Nuit


Il n’y a plus d’heure.
Les immeubles sont les ombres d’hier.
La chaleur s’accroche aux quelques nuages qui bavardent avec les étoiles sur le silence de l’instant.
Vaste sujet pareil au ciel que compliquent emmurés, les hurlements des rêves.

Quiétude griffonée


Avec le souffle pour clocher des messes des rêves et trace de ma conscience, sur ton visage gardien de ses phrases de silence pour secrets des jours, à peine ponctués de mots d’un reel inaudible, en ces heures de quietude, tu m’as offert ton sommeil griffoné comme une rature sur un poème.

Midi des hommes


Derrière le rideau élégant du rêve éclatant

Les ténèbres d’hier scrutent le fruit de notre étoile.

Tinte au midi des hommes, comme pour me désigner,

La tour des heures, des prières et des pénitents.

Caché tel un écho derrière les hauts murs des voiles,

Du regard, je dévore le sucre sans barguigner.

Vertige du monde

Vertige du monde


vertige du monde

Photographie : Boris Sentenac, tous droits réservés

Tutoyant la montagne qui se dresse devant elle,

Protégée comme un secret par celle qui l’accueille,

Comme pour être en cet endroit sans s’imposer,

Disant l’espérance des hommes dans son vestige,

Fière et droite dans son histoire et pour autant

Ici sans excès, elle indique à qui la cherche

Et à qui la voit, figé tandis qu’on la croise

Tout ce qui ne se dit pas : ce qui est possible

Face à l’élan ressemblant à l’aboutissement

Des rêves de chacun faisant vertige du monde.

Devenir


En devenir

Le bébé gesticule pour attraper le ciel laiteux

En lançant quelques cris aigus,

Amusé d’être agacé par la promesse chaude et moite

Qui ne se laisse dévorer.

Puis il s’endort.

De la nuit, il ne connait pas encore l’éclat des étoiles

Et c’est le monde qui écrit

Tels nuages sur ciel, ses besoins en langage d’envies

Sur ses pages blanches de rêves.

ReveS


Du silence secret des rêves, comme issus de l’Origine, en langage de nos jours : le barbelé caresse le passage tandis que le possible cisaille la quiétude.

Il est temps de dormir.

Inerte comme la patience à conjurer, nous occupons encore le sommeil de rêves.

Correspondances


Fatigué de sourire, après avoir été engouffré dans le dédale par l’air fuyant l’instant et pourtant jusque-là transparent sur la ville, les couloirs s’échappent dans l’absence à chacun de mes pas décidés à prendre un métro pour rien, celui du sommeil pour accompagner celui de la chaleur.

Tout devient étranger comme les bavardages en correspondances au vacarme des rames.

Les stations ne sont que repères de patience qui n’ont plus de sens : panneaux d’anciens prestiges en nouveaux vestiges, correspondances qui éblouissent les rues et éclaboussent les cieux qui n’ont que le souvenir des égards portés tout sourire vers les étoiles dès lors dénuées de leurs correspondances sur les rêves.

Rêves


Combien de larmes d’étoiles se sont écoulées pour que naisse le rêve des terres qui, en chaque vague, enfante vers les cieux ?

Et tandis que la terre craque sous le mensonge de la neige, la mer n’a que faire de la poudre blanche des paroles de ses fils qui l’accompagnent.

Elle étale tous les spermes inutiles de ses mystères sur la plage où je n’entends que l’éternité de la fin de son propre rêve, tandis que désormais dans l’infini, scintillent les étoiles.

Apaisement


A Ana.

Le miracle ne serait qu’un enfer
Si les étoiles n’avaient de secrets.
Leurs éclatantes lumières
Qui transpercent le temps pour s’exprimer
Jusqu’ici et même ailleurs sont langage
De leurs promesses que nous entendons
En scintillement si riches d’espoirs.
Regards multiples chuchotant leurs songes,
Avec leurs mondes elles sont réalité
Et parlent en toutes saisons sur nos rêves.
Puisque ton sommeil est fruit d’univers,
Ferme enfin les yeux et apaise – toi.

A deux mains


Les oiseaux chantent encore…

Par leurs chants ils empêchent la nuit d’être la mort du jour.

Ils nous offrent ce que l’on ne peut entendre lorsque la ville chante trop fort

Et qu’elle éclaire le ciel de ses lumières prétentieuses
Faisant qu’un maigre jour sur la nuit que les oiseaux font taire.

Projectile lumineux sur la paix de l’horizon,

Tu lances ton regard dans cet invisible chantant et, en un sourire sur le sort conjuré,
ton cœur vit le bonheur.
L’horizon est toujours inaccessible mais il est.

Dans la lumière la plus artificielle perce un regard des plus lucides.
Quel que soit l’horizon, il perçoit les étoiles derrière les nuages,

S’envole avec les chants des oiseaux, caresse la lune qui scrute tous les rêves
et bien que loin en mystères des cieux, il est toujours là.

Mathilde CAILLARD                                                                                                Boris SENTENAC

Flamme de vie


Souffle

La bougie qui se déshabille
A mesure que la lumière
Fait la cause de sa corde
Avant de s’éteindre
Dans son sommeil
Alors délié de raison,

Et rêve

Alors délié de raison,
Dans ton sommeil
Avant de t’éteindre
D’être la cause de la corde
A mesure que la lumière
De la bougie qui se déshabille

Souffle tes rêves.

 

Hiver


Poussière d’étoiles sur sommeil de jardin,
Ses rêves sont piquants.
La lucarne regarde
Sa terre d’or dure,

Chuchote le foyer et
Se drape des toiles ridées de buée.
Nos mots s’endorment en leur lit de lumière
Sous leur couverture d’espoirs.

Rêves


Les rêves ont la chaleur froide du néant vêtu de bleu.
Antagonistes, les sons sont étouffés et l’irréel se vit.
Au-delà des désirs, sans la temporalité de l’écho, revêtus du mystère des cieux en restant à la lisière des yeux, ils témoignent de riens qui font tout et de tout qui ne font que rien de nous.
Leur alphabet s’arrange avec notre langage mais leurs majuscules ouvrent nos yeux sans traverser les paupières de notre signature.
Essentiels, on les ressent sans pouvoir les attraper, on ne peut rien contre leurs marées, basses ou bien trop hautes.
En expressions de codes et de secrets, quelques mots parfois s’échappent mais se noient dans le silence de l’endroit et la perplexité qu’offre l’instant à celui resté éveillé.
Loin de la poésie, ils vivent en poèmes dans la souffrance de leur ponctuation et de l’extase assouvie comme matière et anti matière aux origines de l’univers dont on ne sait si comme nos rêves, il est abouti…

Toujours trop tôt (en métro)


Tunnel de la ville aux heures du tunnel de nuit,
Mutisme comme tous les rêves empêchés,

Punis, sans satisfaction de contrefaçon,
Il ne se se prononce aucun mot accusateur,

Sauf ceux des regards, dévorés par les néons
En lunes absorbantes de toutes les paroles.

Le silence est religion, défense de soi
Défendant le silence : pudeur des regrets.

En chacun, éternellement tel bruit de mort,
Sauf celui qui se lèvera aussi trop tôt

les soleils ont fondu en plume de corbeau
Croassant sans cesse sur la lune et le silence.

Sans sagesse


Les courbatures du matin
Désignent l’injure faite à la nuit
Et l’avertissement de la mort.

La nuit va se couvrir
De fatigues et de rêves
Hurlant de silence.

La mort n’existe
Que parce que la vie
Ne s’endort jamais.

Les heures violées
Sans sagesse de sommeil
Font soleil de vie.

Révolution


Ce matin, le ciel a la couleur du journal

Survolé des certitudes de chacun.

 

Ce soir, la terre aura la couleur de la nuit

Enveloppante des rêves de tous.

 

Entre deux, l’essentiel : nos yeux verront,

Transparente, notre mémoire de l’un envers l’autre

 

Puis, comme planètes, ils révolutionneront,

Réunis à nouveau, le silence furtif.

Regard d’éclaircie


Lac de ciel aux bordures de lumière et d’ombre,

Lac d’un souffle figé comme un souvenir aux bordures d’eau.

 

Horloge sans aiguilles, elles se sont envolées et

S’érigent et se croisent, ailleurs comme éphémères traits de craie.

 

Monocle entre regard et invisible

Comme le temps, silencieux, imperturbable à toutes peurs

 

Que les prières murmurées des horloges suscitent,

Il semble lucarne de rêves dans de longs draps de nuages

 

Comme sur le vaste monde, on regarde le même ciel,

Glissant en voyages des vents, Sans jamais rien voir de pareil.

Boucle


L’homme nouveau sur terre ancienne

Ne parle que de son nuage.

Le pouvoir façonne les rêves

Sans jamais construire le sien.

 

La terre ancienne à l’homme nouveau

Parle de ses ors offerts puis repris sur ses mers.

Les rêves façonnent un temps

Sans jamais reconstruire le sien.

 

Les rêves sont les étoiles

Dont on ne devine l’ardeur.

Elles façonnent l’espoir sur leur lit noir

Sans jamais faire taire le cauchemar.

Poème


Je suis tel un volcan.

L’essentiel brûle en moi

Et dilate mes rêves.

Puis le réel brillant

Jaillit comme un secret,

Comme la mort d’une étoile,

Et s’écoule sur ma joue

Pour devenir poussière

Ou sable sur la plage.

Fossile de vie figé

Qui s’endort sur sa page

Tous les mots vers le ciel.

S’étale le nouveau né

Dans son cri de poème.

Regard étoilé


Loin de son regard, derrière les murs de lâcheté et de trésors à bonne heure, bourdonne la moquerie sur celui qui, la nuit, marche le nez en l’air.

 

Au dehors, la faiblesse pousse à se taire et écrase les regards de tous vers leur destinée finale. Ils sont illuminés, blafards comme aveuglément blasés, par les éclats outranciers des villes faisant chants de sirènes.

 

La croyance en l’abondance a façonné le progrès en langage d’avenir. Au présent, confondant le plaisir avec le bonheur comme ébloui par les couleurs aguicheuses, l’opulence se dit avec le manque.

 

N’ayant que faire des moqueries lumineuses, celui qui a le nez en l’air ne s’enrhume pas de rêves. Il lit le silence noble de l’espoir et respire la vie.

 

Quant aux autres, savent – ils déchiffrer les étoiles comme ils savent lire les enseignes ? Et, durant un instant, furtivement, enfin seuls, comme un peu honteux de n’être que d’un monde et délaissant alors les tubes des voix dictées, pourquoi certains parmi ceux – là s’offrent – ils, en suivant la voie lactée du regard, une larme en guise d’étoile filante ?

Couche



Le regard fixe de la pensée tire son rideau et, paupières fermées, fait son lit du sourire offert à l’instant.

Demain, c’est en la lumière qui fait silence de sa chaleur, se déclinant alors en son éclatante splendeur, que tu secoueras la poussière de nos rêves pour qu’elle brille en étoiles au soir revenu.

Les couvertures, en vagues de couleurs, inspireront la fraîcheur du jour avant de s’endormir, en patience comme virgule anachronique aux nôtres, pour nous offrir nos caresses comme venues du vent du matin etalé ici et étalant l’instant, mieux que les songes du monde.

Cauchemar sur unirêves (comme paroles entendues)


Photographie : Boris Sentenac, droits réservés

Photographie : Boris Sentenac, droits réservés

 

Le cauchemar, par son eau vaporeuse qui s’est voulue absolue dans le don de la vie, tente de noyer la lumière qui me sourit en rêve.

 

Le rêve est ce langage de tout parlant de la profondeur de l’être à faire rougir l’horizon des mers.

 

Ce cauchemar, en altitude vagabonde, se fait maître de l’ombre tandis qu’il oubli qu’il n’est que sujet du vent indomptable.

 

Rugir face à la surdité des nuages, qui se fait absurdité, ferait reflet de folie dans les regards. Le déni, pour ne voir que le bonheur toujours présent même caché sous l’obscure parole qui s’en fait manteau, serait mentir. Que dire du parti pris ?

 

Mon regard a donc fait son choix. Sans regret et bien loin de toute naïveté, en connaissance des mensonges, des non dits, j’admets le bonheur, même secret, de chacun et c’est aussi ainsi que je ne reviendrai pas sur le mien.

 

Le ciel n’est pas une trahison. Il n’est pas non plus à justifier tant il est naturel sauf dans le regard étriqué de l’être réduit à la pensée. Pourtant, chacun peut se rendre compte que le sens d’une phrase ne se fait pas qu’en mots. Interchangeables, ils ne trahissent jamais le sens de l’être dans sa phrase et ses maux. Et puis, on sait que pour tous, le sens se fait aussi par les sens…

 

Aussi visible que le silence, sans jamais me renier, en attendant la fin des sécheresses et l’évaporation des mauvaises soifs, vivant pleinement mon bonheur au même titre que chacun vis à vis du sien, je reste tendu vers les messages de toutes les étoiles.

Rêves croisés


Photographie : "Au loin" J2MC, droits réservés

Photographie : « Au loin » J2MC, droits réservés

 

Le phare de l’horizon est comme une injure à la mort de la lumière que racontent quelques nuages perdus dans les heures tardives et au dessus des flots éternels. Ils semblent parler avec le sommeil de la mer.

 

Bientôt, le repos se couvrira de tous les espoirs inaccessibles et pourtant fidèles en promesses pour marins.

 

Le phare de l’horizon en une seule lumière sera alors majuscule, virgule ou point pour voyageurs lointains encore silencieux comme les cieux.

 

D’ici et de là – bas, dans la différence de chacun et l’indifférence de tous, dans l’alternance du feu, se croisent tous les rêves inconnus.

 

N’hésitez pas à consulter le site du photographe J2MC

https://www.flickr.com/photos/walberthur/

Corridors des fumées


Photographie : "La baleine qui voulait boucher le port de Marseille" J2MC, droits réservés

Photographie : « La baleine qui voulait boucher le port de Marseille » J2MC, droits réservés

 

Le rêve de la vie est en constante évolution libérant ou oppressant tous les vents, façonnant la lumière en offrant seul la couleur du jour.

 

Les corridors des fumées impassibles au ciel de mer, mère du ciel, habillés de contre – jour, silencieux et stoïque comme la mort, crachant comme un songe le mensonge de l’hiver, alliant le confort avec le nécessaire, trahissent, en s’exprimant par nuages piquants, nos corps inaptes qui vivent sur l’espoir aussi indispensable que ressemblant aux vagues élevées par l’horizon.

 

Des mers, ils en connaissent le voyage sans qu’ils ne puissent à cet instant en distinguer le départ de l’arrivée.

 

Châteaux de ciel, endormis comme essoufflés, ils se dressent comme le devenir de nos bavardages : en vestige sur l’essentiel qui, en silence, se fait beauté.

 

N’hésitez pas à consulter le site du photographe J2MC

https://www.flickr.com/photos/walberthur/

Instant


La tempête au dehors, comme guerrière en campagne contre le temps, ne sait rien de ton souffle qui, en caressant la couverture de mon omoplate (réceptacle de ta poésie et source de mes poèmes), écrase des rêves sur mes paupières.

Nuit


Après que l’or du jour ne fonde et coule au fond des mers, le tapis rouge des rues des retours s’étale avant d’être enroulé et rangé par l’horloge qui radote en quotidien.

 

Plus tard, tandis que je veille mon sommeil décédé, la lumière invisible du lendemain étranger caresse le sourire de la nuit.

 

Les étoiles, en vies mystérieuses injuriant la mort infinie, gardent le secret de tous les soupirs d’avenir qui se font, en bel et pur abandon, la parole de leur regard de bulles de réel sur les rêves.

 

Avant que le soleil ne se lève de son drap d’horizon, le tapis blanc des rues des départs s’étale avant que je n’enroule et que je ne range mon inutilité forcée pour l’horloge qui radote quand même pour tous jusque dans le néant quotidien.

En chant de l’heure


Soleil de poêle célébrant la lumière

Renaissante, jeune et encore fraîche

De promesses de blés et de poussières blanches

A faire des soleils sucrés pour sourires simples

Loin, trop loin peut – être, du virtuel qui se vend

En renouvellement de bonheur et de rêves

Prenant le terme de  » réalité  »

En jetant la beauté des prières.

Souvenirs en lit de rêves


Berceau d’étoiles aux branches invisibles

Plongées dans un seau de survie

En guise de magasin sur un trottoir

Caressé par le dieu des mimosas

Dans sa douceur hivernale et prometteuse

Des couleurs du printemps à venir,

 

Furtif parfum en rire de lumière

Courant en joie comme un enfant

Transparent aux rides faisant couronne

Du regard de leur gardienne qui se sert

De la magie de l’éclat fleuri

Sans plus croire à son langage,

 

La poésie n’est cependant pas bourgeoise.

Elle est la noblesse d’être du temps

Avec la lumière de tous les instants.

Le passant dédaigne le rire,

La marchande s’expose au silence

De larmes sèches arrachées par tous les vents.

 

Pour tous, habillés de nuit,

En sérieuse hiérarchie d’austérité,

C’est une opportunité simple

Au demeurant naïve et manquée

Comme une honte de souvenirs

En paisible lit de rêves pourtant éternels.

Quotidien


 

Au loin, dans le matin froid, la montagne Sainte Victoire fumante de ses rêves joue sagement à cache – cache avec les collines vertes qui glissent dans le quotidien terne et presque transparent du passé drapé d’habitudes linéaires que chantent en monotonie majeure toutes les minutes des trente cinq du bus au sens des heures à pointer.

 

Dans le néant du soir d’hiver, me voici conscient de la langueur obligée passée et dans le déni de la fugacité de l’essentiel simple à venir. La monotonie est alors virgule des temps. No man’s land comme enfance aveugle sur les minutes qui ressemblent aux heures.

 

L’oubli se coince pincé dans l’empreinte, comme la route, entre les reliefs du matin et ton sourire du soir. Le temps n’est rien.

Mer


Berceau des lumières, du jour et de la nuit, tu t’en fais parure dans le langage de ta danse incessante. De quel rayon de caractère t’inspires – tu pour te faire soleil ? Tu te fais brûlure de vie en arguant de réponses aveuglantes. De quel éclat de caractère t’inspires – tu pour te faire lune ? Tu te fais possessive des couleurs en hurlant protéger les rêves.

 

Ventre des secrets de l’essentiel, tu permets d’être à tes enfants fidèles tandis que tu es noyade pour les fils des aventuriers des terres qui t’ont quittés. Tu es caméléon du ciel en souvenir de l’audace de leur rêves et tolérante à leurs caresses sur ta surface.

 

Belle négociatrice, accepte les rivages. Ne te fais pas ogre du monde après en avoir été la mère. Admets, pour que perdurent tous les amours, que si nous ne sommes chacun que matelot à l’origine de tes tempêtes, à l’origine de nos manques nous devenons capitaine.

 

Sur le même thème vous pouvez lire de Margot Roisin https://versantares.wordpress.com/2016/02/09/souffrances-de-la-mer/

Matin


Les empreintes de tes rêves deviennent lits de l’oubli.

 

Au réveil, le ciel est comme page blanche de poète.

 

Au loin, des poussières d’oiseaux survolent l’horizon déchiré des matins.

 

La couverture de vapeur enveloppe en mystère la colline.

 

Elle fait face à son reflet d’évidence par la lumière.

 

L’heure se donne par le soleil qu’on croirait injuste comme la chance.

 

Tandis que l’oubli lisse ton visage,

 

Le ciel se charge des larmes et des sourires de la journée.

Fin de l’été


Comme accroché à leurs longues cordes blanches arrachées aux terres qui veillent l’été mourrant, les avions éparpillent leurs rêves d’horizons.

Phrases silencieuses mais sans mystère du ciel, la lune les ponctue en un point de craie.

Puis, le royaume simple de la lumière se refait marbre avant un dernier vent voleur des parfums et stupeur des cigales.

De ces pays de souvenirs mérités, les vieilles pendules de chaque maison qui se répondaient dans les rues, continuent de sonner midi dans l’oubli d’un temps fluorescent sans nuances de vérités, étouffé par la réalité.

Nuit du matin débordant des rives du jour, le diktat du néon en compensation hystérique au bonheur redevient raison.

Percée


Photo : Margot Roisin (droits réservés)

Photo : Margot Roisin (droits réservés)

 

Voyageuses fantomatiques, au souffle, les vapeurs racontent en de lentes danses leurs secrets de couleurs dévorées.

 

En un regard, le silence impose sa menace et sa peur d’amours défendues.

 

Percée, aveuglée de lumières comme autant de bavardages inutiles, nous t’offrons nos sourires carmins pour grimaces de rides étrangères.

 

Alors, notre terre s’endort sur le lit de l’horizon. Rêves linéaires de lendemain, l’heure est à l’apaisement d’hier

 

Photo extraite du blog :

https://regardsdicietdailleurs.wordpress.com/

Nostalgie manquée


Hauts remparts habillés de sapins sous col blanc, la caresse furtive et froide dérobe la poussière de pluie.

 

Liberté et vie s’élancent opaques vers la lumière de nos vallées quadrillées l’été en champs de soleils et de blés.

 

Ici, le moulin reçoit l’ombre des nuages comme rêves de farine envolée.

 

Le vent emporte les quelques paroles frêles qui s’accrochent à l’âge de leur canne et dévoilent les secrets mourant d’éternels sages et patients cyprès.

 

Mon regard s’accroche alors sur les montagnes comme le vieillard à sa fraîcheur essoufflée.

 

Les exploits et les farces racontés sont la pénombre des déveines comme mes rêves sont déjà à pleurer.

Journée d’erreurs brillantes


Les rues s’agitent aux heures des rêves de néons.

La fumée des sourires est duperie exigée.

Jusque dans le repos, brille le langage des parades éclairées.

Même dans le lit résonne l’amour propre en plaisir d’échange assouvi.

Enfin le brouillard de vacarmes se pétrifie aux heures aveugles des paroles de silence.

Inutile


Caresse de la peur d’un monde naissant sur l’amour telle qu’est roc sur lit de mousse.

La différence se vit jusque dans la fuite de la nuit.

Les rêves reflètent la transparence de l’oubli et s’étouffent dans l’éclat de l’aube froide et humide.

La place de l’un est figée de solitude pour cautèles de mouvements et de tumultes comme fumée de vie pour d’autres.

Juge, et succombe gorgé de luxe de certitudes, l’inutile aussi fondamental que ta caresse de la peur d’un monde mourrant sur l’amour tel qu’est roc sur lit désormais séché.

Eclat de nos jours


Sur le balcon de nos rêves qui s’endorment à la caresse de la jeune chaleur, les ombres s’accrochent encore comme sécheresse de nuit.

 

Un angélique sourire de désolation sur cet inutile aveugle se fait guise de croissant de lune sous l’éclat de tes yeux comme étoile de ton « bonjour ! »

 

Ma main accompagne alors la brise dans la fougue coiffée par l’oreiller et restée figée.

 

La richesse des heures endormies nous offre le temps du midi qui n’aura ni heure ni clocher. La spontanéité est l’innocence de la vérité.

 

La lumière est encore silence et, avant même d’entamer le tintamarre de la journée, se dépose sur l’oppression des méfiances sombres et condamnées, à la pointe du jour, l’éclat simple de nos jours.

En attendant le repos


Parmi les innombrables regards aveugles et scintillants de la nuit, la trahison errante du présent, boule de reflet d’un lendemain, passe imperceptiblement semblant vanter la réminiscence d’hier.

Patience déjà éclairée des larmes qui s’accrochent aux frêles espoirs d’un néant sans cesse trompé, toujours gagnant.

Le tourbillon de la vie se noie solitaire dans la lenteur silencieuse de l’ombre inquiétante et respire le mensonge précipité du vacarme rassurant des jours.

En attendant le repos retenu par les rêves, comme la mort retient la vie pour être la peur, je me fais loup en hurlant aux lumières sourdes, aux chaleurs perdues se reflétant sur mes pupilles mouillées, mes excuses à ne pas aimer les rondes savamment étourdissantes de l’oubli rafraichi par les rires du bonheur convenable de mon caillou.

De ce qu’on établit, malgré nos defiances rassurantes, tout semble tenir par son contraire.

Promesses déchues


A l’inverse des étoiles, les rêves n’ont pas d’âge car ils s’évaporent en secret d’absence.

Quand la lumière écrase la lueur qui resurgira immuablement à la brune de silence telle que paire et impaire de balancier d’horloge, l’espoir se soumet à la chaleur étouffante. Expression du temps qui se promène en roi éphémère du zénith et qui se lit en ombre.

Puisque antagonistes, mon aurore sera ton crépuscule.

Dans mon regard, l’horizon est tel que le filet céleste du pêcheur de l’espoir d’un ailleurs. Mon salut est bien alors ton piège.

Accroché à l’inexistence d’un temps voulu, serment détrôné tu passes révolu pareil à ses phares d’inconnus qui ne savent pas, en rivalité écrasée sur le retour de leur secret et par eux-mêmes aveuglés, assourdis par le ronronnement et chuintant en lame de vent, la plénitude scintillante de la nuit ainsi éteinte et troublée.

Il reste pour ces déçus de promesses déchues (à la vie, à la mort) à briller encore en songes mort-nés et à nouveau en jeunes espoirs.