Poème


Je suis tel un volcan.

L’essentiel brûle en moi

Et dilate mes rêves.

Puis le réel brillant

Jaillit comme un secret,

Comme la mort d’une étoile,

Et s’écoule sur ma joue

Pour devenir poussière

Ou sable sur la plage.

Fossile de vie figé

Qui s’endort sur sa page

Tous les mots vers le ciel.

S’étale le nouveau né

Dans son cri de poème.

Paradoxe


La mer est possessive et, masquée en chants de marins, solitude de bateaux.

 

La plage est infidèle par nature, acceptant toutes les caresses de chaque vague passante.

 

Il n’est aucun mot à la simple perception de la réalité tandis que tous se pressent sur les vérités du sable, comme les poèmes sur les déserts blanc.

Miel


Miroir de souvenirs, trouble d’un avenir impossible, peu importe les éphémères explosions de couleurs : il ne reste jamais que la page blanche en lit de source allant inexorablement se jeter dans l’océan indifférent de tous les sommeils.

La brise sur ton abandon reste comme empreinte de plage : unique anonyme. Camouflage de camouflets, l’ensorcellement de sa peau comme reflet des grains s’estompe dans les taches des soleils morts sitôt le ressac épuisé, sitôt le silence des sirènes de l’horizon essoufflé.

Désormais fantôme sans âme, sa vérité est ton subterfuge d’ivresses séchées de larmes et miel de papier comme poison de gourmandises.

L’un dans l’autre


Sur la plage, l’horizon envoie les embruns par les danses mousseuses d’ennui plat et caniculaire sur la lourde poussière comme linceul de mer sur lequel on étale des serviettes pour fesses à tremper.

Au loin, les collines, sous les poussières légères narguant les vengeances à venir encore blanches du ciel, nous rappellent, rassurantes, la sécurité des murs abandonnés à distance suffisante pour un rien de rires vides mérités qui écopent un autre rien trop plein de nécessités aussi aveuglantes que ce soleil considéré comme repos.

Voici en carte postale un l’un dans l’autre antagoniste de ce qui s’appelle hâtivement et uniformément bonheur  voyageant de pâtés de maisons en palais de sable et qui ressemble pourtant au vent qui fuit. Voici en subterfuge de besoins justes désignés ainsi et qui, en concurrents absurdes, se justifient l’un avec l’autre.