplier dépoussière comme il peut son ciel en bavardant avec la brise pendant que le cygne refait son dessin sur l’étang.

Ressources de poèmes


Les vagues inépuisables ne cessent de ranger leurs profonds secrets de toutes les origines. Elles sont les mots mystérieux d’hier prenant la couleur du vide vertigineux.

La nuit, le ciel ne dit que l’essentiel ponctué d’espoirs luisants.

L’horizon est la jonction du temps. Entre le passé et l’avenir, la falaise offre à mon regard la ligne du présent.

Chaque seconde que dit la mer au vent de l’éternité noire et ce souffle qui tente de lui couper la parole effritent ma roche.

Et de poussière en cailloux, transparent comme le temps, tombent des poèmes.

Tic – tac d’hiver


A la recherche d’un trésor, la nuit a fouillé les petits paradis clos délaissés pour le soleil du foyer.

Surprise par le matin, elle a fui en abandonnant les galaxies de pierres précieuses, faites de lumière, de froid et d’eau, répandues en poussière de lune.

Le soleil va les souffler pour les polir comme cristal de larmes avant que la nuit ne revienne pour tenter à nouveau de s’en emparer.

Le temps s’égrène en cavernes de tes oreilles endormies et s’écoule en transparence des heures.

Le temps est un voleur qui ne se dérobe pas.