Bavard d’âge


Bavard d’âge
Qui a conjuré le sort
Par l’esprit sur son corps,

En milliers de secondes
Par une seule aiguille
Trempée comme plume de poète.

A jamais l’instant
Dira l’éternité de l’être
Aux regards de passages,

Furtifs comme l’instant
Qui le ramène à son sort
De bavardage.

 

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Bavardage du bonheur


 

Que se racontent la lumière et le haut mur tandis que la toiture semble endormie, rattrapant ses heures d’insomnie ?

 

Chuchotement manqué, trahit par l’éclat, le mur raconte –t- il les secrets qu’il garde ? Se fait – il uniquement, et très aimablement, le miroir de la chaleur ?

 

Par leur regard dédaigneux, les fenêtres quant à elles, méprisent le bavardage.

 

L’heure s’écrase comme éternelle avant que l’astre n’incline sa face pour essuyer son ardeur sur un mouchoir de nuage.

 

Transparent, le lit du temps accueille le sommeil de l’instant qui, au gré de son rêve, se retourne subitement.

 

Aussi secret que le foyer caressé par le jour, il me raconte un bonheur simple comme pour me parler du mien.

 

Sur le même thème, découvrez le poème de Margot Roisin en cliquant ici.

Souvenirs de guerre


A Alice et Robert Topart

Guides du savoir ancestral perdu dans les ténèbres, mères d’espoirs de lendemain à naître des mers, chaque nuit le silence des cieux lève les regards prosternés le jour face à la parole aveuglante.

La lumière qui s’éveille incendie déjà comme toujours le scintillement des étoiles dont il ne reste que les larmes sur le devenir de chaque rose.

Réveil d’un monde sourd au réveil de chacun, pourtant inlassable même jusque dans la poussière des hommes aux feux cadencés, rythmé de tambours, flamboyant de souffle dorés en commémorations immédiates des cris et des sifflements d’horreurs larguées. Gloire de raisons sourdes que braillent les convaincus aux nuages pourtant pareils pour tous.

En ce jour de plus du jeu des feux, le crépuscule raconte le gâchis et lance le souvenir de la rosée dans le bavardage des astres.

Plus tard, dans ce qui aurait dû être le temps de l’oubli, de l’éclat d’étoiles qui souffle la poussière des hommes, il reste néanmoins les nuits blanches déchirées par les éclairs suivis de l’écho des réminiscences.

Du bavardage des cigales


Le souvenir de la nuit est comme photo jaunie dans la tasse tardive à peine plus chaude que le jour d’été qui gratte déjà le pin du jardin.

Exalté, offrant sa parure à l’astre écrasant de chaleur, il est voûte d’amour et trône du hasard dont on doute car trop criard.

Lointain, dans l’indifférence des secondes frottées, le clocher élance un midi discret et indolent sur le rideau de poussières endormies.

Dans la lumière qui maquille l’heure en éternité et tandis que l’ombre trahit la vérité, le silence de chacun est le chant sur le rythme des cymbales : espoirs de nymphes devenues sens de l’avenir.

La lune, fatiguée d’attendre les étoiles, s’est glissée dans son drap bleu. Dans ses rêves, elle se fiche de la prétention du nuage éclatant et boursouflé par la journée.

Il n’est plus de rêves sous la coupole d’une matinée désordonnée et qui, par bavardage de cigales, injurie comme luxe inutile, nos draps froissés en saccades d’une seule parole infinie dans l’oubli de la prochaine nuit.