De mois en moi


Tandis que la colline se fait ombre de choux-fleurs

Tandis que le soleil s’en va en soirée

Tandis que les coquilles reflètent telles qu’elles le souvenir rigide du jour

Tandis que les fenêtres parlent des heures à venir

 

Le secret ne parle que de rien

La lumière étale son désespoir statique

La musique s’éclaire de népenthès

L’horizon invisible s’endort sur l’absence de sa volonté.

 

Mes sens témoignent pour le monde

Tandis que le monde se donne à nos sens

De nous à moi

L’inutile est toujours de mois en moi

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Sens du monde


Sans sens

Parler du rêve pour que vive le cauchemar et faire des douceurs du songe, le besoin issu de l’envie.

Sens du sens

La peur est la monnaie du silence sur l’anéantissement de la volonté du don.

La monnaie du manque est la peur des richesses des aventures.

Le manque est la monnaie de l’expression.

L’expression est gratuite en tous sens.

Sang du sens

Dicter le cauchemar pour que vive la peur et faire des aigreurs du songe, l’envie issue du besoin.

Quand soudain…


Tandis que la place s’étale dans un bruit diffus, le temps se fige par la lumière de ton regard habillé par la malice de ton sourire à faire blêmir celui de la nuit. Il n’est plus d’autre étoile dans mon souffle saccadé, en voyage sans boussole, guidé par un vent de tempête à la seule rigueur de ta caresse.

Quand soudain…

Le silence prend sens. Nous errons depuis quelques mots d’inconnus médusés dans l’étonnement qui se refuse  à sa raison. Il se répète comme pour revenir sur une erreur.

Quand soudain…

Certain du langage, la colère reprend le silence. Son souffle léger s’envole, irrattrapable comme un enfant qui court avec le rire de toutes les émotions. Tristesse, colère et peur se mélangent avec la joie encore vivace de l’instant d’avant.

Quand soudain…

Notre essentiel naissant devient malgré nous indécent. La joie est morte : fusillée loin de là. Il n’y a plus de lieux, plus de couleurs. Les larmes sont encore en caverne tandis que le soleil pétillant de nos verres n’a plus d’inclination dans ses messages de toute soif.

Quand soudain…

Le premier temps d’un amour qui s’avoue éclate avec l’écho des canons sans aucune raison tandis que d’autres, voilés par la folie, meurtriers et ignorants de la lumière de ces instants, se font exploser pour des idées aspergeant sur notre idylle comme sur leurs victimes une mort pour rien.

Quand soudain…

Il n’est plus d’autre étoile dans le souffle saccadé du monde, en voyage sans boussole, guidé par un vent de tempête à la seule rigueur du chaos.

Des bruits (3)


Les jeunes avec les jeunes !

Les vieux avec les vieux !

Les riches avec les riches !

Les pauvres avec les pauvres !

Les noirs avec les noirs !

Les blancs avec les blancs !

Les homosexuels avec les homosexuels !

Les hétérosexuels avec les hétérosexuels !

Les fous avec les fous !

Les malades avec les malades !

Les hommes avec les hommes !

Les femmes avec les femmes !

Et maintenant que chacun est bien au chaud

Dans sa case à choix multiple, coffre de ses secrets,

Parlons du vivre ensemble avec,  pour maître mot,

La tolérance (acceptation par défaut de la différence).

Revendiquons par pluie d’images et de bon sens

A faire frémir toute intelligence.

Nourrissons nos propres images respectives et individuelles,

Derrière nos portes verrouillées et nos lumières blafardes d’écrans

En guise de courage et de gloire.

Passons de fenêtres en murs

Pour crier le silence du virtuel de nos vérités assénées

Et détourner alors, dénués de sens,

A l’exception de nos peurs enfouies,

Tous les regards quotidiens

Vers le mensonge de nos chants de sirènes.

Dualité


C’est à l’aube et au crépuscule que le soleil nous raconte des brides d’un autre temps et entame l’imaginaire d’un ailleurs.

Naissant ou mourant, c’est l’heure du plus bel éclat qui rend aussi futile qu’un au revoir impuissant sur un quai de gare arraché dans la dissonance du départ (criant au passage la suprématie de l’esthétique discutable sur la beauté née de caprices), mes certitudes.

C’est ainsi, en éclats d’effets, que la brutalité s’enrubanne et brise les certitudes pourtant déjà écrasées par des larmes de mensonges que l’on garde secrètes pour qu’elles ne soient pas moquées. Comme oublié par le col tiré à quatre épingles en adversité pour craintifs de l’hiver, le liseré est négligé par la preuve par quatre répandue en exclusif moyen, pourtant dénué de vibrations absolues, et qui dénoue ce nœud de l’essentiel.

C’est le temps d’un duel inéquitable entre l’expression des sens et le sens de mon 29 janvier qui s’étale trois cent soixante cinq jours durant avant d’être célébré chaque année comme pour masquer la finalité nécessaire pour tous et inutile à chacun. Ne restent que les trames de l’enfant qui survivent et se répandent en poésie.