Il nous restera ça


Photo : Boris Sentenac, droits réservés

Photo : Boris Sentenac, droits réservés

Les étoiles de la ville

S’étirent silencieuses

Et sont comme engourdies

Sur les rides mystérieuses

De la couverture des espoirs

D’horizons manqués.

Et quand les mots s’échouent

Sur le souvenir du départ

Et de son soleil de certitudes

Lui-même parti du port,

.

Il nous restera ça.

.

Ciel de suie

Comme vieux papier mâché

Sorti du coffre de l’enfance

Gardé par la poussière

En dernier rempart,

A l’ombre improbable

Des larmes d’étoiles

Evaporées en timide dignité

Par la lumière prétentieuse des hommes

Sur toutes les prières.

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Pluie


Dans le bus, les poèmes défilent comme la ville à travers les vitres désertées et mystérieuses.

L’absence, en silence dans les regards statiques et patients, règne comme prière en église s’écrasant invisible sur les vitres désertées et mystérieuses.

Le printemps, comme un premier, s’est chargé des eaux des terres. Fraîche et douce, elles sont les larmes excessives des vitres désertées et mystérieuses.

Dans les surprises d’un ciel éteint qui joue sur le temps des éclats furtifs et du grondement qui s’écrase comme souvenirs de Paris, il pleut sur Marseille et sur les vitres habitées de vérités transparentes et comme dégoulinantes de tous les mystères.