Alphabet de lumière pour phrases de couleurs


La lune, ventre rond du silence, en gestation du jour à venir, cherche le désert sur la ligne d’horizon.

 

Et tandis que les ombres murmurent leur avenir, la bulle de lumière éclot des flots.

 

Des ombres vertes, les comptines pour les vents s’élèvent avec le temps compté par la cloche lointaine qui tinte comme un souvenir.

 

Soudain, passe l’ombre des couleurs papillonnant vers son phare tel un dieu qui a déjà asséché mes paupières.

 

De son divin il lui restera le reflet coloré de sa fugace déesse du jour pour tournoyer en courbe reprenant, ignorant, la promesse de la chrysalide.

 

A ton besoin de t’offrir en ombre, je ne peux te dire que le silence mystérieux des souvenirs en éclat lunaire de mes larmes, en alphabet de lumière, phrases de tes couleurs, de toutes les couleurs.

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Poésie 9


Jardin d’étoiles, parc de galaxies, vallées d’univers
Pour autant de couleurs de poussières,
De gouffres en spirales sans vertige
Et de lumières mères des ombres
Présentes et transparentes
Qui s’offrent sans que l’on puisse les cueillir
Comme la poésie fait le poème qui fait le poète.

Mots de novembre


Je croyais que les journées interminables
En mots de poussières étalées sur la lumière
Etaient, avec les cigales, les plus bavardes.

Il y a pourtant, même en silence, plus de mots
Sur le rideau tiré bien tôt de novembre
Entre les feuilles de l’oubli des couleurs solaires

Et les pages du foyer, menteur de chaleur
Sur plage de parquet, canapé pour transat,
Caverne en laquelle se dit le mal d’aujourd’hui,

Paisible derrière le rempart des vitres
Qui n’ont aucun souvenir de toutes saisons
Et qui muettes ne me soufflent ce poème.

Reflets de jardin


Paradis du jour en reflet d’harmonie,

Sa visite en nocturne écrase le silence

De son langage de couleurs.

 

Réalité involontaire sur la vérité

De son créateur patient et acharné,

Le jardin sans besoin de clôture,

Dicte les limites de son rêve

Et parle de son repos redouté

Comme s’il s’agissait de ses angoisses.

 

Enfer de la nuit en reflet de cendre

La visite en diurne éclate le chant

De son langage de couleurs.

Lumière des couleurs


 

Photographie : Boris Sentenac

Photographie : Boris Sentenac

 

La brûlure manquée du printemps naissant s’étend sur le jour et prend la parole sur le voile du rêve tandis que son origine, en phare d’évidence, ne s’étale qu’en certitude sur le mystère de la vie avant que les étoiles, telles espoirs sur la mort, en fassent un langage de souvenirs diffus de lumière.

 

Aveuglante, il n’y a qu’à l’annonce du sommeil que la réalité se reflète, ne se disant alors qu’en vérités visibles de couleurs.

Lis vers l’hiver


Illustration : Svetlana Sirenko (droits réservés)

Illustration : Svetlana Sirenko (droits réservés)

 

Par quelles amarres, à quel port et de quelle époque s’accrochent les maisons injuriant la transparence du temps en couleurs comme timbre d’un cri de vie ?

 

Tourbillon de l’instant jetant sa force centrifuge sur les murs gardiens des mystères de chacun, en italique inversée, on devine les trésors jaunis des placards du fond des ombres.

 

Tandis que la brise de demain balaye la poussière dans la poubelle d’hier, jouant du ciel et d’un arbre éteint aux feuilles de plumes engourdies, la lune chante sur ces violons. Ces cordes de briques, de bois et de terre jouent en nostalgie.

 

Paradoxe du vent qui souffle dans l’oubli tout ce qui s’accroche sur les larmes qui font la survivance de tout ce qui est mort. En guise de réponse apaisante, c’est au crépuscule qu’on célèbre la lumière pauvre et froide en vernis et en pigments.

 

En robe de silence et de constance tel galet sans autre âge que celui de l’éternité, ton chien te suit en patience guidée par sa confiance sans condition et ne traite ainsi le temps qu’en sa présence.

 

Que regardes – tu dans l’invisible qui te fouette ? Crois – tu que la vie est toujours pour demain ?

Quand soudain…


Tandis que la place s’étale dans un bruit diffus, le temps se fige par la lumière de ton regard habillé par la malice de ton sourire à faire blêmir celui de la nuit. Il n’est plus d’autre étoile dans mon souffle saccadé, en voyage sans boussole, guidé par un vent de tempête à la seule rigueur de ta caresse.

Quand soudain…

Le silence prend sens. Nous errons depuis quelques mots d’inconnus médusés dans l’étonnement qui se refuse  à sa raison. Il se répète comme pour revenir sur une erreur.

Quand soudain…

Certain du langage, la colère reprend le silence. Son souffle léger s’envole, irrattrapable comme un enfant qui court avec le rire de toutes les émotions. Tristesse, colère et peur se mélangent avec la joie encore vivace de l’instant d’avant.

Quand soudain…

Notre essentiel naissant devient malgré nous indécent. La joie est morte : fusillée loin de là. Il n’y a plus de lieux, plus de couleurs. Les larmes sont encore en caverne tandis que le soleil pétillant de nos verres n’a plus d’inclination dans ses messages de toute soif.

Quand soudain…

Le premier temps d’un amour qui s’avoue éclate avec l’écho des canons sans aucune raison tandis que d’autres, voilés par la folie, meurtriers et ignorants de la lumière de ces instants, se font exploser pour des idées aspergeant sur notre idylle comme sur leurs victimes une mort pour rien.

Quand soudain…

Il n’est plus d’autre étoile dans le souffle saccadé du monde, en voyage sans boussole, guidé par un vent de tempête à la seule rigueur du chaos.