Devenir en espoir


La rame clame son départ.

 

Dans le ventre de fer et d’acier qui traverse la ville, la lumière reste étrangère. Quelques virgules blafardes passent comme étoiles filantes tandis que nous filons vers nos nuits.

 

Le silence n’est que de paroles.

 

Le regard constamment étonné par les éclairs sur les visages ternes, esquisse un sourire sur cette toute petite fille portée sur ce qui fut son ventre semblable en son temps au notre de l’instant.

 

Dans son dos un jeune homme cherche quelques étoiles dans les pages de son roman que la brise lancée de ses yeux fait tourner par moment quasi aussi régulier que son souffle.

 

En face, un autre jeune homme enfonce son regard dans sa certitude qui s’est habillée, comme accomplie, d’un costume noir et d’une chemise blanche d’où pend une cravate rose pale en souvenir lointain et silencieux de couleurs.

 

Le silence n’est que de paroles.

 

Dans le ventre de fer et d’acier, la sagesse bien apprise rend aveugle aux virgules qui passent comme étoiles filantes et tandis que nous filons vers nos nuits, la petite fille va encore vers ses rêves.

 

La rame annonce le terminus.

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Il nous restera ça


Photo : Boris Sentenac, droits réservés

Photo : Boris Sentenac, droits réservés

Les étoiles de la ville

S’étirent silencieuses

Et sont comme engourdies

Sur les rides mystérieuses

De la couverture des espoirs

D’horizons manqués.

Et quand les mots s’échouent

Sur le souvenir du départ

Et de son soleil de certitudes

Lui-même parti du port,

.

Il nous restera ça.

.

Ciel de suie

Comme vieux papier mâché

Sorti du coffre de l’enfance

Gardé par la poussière

En dernier rempart,

A l’ombre improbable

Des larmes d’étoiles

Evaporées en timide dignité

Par la lumière prétentieuse des hommes

Sur toutes les prières.

Départ du retour


Nous voici, à la sortie de son palais froid et pressé que nous semblons déjà oublier dans le départ d’un retour ou le retour d’un départ, dans un tunnel d’espaces grinçant de douleurs par sa lenteur du commencement et maniant le mouvement du monde en nous en rendant sourd. En franchissant la forêt de pilonnes, de poteaux et de lianes anthracites aux feuilles d’éclats furtifs dévorées par ce fameux lombric gourmand de fer et de verre, il me semble que fuient les plumes libres des exigences faibles dans la seule limite du couloir ferré que nous incarnons à chaque passage de chaque instant croisé.

La vitesse folle des frustrations ou insuffisante des envies se soumet au temps des étrangers de l’éternité qui se souviennent des bons mots de leur enfance obligée en guise d’échange de la tranquillité qui trouble, à l’instant, l’opportunité de la composition. Les vaches ont alors, au moins, l’œil de la vérité inutile.

Si l’exigence de la suprématie est liberticide, elle engendre ainsi un point de vue sagement trompeur et alors révélateur d’un moment qui file vers son chaos alternatif pour qui le voltage maîtrisé n’est même pas un grattouillis qui effleure la conscience gorgée d’excuses impalpables. En tout, l’importance est égocentrique.