Amour en devenir (poème)


L’amour est tel un rêve :

Il est ailleurs ici

Et s’efface au réveil.

 

Ivresses des minutes

Tes vapeurs font ton ciel

Comme l’oubli sur l’étoile.

 

La lune te sourit

Te disant le vestige

En reflet de flammes.

 

Poussière de regards

L’espoir en souvenirs

S’écrase sous la pluie.

 

Silence du néant

Pour science du chaos,

Je le vis en virgules.

 

Le souffle n’est repris

Qu’au diktat du bonheur

Pour un ultime cri

 

D’errance sur erreur

Figeant toutes les heures

D’un réel en horreur.

 

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Retombée répétée


Les mots secs s’étalent sur la page blanche que la brise soulève comme pour tenter d’éveiller de la nuit le souvenir sur le devenir.

 

Le temps déposera les eaux de son abandon sur la page gondolée que la poussière recouvrira comme pour tenter de compter les jours du souvenir sur le devenir.

 

L’oubli sera le ruban gris et son nœud sera son seul mot qu’il prononcera comme pour tenter d’étaler sa couverture transparente sur le souvenir sec craqué.

 

Et durant tout ce temps,

Ton silence ne sera

Que mensonge éternel passé.

Devenir


En devenir

Le bébé gesticule pour attraper le ciel laiteux

En lançant quelques cris aigus,

Amusé d’être agacé par la promesse chaude et moite

Qui ne se laisse dévorer.

Puis il s’endort.

De la nuit, il ne connait pas encore l’éclat des étoiles

Et c’est le monde qui écrit

Tels nuages sur ciel, ses besoins en langage d’envies

Sur ses pages blanches de rêves.

Devenir en espoir


La rame clame son départ.

 

Dans le ventre de fer et d’acier qui traverse la ville, la lumière reste étrangère. Quelques virgules blafardes passent comme étoiles filantes tandis que nous filons vers nos nuits.

 

Le silence n’est que de paroles.

 

Le regard constamment étonné par les éclairs sur les visages ternes, esquisse un sourire sur cette toute petite fille portée sur ce qui fut son ventre semblable en son temps au notre de l’instant.

 

Dans son dos un jeune homme cherche quelques étoiles dans les pages de son roman que la brise lancée de ses yeux fait tourner par moment quasi aussi régulier que son souffle.

 

En face, un autre jeune homme enfonce son regard dans sa certitude qui s’est habillée, comme accomplie, d’un costume noir et d’une chemise blanche d’où pend une cravate rose pale en souvenir lointain et silencieux de couleurs.

 

Le silence n’est que de paroles.

 

Dans le ventre de fer et d’acier, la sagesse bien apprise rend aveugle aux virgules qui passent comme étoiles filantes et tandis que nous filons vers nos nuits, la petite fille va encore vers ses rêves.

 

La rame annonce le terminus.