Reluisante vie (1)


Ce matin, la pluie bavarde avec la ville. Après s’être excusée de la colère des cieux de la veille, elle offre ses paroles en toilette des poussières qui troublent l’horizon et le souffle.

Elle glisse sur le temps qu’elle rend transparent telle la fenêtre figée en patience. Les minutes s’écoulent comme les souvenirs qui n’ont plus l’éclat des promesses et de leurs sourires pareils à la lumière de ce jour qui écoute.

Dans ce langage sur les matières, dans les rues que les passant étirent jusqu’au pareil lendemain, luit la poésie qui rend vie.

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Comme


« Oh mon dieu que c’est joli, la pluie »

« Pierre », Barbara

Comme autant de souvenirs d’étoiles
Qui s’effondrent sur la ville
Et ruissellent sur ses rues figées
Juste dans ce qu’on imagine être leurs passés,

Comme autant de poussières
Ramassées justifiant la fuite
Des flots unifiés vers les bouches
Promettant les chemins secrets de leurs avenirs,

Comme autant de virgules de silences
Qui giflent les habitudes
Et font autant de présents
Arrogants sur l’éternité,

Comme autant de mots
Transparents comme le besoin,
Euphorisant pareil à un chant,
Mais qui ne disent que trop l’envie sur la vie,

Comme autant de certitudes
Uniques mais éphémères
En dentelle ravissante sur l’instant
Ainsi déguisé en beauté,

Il pleut.

Pluie


La pluie raconte son voyage
Et vernit les toits de Paris.

Le clapotis sur la journée
Qu’écoutent seuls les parapluies,

Comme s’égouttent transparents
Tous les souvenirs mystérieux

De chaque passant persuadé
À chaque pas pourtant pressé

D’être à l’abri de tous les temps
S’écoulant tels une frontière

Entre les larmes retenues
Et le silence de l’oubli,

S’enfuient sur le lit du trottoir
En toiles noires de corbeaux.

La pluie continue son voyage,
S’éclairent les toits de Paris.

Instant du monde


La pluie gifle l’herbe qui montre, avant de s’endormir dans l’unité de la nuit, l’heure furtive sur les heures éternelles.

 

L’eau épanche la soif comme une caresse qui s’enfuit.

 

Au travers de notre lucarne, nous voyons notre paradis se nourrir des promesses pour demain.

 

Entre hier et aujourd’hui, avec un goût d’éternité de souvenir et de devenir, nous continuerons de vivre.

 

Au diable les railleries des actes manqués ou des mensonges de chacun.

 

Leurs bruits ne couvrent celui de la pluie qui tombe en gouttes comme elle tomberait en étoiles.

 

Cet instant hors du monde s’inscrit dans son espérance.

Pluie


Il a plu, beaucoup.

Les nuages chargés des mots

De tous les horizons visités

Ont abandonné de leurs bagages

Qui, s’ils tentaient d’abreuver les terres,

Ne semblaient plus faire vapeur essentielle

En guise de leurs corps et

Se sont fait leurs pleurs qui

Se sont écoulés finalement

En rigoles : lit propre

De l’oubli de gâchis.

Vraiment


Dans l’infini de l’absence de mes rêves

Sous la couverture de mes paupières,

Les secondes de pluie s’écoulent multiples

Sur l’éternité filante, vaporeuse de croyances,

Embrumées comme tout ce qui est vrai ment.

Rideau du vent


Le vent tire sa bâche de nuages sur son plafond noir avant de l’ouvrir, laissant alors tomber un rideau de pluie sur le matin.

 

La poésie, en valise de langage, est salive de voyage.