Révolution


Ce matin, le ciel a la couleur du journal

Survolé des certitudes de chacun.

 

Ce soir, la terre aura la couleur de la nuit

Enveloppante des rêves de tous.

 

Entre deux, l’essentiel : nos yeux verront,

Transparente, notre mémoire de l’un envers l’autre

 

Puis, comme planètes, ils révolutionneront,

Réunis à nouveau, le silence furtif.

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Admettre


De l’espérance, lorsque le seul feu détonne dans le déni (salvateur mensonge que de l’instant d’un rien), il ne reste que le néant d’un souvenir.

Crépuscule imaginaire contre fugace virgule comme bourrasque faisant non – sens, il n’est de mort en phrase ni de folie en ratures.

Brouillon de vent sur page blanche en lésion de rêve, jamais n’inspire de mise au propre des ensembles sans risquer de rendre muette la nuance des encres ! Souhaite la lumière filante.

Chacun n’est rien s’il ne résonne en trouble. Il n’est d’insulte que dans un temps figé. Le risque de vivre n’est pas la colère. Il est d’aimer.

La furie est aussi simple et inutile que nez en l’air à souffler sur la fortune des nuits. Aimer est aussi difficile que d’entendre leur chant silencieux. L’univers s’étend rond comme révolution : ici est là – bas de lendemain. La naïveté, graine de fleur à dessiner en lettre, s’apprivoise mais ne perd son éclat.

Qui peut se croire étoile filante par canon sans faire mensonge de jardin la certitude des ténèbres ? La pierre chauve et dure n’est qu’ornement de paradis et ne règne qu’aux extrêmes caniculaires ou glacées de vents secs. Maintenant est une utopie, prison vaine et mère d’écho de tempête en bocal dont il ne reste que quelques perles caressantes comme larmes sur joue.

Les couleurs sont les nuances qui résonnent en différences comme chant de tous les possibles. Ecoute ta voix comme murmure et voit le simple rayon que tu es du spectre du monde pour admettre le temps qui n’est qu’à venir pour faire, à ton horizon partagé et aux farces en fosses aveuglées, face en force éclairée.

Admettre les étoiles n’est pas renier le soleil. Malgré les prières qui ne s’expriment qu’aphone, l’évidence de l’astre laisse toujours sa place aux lumières innombrables.

Couleur du bonheur


Poète jardinier des regrets, qui n’a su parler de ses marguerites sans les effeuiller et qui chante sa rose et ses pétales que les ailes de l’ange que tu es, pour chaque plume, habillent de la lumière de caresses sur le sommeil de ton amour.

Rebond de rêve dans ton regard de promesse fait de pépites de sourire de lune, d’éclat de jade et de poussières d’étoiles que nul joaillier qui ne sait tailler mot ne peut en faire trésor d’amour, souvenir de parfum de lendemains gardés en secret de brume même évaporée, il grave la cicatrice des pierres.

Fleurs renversées, pierres blessées par la constance prétentieuse d’espoirs, enfin coule l’ambre en rivière de soleil éclairant nuits et saisons. Patience de langueur, bousculades d’erreurs, peu importe que l’éternité meure.

Légère est l’heure de celui pour qui les saisons se font instant et qui sait l’unité du ciel et des terres pour devenir enfin semeur de sa couleur.

Lumière d’absence


Laisse toi porter par les brises comme l’amour porte plus loin les regards que ceux d’un indien stoïque scrutant mystérieusement l’étendue des terres immobiles.

 

Il n’est de plume d’amour qu’en simple ornement d’ébène long sur peau d’automne. Dans les cieux, la lumière ne prend couleur que par impraticable détour.

 

Incontournables fulgurances d’étreintes comme impossibles orages de nuit sur ta haute montagne, les mélodies improbables sont vacarmes de larmes.

 

Au soir de la patience, sous les étoiles comme paupières ouvertes, à l’encre brune, plutôt que de crier l’absence au charisme d’une utopie, chuchote l’évidence pour la danse du regard du pâle voyageur avec qui tu partages tant de lunes.