L’amour


En pluie de lumière, l’amour s’écoule sur l’étang qui s’endort tel un marais en fermant sa paupière de nénuphars sur le jour qu’une des fleurs semble avoir inspiré, en lâchant un de ses fils brillant partit faire sa ronde et danser avec les ombres pour disparaître et laisser les étoiles en bavardage qu’on ne devine qu’à peine.

Demain, cette autre date qu’on prendra pour la même qu’hier parce qu’il n’y a qu’un soleil, d’une autre fleur de nénuphar, comme encore unique parole de chaque jour aveuglant le bouquet des espoirs passés, surgira l’astre tandis que le jour s’évaporera comme à chaque fois tel l’amour.

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Alphabet de lumière pour phrases de couleurs


La lune, ventre rond du silence, en gestation du jour à venir, cherche le désert sur la ligne d’horizon.

 

Et tandis que les ombres murmurent leur avenir, la bulle de lumière éclot des flots.

 

Des ombres vertes, les comptines pour les vents s’élèvent avec le temps compté par la cloche lointaine qui tinte comme un souvenir.

 

Soudain, passe l’ombre des couleurs papillonnant vers son phare tel un dieu qui a déjà asséché mes paupières.

 

De son divin il lui restera le reflet coloré de sa fugace déesse du jour pour tournoyer en courbe reprenant, ignorant, la promesse de la chrysalide.

 

A ton besoin de t’offrir en ombre, je ne peux te dire que le silence mystérieux des souvenirs en éclat lunaire de mes larmes, en alphabet de lumière, phrases de tes couleurs, de toutes les couleurs.

La confiance (1)


Le premier souffle du jour caresse la conscience. Le silence s’endort dans les bras de la lumière. Les ombres parlent du souvenir de la nuit. Elles menacent de leur mots noirs la tentation paresseuse. Le temps reprend sa course en cherchant le rythme de ses pas que semble lui dire la tourterelle cachée qui salue le soleil. Un sourire en guise de bonjour pour rien ou pour tout, au moins pour soi. La journée peut s’étirer.

Chez le coiffeur


Perdu dans le regard béant du miroir qui parle comme ton reproche d’aujourd’hui sur tes chants d’hier que j’ai accompagnés,

Pour jouer, nous sommes devenus reflet muet de nous-même : identiques et étrangers faisant du réel comme de notre image notre véritable prison aux murs colorés de bonne conscience.

La promesse du silence, celle qui a tous les mots, est bâillonnée. L’interdit d’aujourd’hui était la lumière d’hier.

Me ramenant d’aussi loin que possible, le coiffeur me demande alors : « c’est assez court ? On peut aller plus loin ».

Statique sur mon fauteuil, je sais…

Lumière de poésie


Ce matin le soleil s’exprimait avec l’accent du printemps.

Il chuchotait le jour comme s’il voulait bercer la nuit
Pour conjurer ses cauchemars en rêves.
Le trottoir, reluisant de ses réminiscences,
Guidait les pas rapides vers les lumières de la ville.

Sans sourire et semblant déjà porter le poids de la journée,
Les passants le piétinaient de leurs secrets.
Puis, l’astre s’est alors habillé d’hiver et seul,
Comme après avoir lu un doux poème,

J’ai continué de sourire à la lumière.

Lumière de guitare


A Mathilde Caillard

(guitariste avec qui je prépare une mise en musique de certains de mes poèmes)

 

De verres en fumées
Les cordes tendues
Ont déliés les mots figés
Jusqu’alors restés nus.

Ton étoffe sur mon étoile
Eclaire l’instant
Sur ce qui a pris la voile
Mais qu’encore tu entends.

Par ta vie traductrice
Sans trahir l’apaisement
Tu te fais séductrice
D’hier en cheminement.

Lumière de guitare
Préparant l’adieu
D’un éclat resté sur le tard
Tu fais silence des dieux.

Lumière de vie


Tandis que les lits secs de mes rides
Couchent l’arbre de ma vieille fatigue,

Les feuilles, allumées de leur dernier feu,
S’éteignent comme paupières sur mes rêves.

Tapis de saison qui s’est étouffée
Sur la poussière des chemins balayés

Par tous les vents aujourd’hui essoufflés,
Lavés par l’automne aux longues fumées

Des nuits de tous les foyers qui s’étirent
Vers les cartes des cieux trop silencieux

En ultime glaçage délicieux,
Le langage s’étale en éternité.

Puisque la lumière ne s’éteint jamais,
La jeunesse est le feu de toutes vies.