Correspondances


Fatigué de sourire, après avoir été engouffré dans le dédale par l’air fuyant l’instant et pourtant jusque-là transparent sur la ville, les couloirs s’échappent dans l’absence à chacun de mes pas décidés à prendre un métro pour rien, celui du sommeil pour accompagner celui de la chaleur.

Tout devient étranger comme les bavardages en correspondances au vacarme des rames.

Les stations ne sont que repères de patience qui n’ont plus de sens : panneaux d’anciens prestiges en nouveaux vestiges, correspondances qui éblouissent les rues et éclaboussent les cieux qui n’ont que le souvenir des égards portés tout sourire vers les étoiles dès lors dénuées de leurs correspondances sur les rêves.

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Métro


Entre les taches d’huile des cartes de Paris, ne sont bruyants que les bavardages des affiches tandis que les bruits esquivent dans leur fuite les regards qui glissent de la chute des parois froides à la nuit endormie des quais qui se font face comme chacun ce matin devant son miroir. Ici, l’espace et le temps vivent comme en mensonge d’adultère.

Du vacarme apparait un ver de fer qui absorbe le silence de chacun en reprenant son souffle avant de crier la vitesse contre la distance comme l’impatience sur la voix de la raison. Nul n’est pressé que d’arriver au soir pour se libérer du jour et s’enfermer dans sa nuit.

Les escaliers se précipitent vers la sortie. La lumière mouillée s’est invitée en déception à l’espoir de clarté sur l’ignorance du monde qui errait solitaire dans le dédale. D’autres bruits, d’autres bavardages imprimés, ne subsiste toujours que le même silence.

Sur le thème des transports, découvrez le blog de mon amie Mathilde Caillard

https://mathildecaillard.wordpress.com/2019/01/28/dans-le-sens-de-la-marche/

Secret de métro


Tandis que d’autres braillent
Comme pour se persuader
D’être alors bien vivants,

Du lacis de néons
Dans le wagon patient,
Toute vêtue de peine,

Son regard perdu plonge
Dans l’horizon fuyant
De sa mélancolie.

Sa larme funambule
N’ose pas scintiller
A l’espoir inconnu.

Là, un souvenir passe
Et elle lui offre alors
Un trop furtif sourire

Avant qu’elle ne reprenne,
Nue de tout artifice,
Son masque gris de deuil.

Par la correspondance,
Son secret est happé
En bien d’autres dédales.

Son absence est alors
Tel si fine dentelle :
Un fantasme discret.

Et de ces instants riches,
Impossible caresse,
Apparait le poème.

Métro nomme


Vent d’hommes vénal du matin
En fantômes du jour
Fend l’homme vandale de rien.

Souffles cadencés des pas
En silence de talons
Ecrasent leur regard sur rien.

Figement mou de vent
En fend mort
Feignant la dalle.

A l’homme des carreaux blancs,
Hommes du chemin,
Tu ne mets trop de lunes !

Par l’égard de mon regard
A l’homme de nulle part
Avant que tu ne le tues

Je nous tue
Tunnel où tu
Noues le vent avec rien.