L’infini s’écoule


Les quelques gravas de saisons oubliées par les temps qui courent me rappellent à la mémoire l’odeur de la pluie furtive dont on s’étonne qu’elle fût et presque sans qu’on ne s’en aperçut.

Il me semble qu’elle est telle ma mémoire vaporeuse en langage étouffé qui déchire le vertige du fossé de la ride.

Et me voilà bavard pour saisir le temps en sens tandis que la lumière sans rien dire continue son voyage.

Je la sais aller loin au-dessus de l’océan qui compte, par chacune de ses vagues et en autant de réminiscences issues de mon odyssée, le temps infini qui pourtant s’écoule.

Tic – tac d’hiver


A la recherche d’un trésor, la nuit a fouillé les petits paradis clos délaissés pour le soleil du foyer.

Surprise par le matin, elle a fui en abandonnant les galaxies de pierres précieuses, faites de lumière, de froid et d’eau, répandues en poussière de lune.

Le soleil va les souffler pour les polir comme cristal de larmes avant que la nuit ne revienne pour tenter à nouveau de s’en emparer.

Le temps s’égrène en cavernes de tes oreilles endormies et s’écoule en transparence des heures.

Le temps est un voleur qui ne se dérobe pas.

Un instant de poème


La seine s’écoule comme l’encre du poème.
Ton regard s’étire comme le sens de ton poème.
La vitre fait silence comme la page du poème.
Puis en prunelles furtives croisées nos sourires font mots.

L’instant s’étire en son silence comme s’écoule ce poème.