Tout comme nous


La lune pêche quelques nuages.
Elle plonge son hameçon de nuit qu’elle étire vers le jour, puis se délecte en secret de quelques de ses poissons de guimauve avant de vendre la plupart de ses prises à l’horizon pour qu’il en fasse une soupe d’hiver.
Dans quelques nuits, tout comme nous qui ne pouvons être déçus que par ce qui fait qualité, elle déposera son sou pour boire la lumière sous nos rêves déjà passés.

Nuit


Il n’y a plus d’heure.
Les immeubles sont les ombres d’hier.
La chaleur s’accroche aux quelques nuages qui bavardent avec les étoiles sur le silence de l’instant.
Vaste sujet pareil au ciel que compliquent emmurés, les hurlements des rêves.

Valeurs d’éclats


Comme chinant son espoir dans les étoiles, la lune s’est perdue. La voici cherchant son chemin en suivant les nuages. Se rassemblant, ils bavardent sur l’intruse puis en nuées, s’effondrent de leur fierté tandis que plus haut, silencieuse, la lumière s’est emparée de sa monnaie.

Elancement de prières


Le vent emporte les fantômes

Dont on entend les prières

Accrochées aux branches des arbres.

Ils abandonnent leurs larmes à la terre

Pour devenir tels nuages de mémoires

Qui offriront toutes leurs eaux

Pour abreuver à satiété

L’avenir qui cherche les étoiles

A deux mains


Les oiseaux chantent encore…

Par leurs chants ils empêchent la nuit d’être la mort du jour.

Ils nous offrent ce que l’on ne peut entendre lorsque la ville chante trop fort

Et qu’elle éclaire le ciel de ses lumières prétentieuses
Faisant qu’un maigre jour sur la nuit que les oiseaux font taire.

Projectile lumineux sur la paix de l’horizon,

Tu lances ton regard dans cet invisible chantant et, en un sourire sur le sort conjuré,
ton cœur vit le bonheur.
L’horizon est toujours inaccessible mais il est.

Dans la lumière la plus artificielle perce un regard des plus lucides.
Quel que soit l’horizon, il perçoit les étoiles derrière les nuages,

S’envole avec les chants des oiseaux, caresse la lune qui scrute tous les rêves
et bien que loin en mystères des cieux, il est toujours là.

Mathilde CAILLARD                                                                                                Boris SENTENAC

Savant en croyance


Perdu et enfermé au milieu des hauts pics froids
L’œil de la terre tel cyclope,
Impassible, sombre et froid,
Regarde les cieux en son silence
Laissant les mots pour le vent.

Plus bas, en ponctuation de prairie,
Un peuplier se tient au garde à vous
Devant les souvenirs des montagnes
Fuyant vers la promesse de l’horizon
De mers encore lointaines.

Droit sur sa terre, planté vers le ciel
Comme une plume sur sa page en guise de ciel
Il semble orchestrer le chant des oiseaux
Qui racontent en chants ce que nul pourtant ne peut dire
Et les rires des rivières qui se moquent des rochers

Qu’elles caressent en mémoires froides
Courant au rythme des mots éphémères
Et alors inaudibles, venus de tous les vents
Formant croyance aveugle de tous les savoirs
De l’endroit et de l’instant.

L’arbre en veines complexes d’hiver,
Aveugle du haut regard comme du trait d’horizon
Se fait autorité de posture en bavardages perdus
Comme soufflés des monts et des flots,
Parlant alors tel le ressac en silence perdu de miroir de nuages.

Ce qu’il sait n’est pas ce qu’il est,
Il est ce qu’il ne croît pas être
Il tend à être ce qu’il ne sera jamais,
Et n’ayant que trop peur de n’être rien
Il parle de tout comme si de rien n’était.

L’essentielle unité


Photographie "Before the rain" J2MC, droits réservés

Photographie « Before the rain » J2MC, droits réservés

 

Vagues éternelles sur vagues figées et rongées, comme la lumière et l’ombre, tel un foyer au regard lancé vers la ligne de l’union quotidienne de l’origine, trop lointaine pour converser, l’horizon est l’inaccessible raconté par le vent qui se fait parfois lit de nuage comme silence de sommeil tourmenté.

 

Les fenêtres se jettent sur une terrasse aux colonnes, chacune en garde – à – vous, pour l’honneur de quelques uns qui font face à l’honneur, de tous, oubliés.

 

Pourtant, même par luxe, le regard se fait comme l’expression d’un lointain souvenir, la jetée de la pêche à l’essentielle unité.

 

N’hésitez pas à consulter le site du photographe J2MC

Stade fantôme...

Nuages verts


 

Photographie : "oakley plantation" J2MC, droits réservés

Photographie : « oakley plantation » J2MC, droits réservés

Nous demandant vers où, oui nous serons y répondre à la sortie du chemin qui s’étire en majuscule droite et couchée sous l’éponge de l’éclat soufflant la voyelle en son point.

 

Noble salutation offerte par l’ombre en ponctuation comme autant de baise – mains faisant de la lumière brute, éblouissante ou éclairante, légère ou écrasante, un savoir poli.

 

Le souvenir des nuages verts du devenir sera alors l’affirmation par la caresse ou la gifle devenue verbe sur le monde comme tous les poèmes couchés sur leurs feuilles.

 

N’hésitez pas à consulter le site du photographe J2MC

Stade fantôme...

Monte !


Ne deviens pas ton propre menteur pour faire de toi un mentor.

 

Aucune tempête ne peut souffler l’éclat scintillant des étoiles.

 

Aucune canicule de basses terres n’évapore le trésor simple de reflets de soleil caché comme gloire d’ascension de montagne.

 

Là – haut, le cri de ton regard sur le monde n’éveillera aucun écho.

 

Le silence de ton regard qui s’écoulera sur ta joue te rappellera à la simplicité de la perle des terres secrètes mère de nuages de toutes les mers caressant les terres et qui toujours, pour toutes les mains, s’offre et s’échappe.

 

Monte !

Rideau du vent


Le vent tire sa bâche de nuages sur son plafond noir avant de l’ouvrir, laissant alors tomber un rideau de pluie sur le matin.

 

La poésie, en valise de langage, est salive de voyage.

Des mots de nuages


Il n’est sur le monde de vision stéréoscopique profitable.

A l’inverse de chaque traînée d’avion, qui toutes s’inscrivent sans relief, certaines de leurs caps sur le rêve qui masque les étoiles par un savoir (un seul comme soleil), la pensée unique de chacun lancée comme flèche sur tous, même habillée de chaleur caressante digne de doux printemps, ne peut être louable de crédibilité. Il est déjà trop de mensonges, trop de filtres de lumière, pour qu’apparaisse une seule vérité sur la réalité. L’évolution en témoigne grâce mais aussi malgré nous. Il est un tout pour multiples langages.

De ces mélanges, naît parfois un arc-en-ciel. Pour tous, extase de la surprise suivi du silence de l’enfance que l’on fait taire comme le cris du réel. Notre survie est – elle un mensonge de transparence ? Le spectre décomposé de la lumière n’est – il qu’une magie de conscience ?

La certitude voudrait s’inscrire en éternité. Pourtant, même si nous manquons de temps, un jour chacun en aura mais n’aura plus rien que cela.

Hiérarchiser consiste à juger. Juger consiste à condamner. Des deux parties, une gagne tandis que l’autre perd. Ce qui est perdu pour tous est alors la part d’humanité inscrite à jamais dans le passé qui s’étire en silence hurlant sur chaque matin.

Je préfère, et le dire est peut – être déjà de trop, dans ma quiétude et sans me mentir sur quelques paroles plus légères que le vent, chercher des mots de nuages qui n’auraient pas encore franchi la ligne d’horizon.

Paresse de l’espoir


Nul soleil ne se fait porter.

L’horizon s’est fait engloutir dans la tempête de tes colères tandis que tu te fonds à la nostalgie de terres promises ainsi pareilles à un dieu auquel plus personne ne croit.

Il n’est plus d’eau que les larmes de la douleur de tes épines sauvages mal aimées et couronnées des réminiscences incessantes de tes pétales d’enfant flétris que tu crois seul voir s’envoler dans ta fumée bleue et qui n’est qu’un mensonge trop silencieux de l’oubli. Tes rosiers piquants sont ainsi trop pales. Leur rosé matinale est glacée du vide des heures noires que les milliards d’étoiles n’ont su éclairer. Le nez dans les étoiles, les yeux dans la nuit, ton parfum s’est évaporé.

Tu as choisi de nous rendre reclus dans ta forêt de craintes élancées en mystères. Il est toujours une clairière et j’aperçois la lumière, la mer et l’horizon redéfini comme je suis pour désigner ma vie et non me contenter de vivre seulement pour n’être qu’une ombre.

Toi qui ne connais que le regard noir vide d’essentiel d’une mère, tu t’es fait aveugle du plus grand espoir d’un monde. Comme toutes les mères, elle a donné la mort avec la vie sans envie pour quelques désirs, pareils à quelques paris idiots de casino, qui te condamnent.

C’est en perdant le cauchemar, que les paresseux appellent rêve comme on farde la vérité, que l’on gagne l’espoir du plus humble qui n’ayant rien à perdre, se fait, malgré lui, le plus riche de l’utile rendant futile la tendresse de la mélancolie.

Je ne veux rester dans ta lueur mal calibrée d’un amour seulement promis et juste prétendu. Ta suffisance fait de toi le bourreau de ta condamnation. Avoir été sans fin se termine maintenant. Il me faut te quitter dans la vérité de l’éternité pour nous offrir l’espoir.

Ainsi, j’ai refermé ton portail sans plus savoir ce qu’il lui reste à garder dans ton paradis du sommeil des ronces. Je vais vers mon espoir de quiétude courageuse et faire rayonner le hasard façonné de nos étreintes éteintes. Je retourne vers l’horizon caressé par les brises sans jamais rêver de marcher sur l’impossible. Je veux hydrater la gerçure pour étirer le sourire et en faire enfin le reflet des hauts nuages blancs de l’ardeur.