ReveS


Du silence secret des rêves, comme issus de l’Origine, en langage de nos jours : le barbelé caresse le passage tandis que le possible cisaille la quiétude.

Il est temps de dormir.

Inerte comme la patience à conjurer, nous occupons encore le sommeil de rêves.

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Correspondances


Fatigué de sourire, après avoir été engouffré dans le dédale par l’air fuyant l’instant et pourtant jusque-là transparent sur la ville, les couloirs s’échappent dans l’absence à chacun de mes pas décidés à prendre un métro pour rien, celui du sommeil pour accompagner celui de la chaleur.

Tout devient étranger comme les bavardages en correspondances au vacarme des rames.

Les stations ne sont que repères de patience qui n’ont plus de sens : panneaux d’anciens prestiges en nouveaux vestiges, correspondances qui éblouissent les rues et éclaboussent les cieux qui n’ont que le souvenir des égards portés tout sourire vers les étoiles dès lors dénuées de leurs correspondances sur les rêves.

Rêves


Combien de larmes d’étoiles se sont écoulées pour que naisse le rêve des terres qui, en chaque vague, enfante vers les cieux ?

Et tandis que la terre craque sous le mensonge de la neige, la mer n’a que faire de la poudre blanche des paroles de ses fils qui l’accompagnent.

Elle étale tous les spermes inutiles de ses mystères sur la plage où je n’entends que l’éternité de la fin de son propre rêve, tandis que désormais dans l’infini, scintillent les étoiles.

Apaisement


A Ana.

Le miracle ne serait qu’un enfer
Si les étoiles n’avaient de secrets.
Leurs éclatantes lumières
Qui transpercent le temps pour s’exprimer
Jusqu’ici et même ailleurs sont langage
De leurs promesses que nous entendons
En scintillement si riches d’espoirs.
Regards multiples chuchotant leurs songes,
Avec leurs mondes elles sont réalité
Et parlent en toutes saisons sur nos rêves.
Puisque ton sommeil est fruit d’univers,
Ferme enfin les yeux et apaise – toi.

A deux mains


Les oiseaux chantent encore…

Par leurs chants ils empêchent la nuit d’être la mort du jour.

Ils nous offrent ce que l’on ne peut entendre lorsque la ville chante trop fort

Et qu’elle éclaire le ciel de ses lumières prétentieuses
Faisant qu’un maigre jour sur la nuit que les oiseaux font taire.

Projectile lumineux sur la paix de l’horizon,

Tu lances ton regard dans cet invisible chantant et, en un sourire sur le sort conjuré,
ton cœur vit le bonheur.
L’horizon est toujours inaccessible mais il est.

Dans la lumière la plus artificielle perce un regard des plus lucides.
Quel que soit l’horizon, il perçoit les étoiles derrière les nuages,

S’envole avec les chants des oiseaux, caresse la lune qui scrute tous les rêves
et bien que loin en mystères des cieux, il est toujours là.

Mathilde CAILLARD                                                                                                Boris SENTENAC

Flamme de vie


Souffle

La bougie qui se déshabille
A mesure que la lumière
Fait la cause de sa corde
Avant de s’éteindre
Dans son sommeil
Alors délié de raison,

Et rêve

Alors délié de raison,
Dans ton sommeil
Avant de t’éteindre
D’être la cause de la corde
A mesure que la lumière
De la bougie qui se déshabille

Souffle tes rêves.

 

Hiver


Poussière d’étoiles sur sommeil de jardin,
Ses rêves sont piquants.
La lucarne regarde
Sa terre d’or dure,

Chuchote le foyer et
Se drape des toiles ridées de buée.
Nos mots s’endorment en leur lit de lumière
Sous leur couverture d’espoirs.