Cauchemar sur unirêves (comme paroles entendues)


Photographie : Boris Sentenac, droits réservés

Photographie : Boris Sentenac, droits réservés

 

Le cauchemar, par son eau vaporeuse qui s’est voulue absolue dans le don de la vie, tente de noyer la lumière qui me sourit en rêve.

 

Le rêve est ce langage de tout parlant de la profondeur de l’être à faire rougir l’horizon des mers.

 

Ce cauchemar, en altitude vagabonde, se fait maître de l’ombre tandis qu’il oubli qu’il n’est que sujet du vent indomptable.

 

Rugir face à la surdité des nuages, qui se fait absurdité, ferait reflet de folie dans les regards. Le déni, pour ne voir que le bonheur toujours présent même caché sous l’obscure parole qui s’en fait manteau, serait mentir. Que dire du parti pris ?

 

Mon regard a donc fait son choix. Sans regret et bien loin de toute naïveté, en connaissance des mensonges, des non dits, j’admets le bonheur, même secret, de chacun et c’est aussi ainsi que je ne reviendrai pas sur le mien.

 

Le ciel n’est pas une trahison. Il n’est pas non plus à justifier tant il est naturel sauf dans le regard étriqué de l’être réduit à la pensée. Pourtant, chacun peut se rendre compte que le sens d’une phrase ne se fait pas qu’en mots. Interchangeables, ils ne trahissent jamais le sens de l’être dans sa phrase et ses maux. Et puis, on sait que pour tous, le sens se fait aussi par les sens…

 

Aussi visible que le silence, sans jamais me renier, en attendant la fin des sécheresses et l’évaporation des mauvaises soifs, vivant pleinement mon bonheur au même titre que chacun vis à vis du sien, je reste tendu vers les messages de toutes les étoiles.

Publicités

En éphémère


Illustration Svetlana Sirenko (droits réservés)

Illustration Svetlana Sirenko (droits réservés)

Bulle du fruit des terres maquillées en fumée pour saluer les cieux timides et offrir sur son lit une ombre d’humilité nécessaire aux prétentions passées de la lumière.

 

Tu t’inclines devant le don pour faire don à ton tour en traducteur des messages de ce qui fait ton éclat tandis que tu restes droit, plongé en terre nourricière à qui tu offres ta douceur apaisante.

 

Raconte encore le silence des couleurs.

 

Salutation forcée sur les herbes séchées, le temps inconnu courbe la vie en cet instant qui s’oublie et s’accroche à son origine pour s’approcher inéluctablement du point de rupture, règne absolu du vent.

 

Ainsi tu sais l’inconnu transparent balayeur de poussière, voyageur des lendemains, et tu restes dans le mystère de la force de tes racines accrochées à l’éphémère inexistant qu’est le présent.