Visite du ciel


Le ciel nous rend visite et boit les nuances
Ne laissant que quelques gouttes de silence.
Ne subsistent que les couleurs des toitures
Pourtant engourdies, en remparts des chaleurs
D’une quiétude sournoise qui ne parle
Qu’en fumée s’étirant en blancs sourires
Inconnus sur un ciel comme inachevé.
Le monde s’effondre tandis que chacun
S’élève en ce qu’il sait qui n’est, en ce jour,
Rien d’autre qu’épais brouillard de ce qu’il croit.

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L’éclat des nuances


L’éclat blanc des nuages,

En mots forts pour sens fades,

Jette son reflet

En rideau de peur et de dénis,

Sur l’évidence de toutes les nuances.

 

La poussière de perversion

Comme simple pensée

Qui parle en savoir,

S’efface par les perles sacrées

De l’échec des excès des croyances.

 

Sauf aux noyés des larmes,

La vérité apparaît toujours

Comme l’expression de la lumière sage

Qui, sans rappel de tolérance,

révèle toutes les couleurs.

Maigre reflet


Celui qui n’aime les autres que par ressemblance n’aime personne sinon que lui – même. La profondeur de l’inverse ainsi bien trop plate et froide est aveugle à l’œil qui s’y noie.

 

La ressemblance offre l’image. Mais jamais l’individu qui se moire ne s’échange en couleur lumineuse et en chaleur et reste illusion physique et virus de l’âme.

 

Etre est alors (encore !) supplanté par avoir. Il n’est rien derrière cette lucarne sans imagination possible, vendeuse de notre assurance, que notre étal à bavardage en guise de séduction d’avance gagnée.

 

Pourtant, personne n’appartient à personne. Et le reflet est tel écho de loup ne sachant taire les manteaux broutant en nuages de montagne et qui bien ensemble n’ont aucune conscience de leur si belle impression.

 

Alors celui qui n’aime les autres que par ressemblance finit en n’aimant personne, pas même lui – même désoeuvré ainsi au milieu des verbiages transparents du mensonge en l’éternelle solitude. Le virus s’est alors emparé des trésors de l’âme faisant souvenirs gâchés les couleurs et les chaleurs.

 

Les différences nous ramènent à nos forces et nos faiblesses. Mélodies sur accords se font lit de nuances pour souffle du temps. L’orchestre est complexe pour le chant au vent.

 

Une des vraies forces est d’admettre sa faiblesse. Il est vain d’écouter le reflet comme de tenter de voir l’écho et tout le monde le sait…

Fin de l’été


Comme accroché à leurs longues cordes blanches arrachées aux terres qui veillent l’été mourrant, les avions éparpillent leurs rêves d’horizons.

Phrases silencieuses mais sans mystère du ciel, la lune les ponctue en un point de craie.

Puis, le royaume simple de la lumière se refait marbre avant un dernier vent voleur des parfums et stupeur des cigales.

De ces pays de souvenirs mérités, les vieilles pendules de chaque maison qui se répondaient dans les rues, continuent de sonner midi dans l’oubli d’un temps fluorescent sans nuances de vérités, étouffé par la réalité.

Nuit du matin débordant des rives du jour, le diktat du néon en compensation hystérique au bonheur redevient raison.

Admettre


De l’espérance, lorsque le seul feu détonne dans le déni (salvateur mensonge que de l’instant d’un rien), il ne reste que le néant d’un souvenir.

Crépuscule imaginaire contre fugace virgule comme bourrasque faisant non – sens, il n’est de mort en phrase ni de folie en ratures.

Brouillon de vent sur page blanche en lésion de rêve, jamais n’inspire de mise au propre des ensembles sans risquer de rendre muette la nuance des encres ! Souhaite la lumière filante.

Chacun n’est rien s’il ne résonne en trouble. Il n’est d’insulte que dans un temps figé. Le risque de vivre n’est pas la colère. Il est d’aimer.

La furie est aussi simple et inutile que nez en l’air à souffler sur la fortune des nuits. Aimer est aussi difficile que d’entendre leur chant silencieux. L’univers s’étend rond comme révolution : ici est là – bas de lendemain. La naïveté, graine de fleur à dessiner en lettre, s’apprivoise mais ne perd son éclat.

Qui peut se croire étoile filante par canon sans faire mensonge de jardin la certitude des ténèbres ? La pierre chauve et dure n’est qu’ornement de paradis et ne règne qu’aux extrêmes caniculaires ou glacées de vents secs. Maintenant est une utopie, prison vaine et mère d’écho de tempête en bocal dont il ne reste que quelques perles caressantes comme larmes sur joue.

Les couleurs sont les nuances qui résonnent en différences comme chant de tous les possibles. Ecoute ta voix comme murmure et voit le simple rayon que tu es du spectre du monde pour admettre le temps qui n’est qu’à venir pour faire, à ton horizon partagé et aux farces en fosses aveuglées, face en force éclairée.

Admettre les étoiles n’est pas renier le soleil. Malgré les prières qui ne s’expriment qu’aphone, l’évidence de l’astre laisse toujours sa place aux lumières innombrables.

Nuances


Damier secret du jardin à effeuiller pour effleurer le bonheur d’un rêve pendu qui exprime, seul, le langage de tous en mensonge de certitudes que chacun voit en noir ou blanc.

Petite flamme, piquante en sa base et soyeuse en son envol, égale à l’ivresse des bulles qui éclatent en arômes de joie, la couleur ne fait pas seule la nuance.

Tu sais que par aveuglement, par convenance propre, de l’ignorance et du mépris de ton tapis de vie, la lumière n’éclate que de la nuit.

Fenêtre ouverte


A l’heure où les rudes clochers abandonnent la surveillance d’un quotidien habillé de traditions jaunes et bleues, te voici confinée dans le sortilège de la contradiction de l’heure sombre envers l’imperfection de nuances solaires étalées autour de ton confort drapé de la fuite nécessaire.

Derrière la fenêtre laissée ouverte, apparaît l’embarras du choix du songe sur le temps qui semble se moquer des lumières filantes parallèles, s’étirant vers des mystères prévus pour d’autres en bruits réguliers et mourant d’horizon, irritants quelques gardiens de jardins qui finissent, pour s’assurer d’avoir chassé ces voyageurs tardifs, par humer la brise qui caresse tes songes naissants au cœur de la bataille d’étoiles contre leurs répliques, au faible vertige, que le printemps rend éclatantes et figées et qui, par les lampadaires pétrifiant l’éveil fatigué des routes, pétillent de dorures sur leurs branches de gardes en treillis.

Dans le temps distendu de l’éclat de ces gardiennes qui se fondent dans la vie et qui suspendent la mort, ton rêve éclate la suprématie des horloges anachroniques du moment.

C’est ainsi, fenêtre ouverte que les regards de la nuit se posent sur tes rêves qui s’envolent, comme dérobés par les ténèbres et aux couleurs absorbées par la lune, fenêtre ouverte et paupières closes : comme un premier « je t’aime » lancé à l’espoir.