Le jour s’est levé


Je ne rêve plus depuis que j’ai abandonné l’envie de pouvoir.

J’ai alors relus l’espoir inscrit en encre d’étoile.

Puis le jour s’est levé.

Derrière les étoiles


L’exaltation est nue
Comme les cieux nocturnes
Et s’élève telles leurs lumières
Du passé à l’avenir.

Sauf en chaque abandon,
Maigre éclat de paillette,
S’écoulant telle une larme
Le présent n’existe pas.

Derrière les étoiles
Place ton beau regard
Pour en saisir les mystères
Et devenir ton espoir.

billet d’exil


Forêt de vitres sur troncs de béton
Tous les reflets pour feuilles sont les remparts
Des regards éteints comme froids sur l’hiver.

Fabrique de souvenirs qui jamais
Ne s’inscrivent sur les feuilles vertes
Des printemps de sourires qui n’ont qu’été.

L’ordre est donné, et pour ton grand bonheur
La valeur du billet tant convoité
S’imprime sur la mort de tes hauts bois.

Il manque à la promesse de lumières
La chaleur que la nostalgie retient
Même pour ceux restés sous leur frondaison.

Paroles en reflets, reflets de paroles,
Echo de tes choix en guerre contre toi
Des espoirs sont nés de tes souvenirs.

Pourtant le temps n’existe qu’au passé,
Le présent meurt avant d’avoir été,
Ton avenir est une larme obligée.

Devenir en espoir


La rame clame son départ.

 

Dans le ventre de fer et d’acier qui traverse la ville, la lumière reste étrangère. Quelques virgules blafardes passent comme étoiles filantes tandis que nous filons vers nos nuits.

 

Le silence n’est que de paroles.

 

Le regard constamment étonné par les éclairs sur les visages ternes, esquisse un sourire sur cette toute petite fille portée sur ce qui fut son ventre semblable en son temps au notre de l’instant.

 

Dans son dos un jeune homme cherche quelques étoiles dans les pages de son roman que la brise lancée de ses yeux fait tourner par moment quasi aussi régulier que son souffle.

 

En face, un autre jeune homme enfonce son regard dans sa certitude qui s’est habillée, comme accomplie, d’un costume noir et d’une chemise blanche d’où pend une cravate rose pale en souvenir lointain et silencieux de couleurs.

 

Le silence n’est que de paroles.

 

Dans le ventre de fer et d’acier, la sagesse bien apprise rend aveugle aux virgules qui passent comme étoiles filantes et tandis que nous filons vers nos nuits, la petite fille va encore vers ses rêves.

 

La rame annonce le terminus.

Fin d’ardeur


La saison s’étouffe en solitude.

La fatigue paralyse le jour

Et chacun fuit sa mort derrière ses murs.

 

Le vent cherche encore à dénicher quelques trésors.

Il souffle sur les poussières des jardins

Avant de s’affoler dans les rues désertées.

 

Le silence est langage des souvenirs de la fougue passée.

Le présent s’effondre du ciel

Avant de pleurer l’avenir dans les rigoles.

 

Les lumières opulentes sur le sort des jours

Ne parlent de rien et rassurent en tromperies

Qu’éclaire l’espoir vain de la vie sur les paupières des jours.

Etoiles 1


Le marin a jeté sur les cieux mystérieux son espoir.

Puis, il a dessiné son besoin avec les étoiles.

 

Il a vécu la découverte étrangère à son envie.

Puis, il a raconté ses voyages réduisant tous les espoirs.

 

Aujourd’hui les étoiles bavardent en un langage abandonné.

Elles brillent sur notre savoir comme l’espoir d’une fin de vie.