Bavard d’âge


Bavard d’âge
Qui a conjuré le sort
Par l’esprit sur son corps,

En milliers de secondes
Par une seule aiguille
Trempée comme plume de poète.

A jamais l’instant
Dira l’éternité de l’être
Aux regards de passages,

Furtifs comme l’instant
Qui le ramène à son sort
De bavardage.

 

L’âge d’un nuage


Le temps à l’âge d’un nuage.

 

Phénix des ères transparentes comme le lit des nuages qui en voyage marque ses heures, il se renouvelle sans cesse ici ou ailleurs.

 

Universel comme l’éternité, il étire son silence en l’instant de tous les temps.

Lis vers l’hiver


Illustration : Svetlana Sirenko (droits réservés)

Illustration : Svetlana Sirenko (droits réservés)

 

Par quelles amarres, à quel port et de quelle époque s’accrochent les maisons injuriant la transparence du temps en couleurs comme timbre d’un cri de vie ?

 

Tourbillon de l’instant jetant sa force centrifuge sur les murs gardiens des mystères de chacun, en italique inversée, on devine les trésors jaunis des placards du fond des ombres.

 

Tandis que la brise de demain balaye la poussière dans la poubelle d’hier, jouant du ciel et d’un arbre éteint aux feuilles de plumes engourdies, la lune chante sur ces violons. Ces cordes de briques, de bois et de terre jouent en nostalgie.

 

Paradoxe du vent qui souffle dans l’oubli tout ce qui s’accroche sur les larmes qui font la survivance de tout ce qui est mort. En guise de réponse apaisante, c’est au crépuscule qu’on célèbre la lumière pauvre et froide en vernis et en pigments.

 

En robe de silence et de constance tel galet sans autre âge que celui de l’éternité, ton chien te suit en patience guidée par sa confiance sans condition et ne traite ainsi le temps qu’en sa présence.

 

Que regardes – tu dans l’invisible qui te fouette ? Crois – tu que la vie est toujours pour demain ?

Nostalgie manquée


Hauts remparts habillés de sapins sous col blanc, la caresse furtive et froide dérobe la poussière de pluie.

 

Liberté et vie s’élancent opaques vers la lumière de nos vallées quadrillées l’été en champs de soleils et de blés.

 

Ici, le moulin reçoit l’ombre des nuages comme rêves de farine envolée.

 

Le vent emporte les quelques paroles frêles qui s’accrochent à l’âge de leur canne et dévoilent les secrets mourant d’éternels sages et patients cyprès.

 

Mon regard s’accroche alors sur les montagnes comme le vieillard à sa fraîcheur essoufflée.

 

Les exploits et les farces racontés sont la pénombre des déveines comme mes rêves sont déjà à pleurer.